Il s’agit ainsi, pour la ville de Paris, de racheter ou de préempter les logements vacants, puis de les réhabiliter en logements verts disposant d’une bonne étiquette énergétique. Il importe que ces logements vacants deviennent des logements sociaux, puisque la ville de Paris vise 40 % de logements publics en 2035, dont 30 % de logements sociaux dans le cadre de son nouveau plan local d’urbanisme « bioclimatique ».
Les trois non-dits
Premièrement, la solution retenue requiert de fortes dépenses publiques. BV a identifié, dans un article récent, une opération de transformation de logements anciens en logement sociaux pour un coût de 2 millions d’euros par logement. Rappelons, à ce stade, que la dette de la ville de Paris s’est envolée en passant de 1,4 milliard d’euros, en 2000, à 10,6 milliards, en 2024, dont 7 milliards sous les deux mandats d’Anne Hidalgo. Il faut donc ardemment continuer à creuser la dette municipale, d’autant plus que Baudrier réclame une augmentation massive des aides publiques à la réhabilitation. Pour faire bon poids, il exige également un fort durcissement de la fiscalité contre les propriétaires de logements inoccupés. Notons, enfin, que ces lourdes dépenses en faveur des logements sociaux verts pèsent sur les autres budgets municipaux. Par exemple, la propreté de Paris qui serait, selon le Guardian, la capitale européenne la plus sale, d’ailleurs assortie d’une voirie usée et vieillie.
Deuxièmement, cette orientation pèse sur la structure du peuplement de la capitale. La contribution de juin 2024 indiquait, sur la base de données publiques INSEE, que près d’un logement social sur deux était occupé par une personne immigrée ou descendante d’immigrés de première génération.
Troisièmement, n’oublions jamais les objectifs électoraux d’une telle politique : il s’agit là de modifier le corps électoral et, ainsi, rendre difficile et si possible impossible le renversement de la majorité municipale de gauche en place. Il ne faut pas, non plus, hésiter à installer le plus de nouveaux logements dans les arrondissements de l’ouest de la ville qui votent mal, sans aucune considération pour l’avis des administrés de ces territoires.
Une politique alternative pourrait, pourtant, consister à favoriser le maintien, voire le retour, des classes moyennes à Paris par l’accession à la propriété, par exemple en limitant les possibilités d’achat des non-résidents, comme cela existe dans de nombreux pays, tout en arrêtant d’assécher le marché privé par l’augmentation permanente du parc de logements sociaux. La majorité actuelle fait tout le contraire.
Georges Le Breton
Laisser un commentaire