Un signal positif, donc, « pour la filière aéronautique et pour l’industrie en général », qui se veut aussi un encouragement à ses confrères industriels autant qu’aux politiques, car « la France possède des compétences rares qu’il faut absolument maintenir et développer sur le territoire national ». Pour Éric Trappier, c’est « une question de souveraineté, particulièrement cruciale dans la période actuelle », mais aussi « économique et sociale, avec l’enjeu de réindustrialiser notre pays et de créer des emplois ». Un pied de nez, aussi, à tous ceux qui, depuis des années, bradent notre industrie de pointe par appartements, quand ce n’ést pas par immeubles entiers.
© Dassault Aviation – C. Cosmao
© Dassault Aviation – C. Cosmao
Sur 39.700 m2, plus de 600 personnes vont permettre à Dassault Aviation d’assurer la fabrication d’avions d’affaires Falcon, mais surtout d’augmenter la capacité de production du Rafale, dont le succès commercial, après des débuts difficiles dans les années 80, est désormais impressionnant.
Un défi à Berlin
Confiant en la nouvelle dynamique qui porte aujourd’hui l’entreprise, mais aussi plus largement le marché de la commande militaire, Dassault Aviation ne semble pas vouloir faire profil bas, devant les ambitions affichées dans ce domaine par une industrie allemande restée quasi dormante depuis 1945. Ainsi l’entreprise française compte-t-elle bien conserver sa prééminence au sein du projet Airbus de futur avion de combat européen (SCAF), qui devrait remplacer le Rafale et l’Eurofighter Typhoon d’ici 2040. En visite à Madrid à la mi-septembre, le chancelier allemand Friedrich Merz dévoilait publiquement son animosité envers son voisin français. « Nous n’avançons pas dans ce projet », disait-il, ajoutant « essayer d’arriver à une solution d’ici fin 2025 ». Allemands et Espagnols ont même laissé entendre qu’ils envisagent, sinon, de trouver un autre partenaire qui pourrait être la Suède ou de poursuivre le projet en duo. « Il y aura un avion de combat, avec ou sans la France », avertissait Friedrich Merz.
« On sait faire de A jusqu’à Z. On l’a démontré depuis plus de 70 ans », a rappelé Éric Trappier aux Allemands ainsi qu’aux Espagnols, partenaires du projet, lors de l’inauguration du site de Cergy. Peu impressionné par la manœuvre hispano-germanique, le patron de Dassault Aviation a laissé ouverte la porte des négociations : « On est tout à fait ouverts à la coopération, y compris avec les Allemands. » Mais il a ajouté, non sans humour : « Je veux bien que les Allemands grondent. Ici, on sait faire. S’ils veulent faire tout seuls, qu’ils fassent tout seuls. ». Le remplaçant du Rafale pourrait donc bien être 100 % français. Réponse d’ici la fin de l’année.
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