Une association dans les petits papiers du pouvoir
Car derrière l’image d’une asso de rue que Banlieues Climat voudrait se donner, ses actions ne se limitent pas à de petits ateliers de quartier. Son jeune co-dirigeant de 22 ans a ses entrées dans les hautes sphères de l’État. L’association a été reçue à Matignon en janvier 2023, lors des Rencontres jeunesse, et collabore avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Ce dernier a validé les formations qu’elle dispense aux jeunes de quartiers. L’Éducation nationale, elle aussi, a ouvert ses classes aux militants de Féris Barkat qui sensibilisent, dès leur plus jeune âge, les écoliers à « l’écologie sociale ».
Le CNRS et l’Agence publique de la transition écologique (ADEME) figurent à leur tour parmi les partenaires de Banlieues Climat. Les mairies se montrent aussi généreuses, puisque la mairie de Paris a attribué une subvention de 4.000 euros en 2024 et prévoit de reconduire l’aide. La ville de Strasbourg a, quant à elle, signé un chèque de 105.000 euros pour trois ans afin que l’association dispense une « formation à cent jeunes des quartiers populaires » et forme aussi de nouveaux formateurs. Laval, Saint-Ouen et d’autres villes ont également passé contrat.
L’écologie aux couleurs de la lutte sociale
Reconnue d’utilité publique depuis 2023, l’association a donc su montrer patte blanche auprès des institutions : il s’agit de « créer une écologie émancipatrice portée par et pour les habitant.e.s des quartiers populaires ».
Par là, il faut entendre les « chibanis », anciens travailleurs immigrés maghrébins, que Banlieues Climat présente comme les « premières cibles du changement climatique ». Considérant les populations des quartiers populaires comme issues des « anciennes générations immigrées » qui auraient été « dépossédées du savoir académique et scientifique », la convergence des luttes était presque inévitable.
Car pour l’association, l’écologie ne peut se dissocier du combat contre le racisme, contre « l’extrême droite » ou encore en faveur de Gaza. L’activisme de Féris Barkat illustre cette orientation : à la veille des législatives de 2024, il projetait sur la façade de l’Assemblée nationale une fresque illégale proclamant « Chez nous », pour rappeler, selon lui, que la France appartenait aussi aux descendants de l’immigration qui l’auraient « reconstruite ».
De l’écologie à la légitimation de la violence
Invité régulier des médias du service public, Barkat tenait déjà en 2024, sur le plateau de C ce soir, un discours similaire à celui qu’il employait, ce samedi, sur BFM TV à propos de cette violence « comme seul moyen d’expression » : « Est-ce que vous êtes prêts à entendre dans cette violence une forme de revendication sociale ou bien à la décrédibiliser ? », interrogeait-il. Après ce qu’ils ont entendu, les Français, eux, risquent d’être prêts à ne plus payer, car comme l’a exprimé auprès de BV la sénatrice LR Valérie Boyer, qui interpellera le gouvernement sur les financements de l’association : « On cherche les économies, et on va finir par savoir où les faire. »
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