L’amour, le grand absent du Code civil : heureusement…
Et donc, pour Marine Tondelier, cette proposition de loi est non seulement « raciste » – on ne voit pas ce que le racisme vient faire là-dedans, mais bon, passons – mais, en plus, maintenant – et là, c’est le pire qu’on pouvait imaginer ! –, on s’en prend à l’amour ! Argument massue qui transforme quasiment ceux qui ont déposé cette PPL en monstres, en nazis. On ne touche pas à l’amour, vous comprenez. L’amour : vaste sujet ! Mais au fait, elle dit quoi, d’ailleurs, la loi, au sujet de l’amour ? Rien. Pas un mot. Parce que l’amour – sans doute comme la bêtise – n’est pas mesurable, n’est pas quantifiable. Marine Tondelier, qui est pourtant conseillère municipale, doit pourtant savoir ce que dit la loi, en l’occurrence le Code civil, sur le mariage. Pas une seule fois le mot « amour » n’est écrit. Et c’est heureux. Lorsque le maire (ou l’un de ses adjoints) marie deux personnes, il est dans l’obligation de lire cinq articles du Code civil aux futurs époux avant de leur demander s’ils s’acceptent pour époux et qu’il les déclare mariés au nom de la loi. Des articles qui précisent les devoirs de l’un envers l’autre : respect, fidélité, secours, assistance, direction morale et matérielle de la famille, éducation des enfants, contributions des époux aux charges du mariage, communauté de vie, autorité parentale avec pour finalité l’intérêt de l’enfant. Toutes choses, notamment en cas de conflit entre les époux, qui sont objectivement mesurables.
La grande prudence du législateur
Dans leur grande prudence et intelligence, tous les législateurs et légistes, depuis Portalis (principal rédacteur du Code civil, fondé sous Napoléon Bonaparte) jusqu’à Taubira qui ouvrit le mariage aux couples homosexuels, se sont bien gardés d’introduire le concept d’amour dans la loi. La loi, n’en déplaise à la dame catéchiste en vert, se contrefiche que les époux s’aiment ou ne s’aiment pas. Il ne manquerait plus que ça, d’ailleurs : l’État est déjà suffisamment intrusif dans nos vies privées pour qu’on ne lui donne pas l’idée de créer un nouveau corps de fonctionnaires, du genre « contrôleurs de l’amour matrimonial et des sentiments ». Cela dit, la « copine à Tondelier », dame Sandrine Rousseau, voulait bien créer un délit de non-partage des tâches domestiques.
Plus sérieusement, Marine Tondelier oublie – ou ignore, c’est possible aussi – que le mariage civil est un contrat passé entre deux personnes devant la société. Cette société, partie prenante de ce mariage, attend que cette union contribue à sa propre stabilité et perpétuation. Aussi, il n’y aurait rien de choquant, bien au contraire, que le Code civil soit modifié, comme le proposent ces députés, en précisant que « le mariage ne peut être célébré si l’une des personnes est soumise à une obligation de quitter le territoire français ». Pour finir sur un truisme : au nom de l’amour, depuis que l’homme est homme, des choses magnifiques ont été accomplies en ce bas monde… Des horreurs, aussi ! Alors, par pitié, fichons la paix à l’amour ! Tiens, une idée de lecture, ou relecture, du regretté Jean Dutourd : Les Horreurs de l’amour…
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