Il y a bien un lien insécurité-immigration : c’est Édouard Philippe qui le dit !
Le contexte n’y est certainement pas étranger : en plein duel Retailleau-Wauquiez et à Marseille, le candidat macroniste a choisi de parler insécurité et immigration, et de… faire le lien ! Cet ex-tabou de la bien-pensance renversé depuis des années par le Rassemblement national, Édouard Philippe, lui, l’ex-LR qui trouvait sa famille trop à droite, a voulu le transgresser à son tour. « Les Français enragent, a-t-il déclaré, que l’on se refuse à nommer les choses : une partie de la violence qui s’exprime dans notre société est liée à l’immigration. » Et l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron de citer des chiffres (de 2023, mais il aurait très bien pu citer les très mauvais chiffres de 2017-2020, quand il était en charge de tout cela…) sur la part de la délinquance étrangère en France, bien supérieure à ce que représente cette population par rapport à la population totale. Le secret de Polichinelle, naguère tabou qui pouvait vous valoir des excommunications à vie, aujourd’hui lieu commun des discours électoraux, jusqu’aux centristes. Mais la suite de son discours mérite aussi d’être gravée sur les tablettes des futurs concurrents d’Édouard Philippe : « Un étranger, a-t-il ajouté, doit être irréprochable envers les Françaises et les Français, irréprochable envers la France. Sinon, il doit être reconduit dans son pays et je ne vois pas au nom de quoi il devrait en aller autrement. »
« Ensauvagement », « double peine »…
Mais Édouard Philippe ne s’en est pas tenu à cette sortie. Il a bien consciencieusement voulu s’approprier tous les marqueurs d’une politique de droite. Le terme « ensauvagement ». Mais bon, Darmanin et Macron l’avaient déjà fait. Sans passer aux actes. Édouard Philippe égrène les mesures qu’il prendrait : retour de la double peine, suppression du juge d’application des peines. Un copier-coller fidèle de propositions de la droite nationale ! Pas de quoi s’effrayer pour autant de ce plagiat insincère. Sur X, Damien Rieu relevait l’intérêt de cette droitisation du discours d’Édouard Philippe : « Le prononcé de notre diagnostic dans la bouche d’un ex-Premier ministre centriste est dans tous les cas une victoire idéologique qui nous sert. Ça déplace la fenêtre. »
Scepticisme et ironie de la droite nationale
Cette posture droitière de l’ex-LR devenu macroniste a suscité l’ironie des partisans de la droite nationale. Sur X, Jean-Yves Le Gallou, qui participait ces jours-ci à une réunion européenne sur la remigration, a ironisé sur le nouveau concept d’Édouard Philippe : le renvoi des étrangers qui ne sont pas « irréprochables » : « Ça fait du monde… Édouard Philippe : un prochain invité au Remigration Summit de 2026 ? »
Du côté du RN, même rappel du bilan-boulet d’Édouard Philippe, Premier ministre d’Emmanuel Macron.
Sur l’immigration et la gestion des OQTF, l’eurodéputée RN Mathilde Androuet a rappelé les chiffres du prestidigitateur qui découvre soudainement l’enfer de la submersion migratoire pour lancer sa campagne électorale.
Quant à Hélène Laporte, députée RN de la 2e circonscription du Lot-et-Garonne, elle a élargi le rappel à l’ensemble du bilan philippiste.
En guise de punchline de conclusion, celle d’Alexandre Avril, le philosophe vice-président de l’UDR, le parti d’Éric Ciotti, qui résume bien la pensée dominante des électeurs de droite : « Édouard Philippe est une fraude. […] Qui est dupe ? »

Laisser un commentaire