Vaincre ou mourir : Entretien choc avec Reynald Secher, historien, écrivain et scénariste français, Docteur d’État ès lettres 1/2

Vaincre ou mourir : Entretien choc avec Reynald Secher, historien, écrivain et scénariste français, Docteur d’État ès lettres 1/2

Reynald Secher, le grand public vous redécouvre à l’occasion du film remarquable Vaincre ou mourir, réalisé par le Puy du Fou Films. Pouvez-vous vous présenter brièvement pour les lecteurs du Salon Beige à qui vous faites l’honneur de cet entretien exclusif.

Originaire de Bretagne par mon père et de Vendée par ma mère, père de quatre enfants, je me destinais à devenir chef d’entreprise aux États-Unis. La providence en a décidé autrement. Étudiant en histoire, j’ai fait la rencontre d’un grand professeur d’université, Jean Meyer, qui allait bouleverser ma vie. C’est lui qui m’a proposé de travailler sur l’histoire de la Vendée pendant la période de 1793-1794. Les choses se sont passées en trois temps. Dans le cadre de mon diplôme d’études approfondies (DEA), je devais vérifier si le discours universitaire officiel affirmant qu’il était impossible de travailler à l’université sur ce sujet faute de documents s’avérait être véridique. La méthode retenue par Jean Meyer qui consistait à reconstituer l’histoire d’un village, en l’occurrence celle de La chapelle Basse-Mer, s’étant révélée fructueuse, je suis passé à la rédaction d’une thèse de troisième cycle sur ce village. Entre autres, au-delà de la documentation trouvée, je me suis rendu compte que la mémoire populaire par rapport à ces événements était encore vivante et d’une richesse incroyable. Ayant créé des méthodes spécifiques pour traiter ce genre de sujet, je les ai extrapolées à l’ensemble de la Vendée militaire dans le cadre d’une thèse d’État publiée en 1986 aux presses universitaires de France (PUF) sous le titre : Le génocide franco-français, la Vendée-Vengé.

Ayant dû démissionner de l’enseignement à la suite de la publication de ces deux thèses, je suis devenu directeur de communication du conseil régional du Poitou-Charentes. À la fin de mon contrat, j’ai fondé une maison d’éditions éponyme tout en devenant conservateur du musée des guerres de l’ouest à Plouharnel, dans le Morbihan. Parallèlement, j’ai continué à écrire des articles, des livres, des scénarios pour des documentaires et des bandes dessinées. Je me suis également beaucoup investi dans la restauration du patrimoine local, régional et international à la tête de « l’association Mémoire du futur de l’Europe », ainsi que dans la transmission de la mémoire de la Vendée et de la Chouannerie à la tête de « l’association des descendants des Chouans et des Vendéens ».

Les médias mainstream ont lancé une campagne de dénigrement et d’insultes  contre le film, les Villiers et vous-même. Comment expliquez-vous ce déferlement de haine qui se traduit par autant d’anathèmes et d’insultes les plus choquantes et les plus grotesques ?

Depuis que le gouvernement de Front Populaire a poussé à la nomination, en 1937, de Georges Lefebvre à la chaire d’Histoire de la Révolution française de la Sorbonne qui fixe la doxa universitaire en la matière, tous les titulaires de ce poste sont issus de la Société des Etudes Robespierristes (SER) fondée par Mathiez en 1908 (il participera encore à la fondation du Parti Communiste Français en 1920). Lefebvre sera lui-même un « compagnon de route » du PCF, et après lui plusieurs titulaires de cette chaire y seront encartés jusqu’à leur mort tels A. Soboul et M. Vovelle. L’actuel titulaire de cette chaire, P. Serna, élève des deux précédents, chroniqueur régulier dans « L’Humanité » appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon. C’est assez dire que la Révolution française comme « vieille déesse-mère » (F. Furet) ou mythe fondateur pour la gauche radicale et révolutionnaire qui voit dans la violence cette nécessaire « accoucheuse de l’Histoire » que célébrait Marx, n’est pas prête à accepter qu’on porte atteinte à l’Immaculé Robespierre, auteur avec quelques autres dont Carnot et Turreau du génocide vendéen. Ce petit, mais puissant cénacle qu’est la SER, profondément enkysté dans cette Bastille universitaire, qu’est la Sorbonne, essaie de faire croire que dénoncer les violences et les crimes de 1793-1794, c’est attaquer la République, comme si la république démocratique et pluraliste qui est la nôtre s’identifiait à ce régime de Terreur, de crime et de sang, justement qualifié de «matrice des totalitarismes » par F. Furet et qui fut celui de l’an II. On est là dans une forme d’escroquerie intellectuelle.

Je ne reviendrai pas sur les agissements de ce qu’il faudrait sans doute appeler la « secte robespierriste » et que j’ai détaillés il y a bien des années dans une brochure où je traitais de La désinformation autour de la guerre de Vendée et du génocide. Je ne puis que constater, pour m’en désoler, le fait que sa puissance aujourd’hui va jusqu’à lui permettre d’insérer ses tentacules jusque dans l’Université catholique. C’est ainsi qu’une élève de MM. JC Martin et P. Serna (tous deux membres de la SER) enseigne aujourd’hui à la Catho d’Angers et diffuse des ouvrages contestables tant sur la méthode que sur le fond. Que Mme Rolland-Boulestreau présente sous le titre « Les colonnes infernales » (Fayard 2015) une synthèse fondée uniquement sur le point de vue des militaires républicains (que dirait-on d’un ouvrage qui se présenterait comme une histoire d’Auschwitz racontée du seul point de vue des SS ?) ou, pis encore un ouvrage, qui sous le titre « Guerre et Paix en Vendée 1794-1796 » (Fayard 2019) également uniquement à partir des sources républicaines (comme si la négociation d’un traité de paix pouvait valablement être analysé à partir du point de vue d’une seule des deux parties, comme si la guerre de Vendée avait pris fin en 1796), n’est pas bien sérieux. Qui plus est, cette personne ose prétendre que je n’aurais pas mis les pieds aux archives du ministère de la guerre, ce qui est un mensonge éhonté qui ne l’honore guère. Nous en sommes là, hélas. On parle beaucoup de l’ « Université woke », mais il y a beau temps que cette part de l’Université qui traite de la période révolutionnaire est sous la coupe d’une vision politiquement orientée et publie moins de travaux d’histoire que de propagande politique de la gauche radicale. Il faut le savoir.

À l’heure actuelle, l’action de cette gauche sectaire contre le film Vaincre ou mourir a la même finalité : entraver sa diffusion, tout comme elle a entravé la diffusion de mes ouvrages et de mon travail.

Certains élus, dont parmi eux des députés, appellent ouvertement à vous faire taire. Au-delà de cette incitation manifeste à la haine, qui mériterait un traitement judiciaire approprié, ces héritiers de régimes mortifères, qui ont fait des dizaines de millions de morts, continuent à donner des leçons au monde. Comment peut-on expliquer cette situation ?

La bêtise, l’aveuglement idéologique, l’intérêt financier et social sont leurs moteurs. Pour conserver leurs rentes, leur statut social, ils vendraient père et mère. Qu’importent les faits, qu’importe la Vérité, ils sont vils et veulent coûte que coûte continuer à jouir de leur rente de situation, laquelle est tellement confortable qu’elle se prolonge depuis plus de 200 ans.

Cependant, les faits sont têtus et l’inimaginable, l’indicible commencent à s’imposer. Par conséquent, ces prophètes n’ont pas d’autres solutions que de se comporter comme ils le font et de refuser absolument toute remise en cause.

A suivre

https://www.lesalonbeige.fr/vaincre-ou-mourir-entretien-choc-avec-reynald-secher-historien-ecrivain-et-scenariste-francais-docteur-detat-es-lettres-1-2/

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