Congrès PS : homérique bagarre interne pour la possession du cadavre !

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Bernard Germain

Jusqu’en 2017, le PS était un poids lourd de la politique en France. Il avait le Président de la République, le gouvernement, une majorité à l’Assemblée nationale, de multiples responsables de régions, de départements et de communes.

En 2022, seulement 5 ans plus tard, la candidate du PS à l’élection présidentielle, Hidalgo la dingo, réalise le score faramineux de 1,75 % pulvérisant l’ancien record détenu par feu Gaston Deferre (SFIO) en 1969 avec 5 %.

Autant dire que le PS est mort. Il ne survit que grâce aux quelques parlementaires que lui a concédés la NUPES, ainsi que des élus au plan régional, départemental et local.

C’est un effondrement total et brutal, comme un château de cartes. Le PS a même été obligé d’abandonner son siège historique de la Rue de Solférino à Paris.

C’est dans ce contexte crépusculaire qu’à lieu un événement qui tient le monde entier en haleine : le 80ème congrès du PS.

Au PS les élections se déroulent au niveau local et les résultats sont ensuite remontés au niveau de chaque fédération (département) puis au national et centralisés sur un seul ordinateur se trouvant au siège national.

Le PS déclare 26 000 membres. Connaître les résultats définitifs devrait donc être une formalité expédiée en quelques heures.

Mais au PS, cela ne se passe pas comme cela.

Des bourrages d’urnes ont lieu à grande échelle et chaque camp les pratique dans ses fiefs.

Au premier tour de scrutin, il y a une semaine, il y avait trois listes. La liste Geoffroy est passée par la fenêtre.

Dans des conditions « douteuses ».

Le mandataire national de dame Geoffroy, Patrick Mennucci a déclaré à ce sujet :

« Jeudi dernier les membres de la direction et les représentants d’Olivier Faure sont restés enfermés durant 5 heures, de 22h à 3h le vendredi, sans que les représentants des autres textes n’aient accès en open data aux résultats en temps réel et aux PV fédéraux »

Patrick Mennucci pour Hélène Geoffroy et les représentants de Nicolas Mayer-Rossignol, David Assouline et Jean-Marc Germain, se sont retrouvés « bloqués au troisième étage » du siège d’Ivry-sur-Seine, pendant que la direction recevait les résultats au premier. « Je n’ai jamais vu ça ! », a pesté Patrick Mennucci.

Et pourtant il en a vu le Patrick, formé à Marseille – l’ancien fief de Gaston Deferre – et ayant à juste titre une réputation de très grand spécialiste de ce genre d’opérations.

Comme par exemple le fameux congrès de Reims en 2008 où l’on vit Ségolène Royal à 22H00 disposer d’une très large avance. Mais au bout de la nuit… c’est son opposante Martine Aubry qui fut élue avec… 102 voix d’avance seulement. Les élections au PS c’est magique.

Oui, c’est indéniable, les dépouillements d’élections sont toujours un grand moment au PS.

Pour ce 80e congrès du PS, restaient donc pour le second tour du 19 janvier la liste d’Olivier Faure – 1er Secrétaire sortant – qui est pro-NUPES, et en face de lui Nicolas Mayer-Rossignol qu’on peut qualifier de « hollandais », c’est-à-dire très réticent à passer sous les fourches caudines de LFI et souhaitant maintenir une autonomie au PS. Il est soutenu par la perdante du 1er tour, Geoffroy.

Dans la nuit du 19 au 20 janvier, Nicolas Mayer-Rossignol s’est auto-proclamé vainqueur, suivi quelques minutes plus tard par Olivier Faure prétendant que c’était lui le vainqueur

Au matin un communiqué du PS indique que c’est Olivier Faure le vainqueur avec… 393 voix d’avance.

Mais pour connaître le résultat officiel il faudra attendre la « commission de récolement » qui se réunit ce jour, 20 janvier, à Paris.

Quant à la proclamation officielle du résultat, elle aura lieu lors du congrès du PS qui se déroulera du 27 au 31 janvier à Marseille.

L’ambiance s’y annonce excellente …

Reste que l’affaire de cette élection est loin d’être réglée vu les irrégularités constatées.

Les couteaux sont sortis et chacun tient un flingue en main sous la table.

Quel que soit le résultat final, au PS, les deux camps sont sur des positions irréconciliables et les rancœurs recuites ne sont pas près de s’effacer.

On pourrait peut-être même assister à Marseille à une scission, comme au NPA.

Un camp rejoindrait la NUPES avec armes et bagages, tandis que l’autre essayerait de maintenir un semblant d’existence d’un PS indépendant.

La seule leçon qui puisse être tirée de tout cela c’est que la gauche « classique », telle que nous l’avons connue pendant des décennies, c’est bel et bien terminé.

Seule subsiste l’extrême-gauche regroupée dans la NUPES avec au cœur la LFI de Mélenchon.

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