Mauvais pronostics

230114

Léon Daudet devrait être regardé, sans doute d’abord, comme l’un des plus grands pamphlétaires français du XXe siècle. Mais au-delà, on doit regretter qu’il fût mort trop tôt, en juillet 1942, à la veille d’une situation véritable de guerre civile qu’il eût peut-être même contribué à empêcher. En pèlerin, on peut encore se recueillir sur sa tombe au cimetière nostalgique de Saint-Rémy-de-Provence, à l’ombre des cyprès et des Alpilles.

Retenons donc ici l’un des plus importants conseils qu’il donnait aux jeunes journalistes consistait à leur enseigner : « Ne faites jamais de pronostic ».

J’écoutai donc, en cette matinée du 14 janvier, un de ses lointains continuateurs, qui ne doit pas se sentir trop éloigné d’une telle filiation, Guillaume Bigot, très recommandable chroniqueur sur Europe N°1 le samedi. Il y  consacrait un long et fort riche développement à l’état politique et psychologique de l’opinion française face à la nième réforme étatiste de l’assurance vieillesse monopolistique.

De façon prévisible, c’est-à-dire avec la réserve énoncée plus haut, on nous annonce à partir du 19 janvier un affrontement voué surtout, une fois de plus, à affaiblir le pays. Celui-ci subira les assauts antagonistes de deux négations, de deux tropismes que l’on ne peut que déplorer :

  • D’une part, la résignation, la lassitude devant la gréviculture et l’incivisme, se présentent comme les meilleurs atouts de la si peu convaincante Élisabeth Borne et de son incertain patron Emmanuel Macron.
  • D’autre part, les mobilisations protestataires, auxquelles viennent de se joindre les bureaucraties syndicales enseignantes font, quant à elles, le pari du dégoût pour le travail. Leur rengaine consiste à dire : nous voulons bien toucher des pensions 20 ans de plus, mais non pas travailler 2 années supplémentaires…

“Le Point” du 13 janvier nous l’assure : le gouvernement mise, en fait, sur la résignation. Publiée un vendredi 13, une telle assurance est-elle de nature à nous rassurer ? Entre paresse et soumission, je laisse le lecteur arbitrer les conséquences de ce pari déprimant et stupide.

Personnellement je me refuse à adhérer à l’une des deux faces de la neurasthénie nationale et de la tiers-mondisation rampante.

Je suggère même résolument que nous que nous les combattions à égalité, « Macronie » comme « Nupes » procédant d’ailleurs d’un même socialisme.

Il existe en effet d’autres chemins ; et il faudra bien qu’un jour ou l’autre nous en sortions, par la mise en œuvre d’une plus grande liberté, d’une plus forte responsabilité, d’une vision plus saine de  la concurrence, du travail bien fait et de l’épargne.

Les voies de la solidarité ne devraient jamais être confondues avec celles de la servitude et de la bureaucratie qui l’accompagne.

On a cherché, par exemple, à partir de 2020, à nous dresser à applaudir aux performances des soignants, cependant que l’étatisme, dans le même temps, s’est employé à les bousiller comme il détruit tout ce qu’il touche. Philippe Besset président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France peut ainsi légitimement chercher, au contraire, à alerter contre l’invisibilité, dans les circuits technocratisés, tel que Parcours-sup, des professions de santé autre que celles qui conduisent à l’hôpital public.

On pourrait multiplier ce genre d’exemples. Le pays en crève. Ne le laissons pas mourir.

JG Malliarakis

https://www.insolent.fr/2023/01/dejouer-leurs-pronostics.html

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