Urgence et urgences

230105

Notre cher gouvernement est dirigé, au moins nominalement, par Mme Borne. Son équipe patauge ces temps-ci autour de la question des retouches nécessaires à l’équilibre comptable de l’assurance vieillesse. Promises dès 2016 par Macron, à l’occasion de sa première campagne présidentielle, les premières mesures attendent encore, 7 ans plus tard, 7 mois après la réélection de ce personnage de plus en plus démonétisé.

On doit en effet constater, dans cet exercice digne d’un concours hippique, que les obstacles n’ont pas varié. Et le cavalier Macron n’a jusqu’ici guère brillé. Il imagine certes toujours mériter la confiance, de plus en plus réticente, de la finance internationale et de la technocratie européenne. Mais il se trouve flanqué, de la part de sa collaboratrice à la tête de son gouvernement d’une objection permanente : celle-ci maintient mordicus sa prétention de s’appuyer sur les bureaucraties syndicales.

La quadrature de ce cercle demeure donc invariablement impossible.

Or, la sécurité sociale, plaie béante de nos finances publiques, souffre autant du fait de sa branche maladie et des allocations familiales que de la partie retraites.

Les effectifs de la médecine de ville, diminuent depuis 10 ans en France, chaque année, au rythme de 1 %. Le nombre des praticiens exerçant en cabinet est passé de 64 142 en 2012 à 57 033 au 1er janvier 2022, soit une chute de 11 %. Leur cri d’alarme a été lancé sous forme d’une grève inhabituelle, mais reconduite, (cf. notre chronique du 2 janvier « Pénurie sanitaire »)

En réalité cette question ne peut pas et ne doit pas être dissociée de la question hospitalière : le système de soins repose en effet, à l’évidence, sur ces deux piliers. Et si les cabinets médicaux restent fondés sur un exercice libéral privé, l’administration d’État, en revanche, a pris en main, dans ses mains moites et maladroites, la gestion hospitalière française, sans doute l’une des plus coûteuses du monde. On évalue en effet autour de 30 % les frais bureaucratiques d’un établissement public de soins. Et, depuis le passage de Mme Buzyn puis de son ancien bras droit Olivier Véran, le pouvoir politique a, plus encore que par le passé, mis en avant l’outil de l’hôpital, particulièrement et outrageusement exalté à la faveur de la crise du Covid-19. Et comme il se révélait débordé face à la tâche de soigner les malades, c’est le système hospitalier auquel il fallait porter secours… et on ne l’a pas fait…

Or, à la suite de notre chronique du 2 janvier sur la « Pénurie sanitaire » un commentateur coutumier de ce blogue, qui signe Robert Marchenoir est venu souligner de façon particulièrement pertinente un point relatif à la comparaison de la réalité des systèmes de soins en France et en Grande-Bretagne.

Je crois utile de reprendre l’information qu’il évoque ainsi

« Robert Marchenoir : Petite précision sur le NHS, le système de santé britannique qui réussit à être encore plus communiste que le nôtre.

C’est pire que ce que vous dites, car il y a bien eu augmentation notable du financement public, récemment : + 22 % entre 2019-2020 et 2022-2023, ce qui a permis d’obtenir 8 % d’infirmières en plus, 10 % de médecins spécialistes en plus à l’hôpital, 15 % de médecins débutants en plus.

Et la contrepartie en a été… une diminution notable des prestations fournies : 14 % de consultations hospitalières en moins, 14 % d’admissions aux urgences en moins, 10 % de patients admis en moins en provenance des listes d’attente (qui sont kilométriques).

https://www.telegraph.co.uk/opinion/2022/11/16/why-does-nhs-money-keep-going-drain
https://www.telegraph.co.uk/health-fitness/body/why-nhs-underperforming
https://www.telegraph.co.uk/opinion/2023/01/02/nhs-isnt-going-survive-current-form

Ajoutons à cela l’attente pour être admis aux urgences, dont on vient d’apprendre qu’elle peut atteindre… 4 jours.

Vous avez bien entendu : 4 jours à attendre dans une ambulance, lesquelles font la queue aux portes des hôpitaux, ou bien dans les couloirs.

https://www.telegraph.co.uk/news/2023/01/02/nhs-patients-waiting-four-days-admitted-ae-health-leader-warns

Cela ne tient pas compte de tous les malades et accidentés qui n’ont même pas réussi à obtenir une ambulance. La presse anglaise publie régulièrement des photos de personnes tombées dans la rue, qui restent là, par terre, pendant une journée ou davantage, à attendre l’équivalent de notre Samu. Des passants ou des proches les abritent tant bien que mal sous des parapluies ou des bâches. Il n’y a rien à faire d’autre.

Rappelons l’increvable slogan crypto-communiste franchouille, selon lequel dans les États-Unis « ultra-libéraux », « on crèverait du cancer dans la rue comme un chien, faute de Sécurité sociale ».

C’est le contraire qui est vrai : c’est en Angleterre, paradis de la médecine communiste, que les gens crèvent littéralement par terre, dans la rue, faute de soins.

Voilà qui vient confirmer ce que je dis souvent : plus on donne de « moyens » au « service public », moins il en fait. La solution consiste bien à lui couper les vivres.

Rédigé par : Robert Marchenoir | mercredi 4 jan 2023 à 22 h 08

Voici ma réponse :

Robert Marchenoir. Merci de cette « précision. » Je compile depuis quelque temps les chroniques du Telegraph sur ce sujet. Je pense que si le NHS est encore pire que la Sécu réformée par Juppé c’est tout simplement parce qu’il a quelques années d’avance. Mais, rassurons-nous, depuis 1996, la France rattrape son retard… La « pénurie sanitaire » ne fait que commencer.

JG Malliarakis  

https://www.insolent.fr/2023/01/urgence-et-urgences.html

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