Prélèvements sociaux, charges, impôts…et tiers-mondisation de la France. Mais où va notre argent ? [L’Agora]

Chaque année en France, l’Etat collecte des dizaines de milliards d’euros en prélèvements sociaux, charges, impôts. La République française, qui a inventé depuis le début de la Vème République un nombre délirant de taxes et de prélèvements en tous genres, est l’un des pays qui ponctionne le plus sa population.

A chaque fois que vous faites vos courses, vous donnez de l’argent à l’Etat via la TVA. Chaque journée de travail à laquelle vous contribuez, vous payez une partie de vos revenus à l’Etat. Vous allez mettre de l’essence ? L’Etat encaisse. Une facture d’électricité stratosphérique ? L’Etat se gave (ainsi que de confortables retraités du secteur). Il en va de même pour absolument TOUTES les actions économiques quotidiennes que vous menez.

A la base, ce système fût conçu notamment pour permettre, outre un budget pour le pays – lorsqu’il n’était pas dépendant ni des fonds de l’Union Européenne ni du système bancaire et monétaire qui va avec – une redistribution, une répartition plus juste des richesses, et l’accès pour tous à un système de santé de grande qualité, à l’instruction, à la culture, à la sécurité, à un système routier haut de gamme, etc etc. Louable donc, surtout lorsque nous vivons dans une société homogène, unie, charnelle.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Vous vous présentez aux urgences d’un hôpital…on vous fait presque comprendre que vous êtes un pourri qui engorge un système de santé à l’agonie. Parce que les personnels qui y travaillent  n’en peuvent plus – et s’en prennent souvent aux mauvaises personnes, car les responsables sont très haut perchés. Vous voulez un rendez-vous avec un ophtalmo ? Vous attendrez six mois. Un orthodontiste pour vos enfants ? Amusez-vous… Vous vous faites brûler votre voiture ou votre enfant se fait agresser dans la rue ? Allez dans un commissariat ou dans une gendarmerie constater l’état de déliquescence, y compris matérielle, des corps qui sont chargés d’assurer la sécurité en France. Et constatez aussi les lenteurs des assurances…Vous voulez un passeport ? Accrochez-vous trois, quatre mois, et n’insistez pas auprès de l’administration sourde, vous n’aurez jamais gain de cause. Allez voir dans n’importe quelle Préfecture à quoi sert une partie de vos impôts. Voyez les bureaux qui sont fermés (ou disponibles uniquement en ligne) et ceux qui sont ouverts toute la semaine…

L’Etat demande par ailleurs aux directeurs d’écoles publiques de moins chauffer pour faire des économies d’énergie, sur le dos des gamins qui se les gèlent. Mais aussi éventuellement d’enlever une entrée, ou de se passer de dessert à la cantine. « Solidarité énergétique », « Faire face tous ensemble », « Tous protégés », « Nous sommes en guerre » : des slogans martiaux pour mieux masquer que ceux qui les professent sont ceux qui ont ruiné le pays et qui le ruinent encore.

Car enfin, où va l’argent ? Où vont nos prélèvements sociaux, nos impôts, nos charges ? La question est légitime alors que les classes moyennes, thermomètres d’une nation, sont en train de considérablement s’appauvrir, quotidiennement, et sont asphyxiées. La question est légitime alors qu’un pays qui se prétend être une puissance mondiale laisse ses gamins avoir froid dans les « écoles de la République », ou veut les priver de dessert. Pour faire des économies en carton. La question est légitime lorsque des responsables politiques n’ont aucun autre remède à l’explosion des prix, notamment de l’énergie, que de sortir le chéquier, les aides, les primes publiques aux entrepreneurs et aux salariés qui ne demandent qu’une chose : pouvoir vivre du fruit de leur travail sans l’assistance d’un Etat qui se prend en plus un peu trop souvent pour notre mère.

 A côté de cette tiers-mondisation économique progressive, on continue de lire les comptes des collectivités et de se rendre compte que des millions d’euros sont distribués à des associations qui n’ont aucun compte à rendre et qui – dans une situation de crise – ne devraient pas pouvoir bénéficier de la dépense collective. On continue de constater que l’Aide Médicale d’Etat, allouée pour soigner tous ceux qui rentrent en France sans y avoir été invités, continue de voir son montant global augmenter. On découvre avec effarement que les plus riches deviennent de plus en plus riches, tandis que les classes moyennes plongent et se paupérisent et que les déclassés s’enfoncent dans la misère sociale, ne se maintenant à flot que sous perfusion des autorités qui veulent à tout prix éviter un incendie social qui balaierait tout sur son passage (et qui ferait tomber quelques têtes). On voit des associatifs et des politiques gesticuler pour continuer à accueillir, accueillir, toujours accueillir, nourrir, loger, le monde entier qui se présente à nos portes. On distribue des millions à une presse qui se prétend indépendante mais qui ne pourrait pas vivre sans l’argent public. On constate au quotidien, dans nos collectivités respectives, des dépenses inutiles et coûteuses (ici un changement de logo à appliquer à toute la communication, là la construction d’un ralentisseur dont tout le monde se fout…).

L’Etat se gave sur votre dos, et ne vous rend rien en échange. Et si vous avez le malheur de rouler un peu trop vite, il vous ponctionne encore. Et si  vous protestez vigoureusement, il vous ponctionnera encore. Tel une sangsue. Tel un vampire.

Il serait quand même temps que la population sous perfusion se réveille : encore une fois, le système ne tient que parce que l’Etat « dans sa gentillesse », permet via des aides à chacun de manger (y compris de mauvaise qualité) presque à sa faim, de se chauffer (pas trop) et de se payer un abonnement télévisuel, internet, téléphonique.

Mais est-ce vraiment pour vivre sous perfusion que nous acceptons chaque jour de payer à un Etat qui en plus de nous cracher dessus quotidiennement et de nous mettre sous cloche sanitaire et sécuritaire, se gave constamment sur notre dos, au profit de tous, sauf de vous ? Lorsque le contrat social qui lie les citoyens entre eux, mais aussi avec l’Etat, est rompu, quelle légitimité a-t-il encore ?

Il est temps de clamer haut et fort à ce dernier et à ceux qui le pilotent en fonçant droit dans le mur : Voleurs ! Rendez-nous l’argent !

Julien Dir

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Crédit photo : Capture Youtube (compte https://www.youtube.com/watch?v=LzScs4p_9d8)
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