Prédiction pour 2023 : ça va bien se passer… jusqu’à la catastrophe annoncée

Le 31 décembre dernier, Emmanuel  était, une fois de plus, bien trop modeste. Commentant la rituelle cérémonie des vœux à laquelle il se livrait pour la sixième fois, il précisait qu’elle obligeait « à parler d’un futur qu’en vérité, on ne connaît pas », quand bien même « nous savons avec certitude que nous devrons l’affronter ».

Tout porte à croire, cependant, que le président de la République avait connaissance, dès ce moment-là, de notre avenir. À écouter son allocution, on découvrait, en effet, son étonnante prescience qui lui permettait de deviner les questions que lui auraient posées les Français s’ils avaient eu la chance de pouvoir franchir les grilles du palais présidentiel : « Aura-t-on des coupures d’électricité ? »« Aura-t-on des augmentations du prix de l’énergie ? »« Allons-nous à nouveau subir une vague de Covid, et l’épidémie aura-t-elle une fin ? »« Devra-t-on travailler plus longtemps en 2023 ? », interrogeait notre oracle élyséen, avant d’apporter les réponses tant attendues.

L’électricité : « Nous y arriverons, c’est entre nos mains. » Le prix de l’énergie : « Dès demain, vous aurez des aides adaptées. » Le Covid : « Nous pourrons faire face. » Travailler plus : « Cette année sera en effet celle d’une réforme des retraites. » Les astres avaient parlé.

Bien entendu, le Président en convenait, c’est une « rude époque », mais il l’affirmait : « Ensemble, nous allons réussir. » À la fin de son allocution, ses visions s’étaient d’ailleurs précipitées en cascade : « Dans les prochains mois de 2023, les travaux de reconstruction de  s’avanceront vers leur terme »« Dans les prochains mois, tout notre pays se rassemblera fraternellement à l’occasion de la Coupe du monde de rugby »« Dans les prochains mois, dans nos salles de classe, dans nos hôpitaux, comme chez nos médecins en ville, vous verrez les premiers changements tangibles »

La crise, oui, les épreuves, oui, mais à l’horizon, les lendemains qui chantent. Une France plus forte, plus belle, plus juste. Et dire qu’Emmanuel  prétendait ne pas connaître l’avenir !

Il n’était d’ailleurs pas le seul à faire des prédictions, en cette fin d’année. De sombres augures annonçaient, de leur côté, un avenir un peu moins enchanteur.

Nouriel Roubini, notamment, surnommé « Dr. Doom » (Docteur Catastrophe). Célèbre pour avoir prédit la crise des subprimes dès 2006, il confiait ses sinistres présages à Paris Match, le 28 décembre dernier : « Nous avançons lentement mais sûrement vers la catastrophe. » D’après l’économiste américain, nous cumulons deux handicaps majeurs : « le pire des années 1970 (envolée des coûts des matières premières) et le pire de la crise des subprimes des années 2007-2008 (tout le monde est endetté) ».

Autre prophète de malheur, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Économie 2001, qui dans une tribune au Monde, annonçait, le 30 décembre dernier, que nous étions désormais « à la merci de deux cataclysmes » échappant à notre contrôle : la pandémie du Covid-19, avec ses nouveaux variants, et la guerre en Ukraine. Avec comme conséquences des perturbations des prix de l’énergie et des produits alimentaires qui, combinées à des taux d’intérêt élevés, allaient provoquer de nombreuses faillites d’entreprises, appauvrir les ménages et faire basculer plusieurs dizaines de pays déjà au bord du défaut de paiement.

En France, dans Le Figaro du 1er janvier, Nicolas Baverez broyait aussi du noir : « En 2023, la France sera rattrapée par les chocs énergétique, alimentaire et financier, et connaîtra un sérieux trou d’air. » Avec une croissance qui plafonnera, une production qui chutera, une position concurrentielle qui s’affaiblira, le chômage qui repartira à la hausse et la  qui s’accroîtra. Sans parler du déficit public « proche de 6 % du PIB » et du déficit commercial « qui excédera 160 milliards d’euros ».

Des prédictions bien éloignées des promesses présidentielles. Le monde s’écroule autour de lui, mais Emmanuel Macron, jamais à court d’idées grandioses, se fixe néanmoins comme objectif pour 2023 de « refonder nombre des piliers de notre nation » : l’école, la santé, les transports, l’aménagement du territoire, l’industrie, « et j’en passe », ajoute-t-il, avec son humilité coutumière. C’est promis, il va tout refaire du sol au plafond. Peut-être devrait-il commencer, plus modestement, avec ses amis de la Commission européenne, par arrêter la politique qui, depuis plusieurs mois, nous conduit tranquillement mais sûrement vers l’abîme.

Frédéric Lassez

https://www.bvoltaire.fr/prediction-pour-2023-ca-va-bien-se-passer-jusqua-la-catastrophe-annoncee/

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