[Satire à vue] Parlons comme Obono sans peine

La députée insoumise Danièle Obono s’est exprimée sur Twitter. Son message est fort. Il est question de verticalisme, de pantins, de courtisan.es et d’écervelés dont nous ne quoi mais où est donc ornicar ? Les initiés comprendront.

Outre cette déclaration qui a secoué les milieux littéraires, le néophyte relève une avancée majeure dans l’expression de l’inclusion avec l’abandon de « celles z’et ceux » au profit de « celleux ». Le passage du masculin-féminin dans le robot-mixer de la ménagère de gauche a donné ce raccourci saisissant qui, d’ores et déjà, laisse  loin derrière. Un seul « celles z’et ceux » dans l’allocution du 31 décembre serait une marque de ringardise. Dépassé sur son aile féministe, le chef de l’État apparaîtrait affreusement démodé.

Plus que quelques jours pour parvenir à maîtriser ce langage aux relents d’accent marseillais. Le temps presse. Où faut-il placer les « eux » ? Vive la Franceux ? Brigitteux ? Des pièges guettent le débutant. D’abord, repérer les locutions stratégiques. « Ileux auront leur facture d’électricité multipliée par quatre. » Bien. Mais ne point trop en faire… « Celleux, celleuses, tous et toutesses. » Pas bien. Trop en avance sur son temps.

Informée de ces cours intensifs, Danièle Obono ne désespère pas d’être rejointe par le Président sur le terrain de l’inclusion provençale. « Peuchèreux, il peut y arriver », a déclaré un passant interviewé sur la Canebière. Selon la linguiste insoumise, la pratique de la pétanque permet des progrès fulgurants dans le parler féministe nouvelle manière. « Tu la tireux ou tu la pointeux ? » s’adresse tout aussi bien au joueur qu’à son épouse. Sur le Vieux-Port, le tweet de l’élue a relancé le petit commerce. À la manière de Monsieur Jourdain, les marchandes de poissons ont découvert qu’elles parlaient le Obono sans le savoir. Le kilo de Sardine Rousseau s’arrache désormais à un prix exorbitant.

Mais revenons au fond du tweet. En apnée dans la déclaration de Danièle Obono, des chercheurs tentent de déchiffrer le sens de ce qu’ileux voulu dire. Le mot « chef » non décliné à la sauce inclusive laisse à penser que l’auteur connut un moment de faiblesse. D’autres manquements inadmissibles parsèment le message. Des « écervelés » sans point suivi d’un « e ». Comment Emmanuel Macron peut-il apprendre, dans ces conditions ? Pour le Nouvel An, le service communication de l’Élysée a tranché. Au soir du 31, le Président réunira nouvelle et ancienne formule par un élégant « z’eux et celles ». Et voilà.

Jany Leroy

https://www.bvoltaire.fr/satire-a-vue-parlons-comme-obono-sans-peine/

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