Les cinq boulets de Gérald Darmanin !

Il ferait presque oublier qu’avant lui, il y avait eu  et Gérard Collomb. En deux ans à Beauvau, Gérald Darmanin est devenu une figure incontournable au sein de la Macronie. Avec Bruno Le Maire, il fait partie de ces anciens  qui ont réussi à survivre aux différents gouvernements d’Emmanuel Macron. Avec Bruno Le Maire, il fait partie des putatifs successeurs d’Emmanuel Macron en 2027. En tout cas, il ne fait pas mystère de son ambition et a consolidé sa place à Beauvau. Pourtant, le sémillant ministre de l’Intérieur traîne aussi un certain nombre de boulets qui pourraient le ralentir, voire stopper son ascension.

1- Son bilan sur la sécurité

Il serait trop facile de rendre l’actuel locataire de la Place Beauvau responsable de l’explosion de l’insécurité en France. Néanmoins, et comme le disent Marlène Schiappa et Spiderman« un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » et, devant l’incapacité régalienne à réduire l’insécurité qui sévit, il faut reconnaître au ministre une responsabilité à la mesure du pouvoir qu’il détient. En 2021, le nombre de victimes d’homicides enregistrés est en hausse (+55 victimes par rapport à 2020) et s’élève à 842 victimes. « On constate en 2021 une forte hausse des coups et blessures volontaires (CBV) sur personnes de 15 ans ou plus enregistrés (+12 %, après +1 % en 2020), notamment dans le cadre intrafamilial (+14 %, après +10 % en 2020), mais aussi hors cadre familial (+9 %, après 7 % en 2020). Les violences sexuelles enregistrées augmentent très fortement en 2021 (+33 %, après +3 % en 2020), tant les viols et tentatives de viols (+32 %) que les autres agressions sexuelles (+33 %). » Ce sont les propres chiffres du ministère de l’Intérieur. Pour ce qui est de la  gratuite, on en dénombre une toutes les quarante-quatre secondes en France. Si Gérald Darmanin veut convaincre, ce ne sera pas avec son bilan.

2- La fuite de l’imam Iquioussen

Dans la catégorie des affaires qui ont terni son image se situe celle, à la fois rocambolesque et dramatique, de l’imam Iquioussen. Expulsé, pas expulsé, l’imam aura retourné à lui tout seul la Place Beauvau et placé Gérald Darmanin dans la position vaudevillesque de l’inspecteur des mœurs berné par l’amant. Réfugié en Belgique, le prédicateur marocain a vu la demande d’extradition de Paris refusée par Bruxelles et s’est même payé le luxe de porter plainte contre Darmanin. Ce dernier avait taclé François Hollande dans l’affaire Leonarda, il tient désormais un laurier équivalent.

3- Le Stade de France

Rien n’allait dans cette séquence. Alors que le Stade de France accueillait la finale de la Ligue des champions opposant Liverpool au Real Madrid, des hordes de délinquants venues de Seine-Saint-Denis provoquaient un chaos effroyable en agressant les supporters et en entrant frauduleusement dans le stade. Le scandale enflait et le ministre n’a rien trouvé de mieux que d’accuser les supporters anglais. Ouvrant une crise politique sans précédent récent entre Paris et Londres. Désavoué par les images, le terrain et les enquêtes parlementaires, Gérald Darmanin aura inspiré à la chroniqueuse Juliette Briens cette saillie : em>« Il préfère risquer l’incident diplomatique avec l’Angleterre plutôt qu’avec la Seine-Saint-Denis » (tweet supprimé depuis). Pour la reconquête républicaine, on repassera.

4- L’

Céder aux injonctions d’une association soupçonnée de complicité objective avec les passeurs de  et autoriser le débarquement, en France, de ces mêmes clandestins n’était déjà pas glorieux. Mais faire une communication sur la dureté de l’accueil et des contrôles sur ces personnes constituait un risque politique. De fait, sur les 234 migrants débarqués, 44 mineurs isolés ont été pris en charge mais 26 ont déjà fugué, 66 ont vu leur demande d’asile acceptée. 123 se sont vu refuser l’entrée sur le territoire mais une centaine d’entre eux ont été laissés libres de partir avant une éventuelle décision de justice. Le ministre avait déclaré que plusieurs d’entre eux avaient été expulsés. En réalité, ils n’étaient que deux sur 243…

5- Ses saillies polémiques

« Calmez-vous, Madame, ça va bien se passer. » Cette phrase de Gérald Darmanin avait fait bondir Apolline de Malherbe. Cette petite phrase dénoncée comme condescendante et misogyne avait d’ailleurs donné à Jordan Bardella l’occasion de briller en lâchant « Calmez-vous, Monsieur Darmanin, ça va bien se passer. »

Une allusion qui n’a pas laissé son interlocuteur de marbre. Ce n’est pas la première passe d’arme du ministre avec un cadre du RN, puisqu’il a accusé en plein débat Marine Le Pen de mollesse. C’était en février 2021. Une accusation qui a sans doute contribué à adoucir la personnalité de Marine Le Pen, déjà bien aidée par son concurrent Éric Zemmour. En tout cas, cette dureté sémantique de Gérald Darmanin s’est retrouvée ce 22 novembre dans l’Hémicycle lorsque, répondant à la députée RN Mathilde Paris, le ministre a déclaré que l’ était un pays ennemi… Une saillie qui ne va pas arranger nos relations avec notre historique voisin transalpin.

 

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