Les fugueurs de l’Ocean Viking, ou comment la France se ridiculise un peu plus

Là, on hésite : en pleurer ou en rire. Les deux à la fois, peut-être. 26 des 44 migrants supposés mineurs se sont fait la malle. Pas du fameux village de vacances de la presqu’île de Giens, transformé en « lieu de privation de liberté », selon les mots de , mais d’un hôtel de Toulon où ils étaient hébergés par le Conseil départemental. Vous me direz que ça fait toujours 26 bouches de moins à nourrir. Pour l’instant.

Le Figaro nous rapporte les propos du président  du conseil départemental du Var, en charge des mineurs non accompagnés : « 3 des 44 mineurs avaient déjà fugué dès le lendemain et le surlendemain de leur prise en charge… Ce matin, [jeudi], cela fait 23 mineurs de plus qui manquent à l’appel, pour un total de 26 défections. » On appréciera le terme « défection ». Comme s’il s’agissait de candidats à « Loft Story ». Et d’ajouter : « Nous n’avons aucun pouvoir de les retenir », ce qui devrait rassurer ces grands humanistes que sont les journalistes de . Précision, toujours du président du conseil départemental, ces chenapans sont des « grands adolescents ». C’est quoi, au fait, un grand adolescent, sachant que l’OMS qualifie d’adolescent un jeune de 10 à 19 ans (donc, majeur au-delà de 18 ans, aux yeux de la loi française) ? Bon, là, on chipote.

Le résultat, c’est qu’ils se sont fait la belle. Comme quoi ils ont rapidement récupéré de leur éprouvante croisière. Mais à cet âge, vous savez, deux bonnes nuits, une bonne douche et quelques bons repas chauds, et c’est reparti ! La plupart d’entre eux seraient érythréens. Pour le procureur de la République, ce « phénomène est fréquent pour de multiples raisons : liens familiaux dans un autre pays d’Europe par exemple ». L’Allemagne serait leur lieu de destination. Si c’est un phénomène fréquent, pas de quoi s’inquiéter. Entre nous, ils auraient choisi la Belgique, ils auraient pu rejoindre la bête noire de Darmanin, le célèbre imam Iquioussen, histoire d’échanger leurs expériences diverses sur cette maison de fous à laquelle ressemble désormais la France.

On espère seulement un truc ou deux. D’abord, que ces « grands adolescents », avant de prendre la poudre d’escampette, ont pu se soumettre au fameux interrogatoire de la DGSI, effectué en guise de « gage à l’extrême droite » (toujours selon  !). La valeur n’attendant point le nombre des années, on ne sait jamais… On espère aussi qu’ils ont pris des vêtements chauds (les nuits sont fraîches) et de bonnes chaussures. Peut-être celles qui leur ont été achetées par les services sociaux, si l’on en croit le sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier. Quand tout ceci sera revenu au calme, on sera curieux de connaître le montant global de la facture, pour le contribuable, de cette magnifique opération humanitaire. Elle semblait avoir commencé comme un album de Tintin, avec tout plein de belles images humanistes et de bonnes intentions ; elle est en train de virer à un mauvais Pieds nickelés. On pourrait en rire. Mais il y a de quoi en pleurer. Pour la France.

 

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