150 millions d’euros pour les hopitaux : une rustine de plus

Le gouvernement a promis un plan d’urgence et 150 millions d’euros pour faire face à la crise que traversent les hôpitaux et, en particulier, les services de pédiatrie, suite à une lettre ouverte adressée, le 21 octobre, à  par plus de 4.000  de pédiatrie. Ces soignants dénoncent leurs conditions de travail que le début d’une épidémie de bronchiolite, en ce mois d’octobre, va rendre encore plus difficiles.

Dans leur lettre ouverte, les soignants dénoncent une série de dysfonctionnements allant d’hospitalisations d’enfants dans des lieux non adaptés à des transferts éloignés, des reports d’interventions chirurgicales ou des sorties prématurées d’hospitalisation, comme le révèle 20 Minutes (24/10/2022), pouvant entraîner des retards de soins et la mise en danger des enfants.

 a donc sorti sa boîte à rustines (dont il manie l’usage aussi facilement que celui du 49-3) et propose, par l’intermédiaire de son ministre de la Santé, une dotation de 150 millions d’euros pour parer au plus pressé et tenter de calmer la grogne des hospitaliers.

« C’est une enveloppe ridicule par rapport à l’ampleur du problème », déclare le Dr Isabelle Desguerre, chef du service de neuropédiatrie à l’hôpital Necker, le 24/10/2022, au micro de France Inter.
De plus, cette subvention sera répartie entre différentes spécialités et ne sera pas uniquement attribuée à la pédiatrie, car les problèmes ne se limitent pas seulement à ceux qui sont rencontrés dans ces services. Les soignants dénoncent aussi la fermeture de lits, le manque de personnel et une gouvernance bureaucratique de l’hôpital public au détriment d’une gouvernance humaniste qu’on serait en droit d’attendre de la part d’établissements qui traitent la souffrance humaine.

L’hôpital est devenu la victime de notre société de consommation et de profit. Nos hôpitaux, gérés depuis quelques décennies uniquement en fonction de la rentabilité et amenés à fonctionner en flux tendu, sont devenus le triste symbole de cette société où l’on ne respecte plus que les valeurs liées au profit et à la consommation, ignorant toutes les autres.

Situation qui signe l’incompétence dramatique de nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui. Incapables de situer leur action au-delà de la durée de leur mandat, ils laissent une administration toute-puissante profiter de leur incompétence pour se complaire dans la gestion de l’administrable, sans chercher à comprendre la finalité de leur action.

Ce plan d’action lancé la semaine dernière par le ministre de la Santé et les 150 millions d’euros octroyés permettront peut-être de calmer (un peu) la grogne des soignants mais ne résoudront pas les problèmes de fond : fermeture de lits, manque de personnel, rémunérations…

Un véritable plan d’action devra prendre en compte l’intérêt des malades et des soignants et ne pas les cantonner uniquement à des éléments de courbes ou de statistiques.

Dr. Jacques Michel Lacroix

https://www.bvoltaire.fr/150-millions-deuros-pour-les-hopitaux-une-rustine-de-plus/

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