Boucs émissaires

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Gaëtan de Capèle

« Superprofits », « superdividendes », « superriches ». Tout est super dans la France en crise de 2022 lorsqu’il s’agit de trouver des boucs émissaires face à la grogne générale. Abrités derrière un écologisme de façade, des militants anticapitalistes vandalisent tout signe extérieur de richesse. À l’Assemblée nationale, où se nouent d’improbables intrigues, on dénonce chaque jour, comme au bon vieux temps, les profiteurs de guerre, à qui il est urgent de faire rendre gorge. Haro sur TotalEnergies! On y parle surtout d’augmenter les prélèvements – quelle imagination ! – sur tout et tout le monde : les bénéfices, les plus-values, les dividendes, l’épargne, les gros salaires, les départs à l’étranger, les avions d’affaires. Taxer, taxer, taxer : chez nous, tout commence et tout finit la main dans la poche du contribuable. Face à l’offensive, la résistance du gouvernement ne tient qu’à un fil.

Son unique menu consistant à « manger du riche », on pensait la seule Nupes affectée du réflexe pavlovien de l’impôt. Au hasard des séances de nuit, on découvre que la macronie, le MoDem et même Les Républicains ont été contaminés. La droite, lancée dans la chasse aux nantis, n’est pas près de retrouver ses électeurs. Et encore moins sa crédibilité.

Au cours des dernières décennies, la France a appris à ses dépens à quel point une politique fondée sur la lutte des classes avait pu saper sa compétitivité. Surfiscalité, défiance à l’égard de la réussite et de la fortune, obsession de l’égalitarisme, rejet du travail ont contribué à son déclassement économique. Depuis quelques années, on la croyait débarrassée de ses vieux démons. À la première crise, le naturel revient au galop. Les actionnaires et les investisseurs, que l’on cherchait désespérément à attirer vers nos entreprises, sont cloués au pilori. Les grands groupes du CAC 40, fers de lance de notre industrie et de nos services, sont voués aux gémonies. Les entrepreneurs, qui créent de la richesse et des emplois, redeviennent suspects. Nous rêvions de « superprofits », symboles d’une prospérité retrouvée. Il n’est plus question que de les confisquer. Le piège se referme à nouveau.

Source :Le Figaro 18/10/2022

http://synthesenationale.hautetfort.com/

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