Cinq lâchetés de Bruno Le Maire

Psychodrame à l’Assemblée nationale. À peine sorti de l’Hémicycle, Bruno Le Maire a sorti son mobile pour filmer une nouvelle demande d’excuses officielles au Rassemblement national. Un peu plus tôt, il avait fait la même demande alors que, en séance, ce 12 octobre, le député RN Jean-Philippe Tanguy avait lancé un roboratif : « Vous êtes un lâche. » Le RN n’a pas l’air très disposé à s’aplatir. « S’il n’est pas capable de garder son sang-froid, qu’il aille planter des fraises », a lancé Marine Le Pen dans la foulée. Le dictionnaire Larousse donne de la lâcheté cette définition : « Manque de courage, d’énergie morale, de fermeté ». Bruno Le Maire, au cours de sa carrière politique, a donné quelques raisons d’être considéré comme tel. Nous en avons recueilli cinq, la liste n’est pas exhaustive.

1 – Lâcheté industrielle

Dans sa question, le député RN de Moselle Alexandre Loubet s’alarmait, ce 11 octobre, du possible rachat par un groupe américain de l’entreprise d’électronique Exxelia présente dans sa circonscription et reprochait à l’exécutif de « brader à des intérêts étrangers » des « fleurons industriels » français. Le Maire n’a pas pratiqué la grève de la faim pour empêcher le dépeçage de ce qui reste de l’industrie française. On n’a pas entendu ce fidèle partisan du très mondialiste Président Macron mettre sa place en balance lorsque la France a décidé de brader Alstom, le cas le plus visible des désastres du mondialisme à la sauce Macron. Loubet avait là un boulevard. On ne peut être mondialiste, soutenir Macron et affirmer qu’on défend l’industrie française ruinée par l’Europe et l’ouverture de nos frontières ardemment défendue par le Président et ses gouvernements. Lâcheté.

2 – Lâcheté algérienne

Bruno Le Maire faisait partie de la délégation des quinze ministres qui accompagnaient Élisabeth Borne à Alger, ce week-end. Conclusion de Borne sur place : « Dans la lignée de la déclaration d’Alger, nos échanges ont visé à mieux encadrer et organiser la circulation des personnes entre nos deux pays. » Le Premier ministre algérien est plus clair encore lorsqu’il explique que les deux pays ont décidé de « faciliter le mouvement de personnes » entre l’Algérie et la France. Les statistiques de l’insécurité explosent, comme les chiffres de l’immigration venue notamment d’Algérie, les banlieues s’enflamment régulièrement partout en France et Bruno Le Maire le sait. Curieusement, le bruit d’une révolte de notre ministre contre cet aplatissement qui aggravera les maux du pays n’est pas parvenu jusqu’à nous… Lâcheté.

3 – Lâcheté islamique

Du reste, pour ce politique courageux, l’immigration n’est pas un problème. Tout va bien. Lors du débat face à Éric Zemmour, le 9 décembre 2021, Bruno Le Maire expliquait clairement ses positions. Le Grand Remplacement ? « Je pense que c’est une peur, un fantasme, disait-il lors de ce débat. Nous n’aurons pas de République islamique si nous combattons l’islam politique. » Réponse de Zemmour : « Vous parlez d’or. J’aimerais que vous expliquiez ça aux Français qui ont été chassés des banlieues où ils vivaient paisiblement. Il faut que les musulmans s’assimilent. » S’assimiler ? « Une gifle », considère Bruno Le Maire. Lâcheté, quand tu nous tiens…

4 – Lâcheté budgétaire

Le ministre des Finances est techniquement le responsable du déficit français. Bruno Le Maire aurait pu crier casse-cou auprès du président de la République et de ses Premiers ministres. Il s’est soumis à la politique de dépenses folles engagées par le pouvoir. Résultat : la dette de la France s’est accrue de 600 milliards d’euros durant le premier quinquennat Macron. Les Français paieront. Coresponsable, Bruno Le Maire règne toujours sur Bercy. Lâcheté encore.

5 – Lâcheté politique

L’homme se revendique de droite. C’est en effet la droite qui l’a porté, lui a dessiné sa carrière. Brillant énarque et normalien, Le Maire est directeur de cabinet du Villepin Premier ministre entre 2006 et 2007. Il se présente alors aux législatives sur ses terres de l’Eure sous l’étiquette de l’UMP et entre au gouvernement. La droite le soigne. Il est secrétaire d’État aux Affaires européennes de 2008 à 2009, puis ministre de l’Agriculture sous François Fillon et tente même de se faire élire à la présidence de l’UMP en 2014 face à Nicolas Sarkozy. Il se présente à la primaire de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2017 mais obtient seulement 2,4 % des voix. L’UMP s’essouffle, il a compris qu’il n’irait pas plus loin… En mai 2017, l’homme qui voulait relever la droite devient… ministre de l’Économie dans le premier gouvernement Philippe, sous la présidence d’Emmanuel Macron. L’appel du maroquin a été le plus fort. Lâcheté toujours…

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