Éco-gestes, l’infantilisation des masses est en marche

Vous avez aimé la vidéo d’Ursula von der Leyen qui, en mars 2020, nous montrait, comme à des enfants de maternelle, comment se laver les mains pour éviter le Covid-19 ? Rassurez-vous, elle ressort ces jours-ci pour nous expliquer comment économiser l’eau : de la com’pol’ recyclée, un double éco-geste, le summum de la vertu. Partout, dans les médias, les conférences de presse, sur les réseaux sociaux, monte cette petite musique : à nous, citoyens de base, de nous engager « collectivement » pour faire baisser le montant de nos factures énergétiques à travers ces éco-gestes.

On notera la novlangue qui nous fait entrer dans cette réalité parallèle de la religion écologiste appliquée à l’ de guerre. La technique éprouvée mise en place pendant la  Covid est – elle aussi – recyclée : pour masquer les carences de l’État, l’impéritie des gouvernants, les choix idéologiques en matière de politique énergétique, ceux des moulins à vent au détriment du nucléaire, on détourne le focus. C’est aux Français, et singulièrement les classes moyennes ou plus modestes victimes de ces politiques, que revient la charge de pallier ces déficiences. La responsabilité collective invoquée par  comme aux temps du Covid vise, évidemment, à diluer ses propres responsabilités qu’il refuse totalement d’assumer : l’épisode du duel à fleurets non mouchetés avec Jean-Bernard Lévy, le futur ex-patron d’EDF, pourtant placé par lui, en est l’illustration flagrante.

Mais il y a autre chose. Il y a quelques jours, le maire écolo de Grenoble entendait imposer aux parents des petits Grenoblois comment se nourrir pour « sauver la planète ». L’intrusion totalitaire dans la vie privée, la vie intime, se fait chaque jour plus insistante. Hier, au temps du grand confinement, les Français étaient forcés de se priver de toute  d’aller et venir en dehors de chez eux : il fallait s’auto-autoriser à aller chercher son pain et promener son chien, puis rentrer fissa à la maison. La vie sociale n’existait plus. Les Français se sont montrés dociles : les amendes à 135 euros y étaient pour quelque chose, sans compter le matraquage médiatique qui se chargeait obligeamment de la rééducation des comportements déviants, c’est-à-dire critiques. Des injonctions aussi absurdes qu’infantiles anesthésièrent le cerveau de beaucoup : on sauvait des gens en allant boire son café assis et non sur le zinc.

Aujourd’hui, les institutions franchissent un nouveau pas dans ces mesures intrusives, aux allures maoïstes mais parées de toutes les vertus écologiques et économiques. Cette « sobriété contrainte » que va nous imposer  s’immiscera jusque dans nos cuisines et nos salles de bains, bientôt dans nos chambres à coucher. Articles et reportages se succèdent sur ce thème : « faut-il vraiment se laver tous les jours ? », « débranchez la wi-fi » (ça va être compliqué pour le télétravail), « baissez votre chauffage, c’est bon pour la santé ! » (pour ceux qui peuvent encore se l’offrir), « lavez-vous à l’eau tiède », « remplissez bien vos machines à laver »… En Italie, on suggère même de cuire les pâtes « feu éteint », c’est-à-dire en plongeant les pâtes dans l’eau bouillante, en éteignant ensuite le feu et en couvrant la casserole. Une hérésie culinaire et, là-bas, quasiment une faute civilisationnelle !

Curieusement, on ne nous dit pas d’éteindre notre télévision. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi.

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