Loin des rodéos urbains, ces jeunes Français qui relèvent les ruines

Deux France coexistent. Tout l’été, la première, dite « populaire » pour éviter de regarder en face la réalité de l’immigration destructrice, se changeait les idées après une année d’intenses trafics et d’innombrables provocations anti-flics : rodéos urbains, tirs au mortier d’artifice sur les gendarmeries, vol, viol, pillage… la routine.

Pendant ce temps, discrètement, une autre France relevait les ruines. Au sens propre. Créée en décembre 2019, l’association ARCADE a expédié cet été plus de 300 jeunes volontaires dans une quinzaine de chantiers de restauration de monuments anciens disséminés dans toute la France.

Ils étaient dix, par exemple, durant une semaine, du 8 au 14 août, occupés à relever un mur de l’antique et magnifique abbaye cistercienne de Clairmont, en Mayenne. Un ensemble de bâtiments du XIIe siècle perdu dans les champs. L’Association des amis de Clairmont s’attache, depuis des années, à maintenir ce qui reste de l’édifice et à sauver les ruines qui l’entourent. Apolline Cade, une historienne de l’art, diplômée de l’École du Louvre âgée de 25 ans, a rassemblé parmi ses amis des ingénieurs, une architecte, deux professeurs, des informaticiens et un professionnel du luxe, venus de Paris, Lyon et ailleurs, tous prêts à bosser. « C’est l’occasion de passer des moments entre amis pour des projets plus grands, explique-t-elle. Les activités manuelles nous soudent, ça crée des liens formidables. On restaure aussi un peu l’Histoire de France : en replongeant dans l’histoire de l’abbaye, on reprend toute notre histoire nationale. »

Coucher à la dure dans les anciennes cellules des moines

Avec les volontaires, un maçon professionnel, indispensable. Car sous un cagnard de bête, ces jeunes Français se lancent dans la réfection du mur des convers (photo) qui n’a pas vu la main de l’homme depuis quelques siècles : 15 mètres de long, 80 cm de haut de pierres de tailles jointées à la chaux. Au programme : lever tôt, travail de 8 h 30 à 12 h 30, coucher à la dure dans les anciennes cellules des moines, dans un lit sommaire pour les chanceux, à même le sol pour les autres. Déblaiement de la terre, tri des matériaux, construction… et détente l’après-midi, tout de même.

« On apprend les techniques, la maçonnerie en l’occurrence, explique un volontaire, François, les mains caleuses après une semaine passée à remplir une bétonneuse. C’est un travail sérieux, on nous explique les techniques anciennes. Et puis, on passe beaucoup de temps ensemble :  discussions, apéritifs, déjeuners et dîners dehors. C’est une vraie semaine de vacances. ».

La petite équipe se serre les coudes mais multiplie aussi les contacts avec les locaux. Avec ces bénévoles qui s’échinent, dans leurs campagnes, pour que le patrimoine de notre vieille civilisation ne disparaisse pas. Avec les habitants. Avec les touristes. À la fin du séjour à Clairmont, la troupe de théâtre formée de jeunes bénévoles d’ARCADE a rejoint les maçons d’un jour pour représenter L’Inconvénient d’être constant, d’Oscar Wilde. Face à eux, 150 personnes ! De quoi faire rêver pas mal de troupes d’acteurs professionnels déjantés, subventionnées par l’État jusqu’au piercing nasal.

Une jeunesse qui reconstruit

Il reste du travail. ARCADE croule sous les demandes d’associations, de propriétaires, de congrégations chargées de monuments en péril et hors des circuits de subventions publiques ou privées. « Un peu plus de la moitié des lieux que nous aidons sont des chapelles, églises, couvents, qui ne peuvent pas être des lieux aussi rentables que des châteaux loués pour des événements », explique Brieuc Clerc, l’un des quatre jeunes créateurs et animateurs d’ARCADE qui occupe une vingtaine de bénévoles durant l’année. Parmi les chantiers entrepris, la rénovation de deux chapelles dans l’Orne à Ecouché-les-Vallées, celle du château (privé) vendéen du Parc Soubise, incendié par les révolutionnaires et jamais reconstruit, ou le fort de la Pointe de Diamant en Haute-Marne, construit en 1880.

« Il s’agit d’offrir à la jeunesse un chantier commun lié au patrimoine, poursuit Brieuc Clerc. On propose aux jeunes de se retrousser les manches et de retrouver le sens de leur Histoire, de leur pays, le sens du long terme et de la continuité, de ce qu’ils vont transmettre aux générations qui suivent. » Et ça marche ! Loin des rodéos urbains et des banlieues en flammes, une certaine jeunesse, une jeunesse française, passe ses vacances à reconstruire. Tout un symbole.

Marc Baudriller

https://www.bvoltaire.fr/loin-des-rodeos-urbains-ces-jeunes-francais-qui-relevent-les-ruines/

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