“Ce que veulent Macron et son gouvernement, c’est que les Français soient effrayés, incultes et ne réfléchissent pas” – entretien avec Patrick de Casanove 1/4

Dans le cadre de la semaine libertarienne 2022 du Courrier des Stratèges, nous avons mené un entretien avec Patrick de Casanove, président du Cercle Frédéric Bastiat.

Courrier des Stratèges : Bonjour, Pouvez-vous présenter le Cercle Bastiat ?

Patrick de Casanove:  Le Cercle Frédéric Bastiat été fondé en 1990 par Jacques de Guenin, après qu’il eut constaté que les personnes qui passaient devant le buste de Frédéric Bastiat à Mugron, ne savaient pas qui il était. L’objectif du Cercle est de promouvoir la pensée libérale classique, française, des « Droits naturels individuels universels », Liberté, Propriété, Personnalité, développée par Frédéric Bastiat.

Nous organisons des conférences, des déjeuners débats, un congrès annuel appelé «Weekend de la Liberté ». Nous éditons un bulletin de liaison papier « La voix de Bastiat », et nous avons une infolettre. Nous publions sur les réseaux sociaux, ou dans des médias, libéraux ou non. Nous avons un site, www.bastiat.net, une chaîne YouTube https://www.youtube.com/channel/UC6vAszYwqO3mOkk52dAxgAA , une page Facebook  https://www.facebook.com/CercleFredericBastiat, un compte Twitter https://twitter.com/cerclebastiat.

Le Cercle ne reçoit aucune subvention pour garder son indépendance et sa liberté de ton.

Je dirais que le Cercle Frédéric Bastiat est libéral minarchiste, conservateur…et pragmatique.

Minarchiste: L’État reste limité à la défense des Droits naturels individuels. Il se concentre sur ses fonctions régaliennes : sécurité intérieure, extérieure, justice et « filet de sécurité » en cas d’« accident de la vie ». Cela implique pour le pays souveraineté en politique intérieure et extérieure et pour chacun la Responsabilité personnelle, la liberté économique qui va au-delà de l’économie, la liberté de choisir sa vie et de mener son projet de vie.

Conservateur :Nous faisons partie d’une civilisation, d’une culture, d’une nation. Nous sommes issus d’une longue histoire. Les fondamentaux de notre civilisation, éléments solides et structurants, (Honneur, effort, famille, valeur, vertu, courage, patrie, charité, …) méritent d’être transmis et conservés.

Pragmatique Il faut travailler sur ce qui est faisable. Les anarcho-capitalistes, les libertariens, qui prônent l’absence d’État sont dans le vrai. Bâtir une société sans spoliation, ni illégale ni légale, est la meilleure chose pour la société humaine. Il est concevable et souhaitable que les êtres humains s’organisent librement pour structurer ce type de société. Malheureusement, aujourd’hui, nous vivons dans un monde d’États. Les libéraux minarchistes tiennent compte de cette réalité. Un État réduit est un moindre mal.

CdS :Pouvez-vous nous nous parler de votre actualité, de votre nécessité… de l’actualité et utilité de la  de Bastiat.

PdC:  Après les deux années de coercition sociale féroce, d’atteinte gravissime aux droits fondamentaux des êtres humain, de destruction économique et sociale, qui ont été imposés aux Français par leur gouvernement, faire connaître et défendre le libéralisme est une nécessité vitale.

Le Libéralisme s’adresse à tout le monde. Avec lui tout le monde gagne. Il est faux de croire que pour que les uns gagnent, les autres doivent perdre, ou que les uns ne peuvent gagner qu’aux dépens des autres.

C’est faux parce dans une société libérale il n’y a pas de « spoliation légale », personne ne vole légalement personne.

C’est faux parce que dans la vraie vie, l’économie n’est pas un jeu à somme nulle. Les richesses ne sont pas finies, Les besoins sont infinis et l’imagination humaine est infinie. L’Homme est créateur. Il y a création de richesses, donc abondance et prospérité.

C’est insulter le libéralisme que de le réduire à la liberté de faire n’importe quoi. Il n’est pas synonyme de permissivité. C’est le méconnaître que d’en faire l’absence de toute ligne de conduite, de toute moralité, de tout honneur. Le « laisser faire, laisser passer » n’est pas le « laisser aller ».

Chaque être humain est personnellement responsable de ses actes, vis-à-vis de lui et d’autrui, dont il doit respecter les Droits naturels. C’est cela la règle sociale du libéralisme. Liberté et Responsabilité sont consubstantielles.

Le libéralisme n’existe pas sans le Droit, sans la Justice. Droit et Justice qui ne doivent pas être confondus avec les « droits sociaux » et la « justice sociale » qui sont des droits de confisquer légalement la propriété d’autrui.

Vivre en spoliant les autres est possible dans un système socialiste où, pour être élu, il faut faire des cadeaux à des communautés, des catégories, avec l’argent des autres. Ceux à qui l’État donne des prébendes, des privilèges, de l’argent croient gagner. Ceux qui n’ont droit à rien, et qui payent pour tout et pour tous, savent qu’ils perdent.

Paradoxalement peu de gens demandent la fin du vol légal. Beaucoup demandent que celui-ci ait lieu à leur profit, ou que d’autres qu’eux soient spoliés. Au final tout le monde paie et tout le monde perd. Mais les gens ne s’en rendent pas compte.

 Le libéralisme met fin à une société bâtie sur le vol légal. Il permet de sortir du clientélisme.  

Le libéral ne vole personne, ni légalement, ni illégalement. Le libéral n’impose rien à personne, hormis de respecter les Droits naturels. Il n’utilise ni la contrainte, ni la force, ni la ruse, pour amener les gens à ses idées. Il n’utilise que le débat, la discussion, la persuasion. C’est pour cela qu’il est juste et éthique. C’est parce qu’il est juste et éthique qu’il est efficace, que la société est harmonieuse et prospère.

Dans notre social-démocratie, l’État providence se disperse, se mêle (mal) de tout et néglige l’essentiel. Les fonctions régaliennes sont à l’abandon. La justice est pervertie. Pour Frédéric Bastiat, si l’État est réduit, la Nation est forte. Elle dispose d’une armée puissante pour sa défense, d’une police respectée dédiée à la protection des biens et des personnes, ainsi que d’une justice bien pourvue et …juste au sens « de rendre à chacun le sien. »

Être libéral c’est être prévoyant. Il est de l’honneur de chaque personne qui le peut, de ne pas laisser supporter à autrui le poids de sa santé, de sa retraite, de son chômage ou de sa dépendance. Bien entendu en « cas d’accident de la vie » la communauté nationale assure un filet de sécurité pour reprendre les termes de Frédéric Bastiat. Être libéral c’est capitaliser au lieu de vivre au jour le jour. C’est rechercher un bénéfice personnel par le service des autres. C’est donner la liberté aux personnalités de s’épanouir, dans le respect des droits naturels d’autrui, et de la vie.

CdS : Vous dites qu’un libéral s’interdit d’utiliser la contrainte, la violence, la ruse pour amener quelqu’un a adopter ses idées. Cela vaut-il aussi pour les pays ?

PdC: « Ultima ratio » il est légitime qu’un pays se défendre. Parfois l’attaque est la meilleure défense.

Cela posé, la diffusion par la force de le démocratie, la guerre déclenchée au nom de « l’ingérence humanitaire » sont un autre cas de figure. Bien sûr il y a des pays où les droits naturels ne sont pas respectés. Mais ce genre de conflit pour « exporter la démocratie » provoque des dégâts très supérieurs à ceux induits par le trouble aux droits naturels ayant motivé l’intervention. Il faut avoir conscience que les pays donneurs de leçon ont rarement les mains propres.

 Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire. Il faut surtout ne pas faire n’importe quoi et aggraver les choses, avec un remède pire que le mal. (Être accusés de ne rien faire est la hantise des politiciens).  Charbonnier est maître chez lui et il faut respecter les modes de vie des gens. Tôt ou tard la Liberté fera son office. 

Dans ce cas là, la discussion, la persuasion et le commerce sont plus efficaces que la violence. La liberté est naturellement contagieuse. Si on la laisse à l’œuvre, elle diffuse très bien par l’échange libre. Ce sont les États totalitaires qui « protègent » leur population de sa contagiosité en fermant leurs frontières, en en érigeant des murs, des rideaux de fer ou de bambou.

La Liberté est une arme redoutable.

CdS : Votre slogan est “La liberté guide nos pas”.

PdC: Oui, il ne vous aura pas échappé que ce sont les premières paroles du Chant du départ. Pour l’instant la Victoire en chantant ne nous a pas ouvert la barrière. Mais que la Liberté guide nos pas est plus que jamais d’actualité et d’une importance capitale dans l’époque où nous vivons.

Certes c’est un chant révolutionnaire, et nous pensons que la révolution, initialement libérale, a été confisquée par des malfaisants qui ont précipité la France dans la guerre étrangère, la guerre civile et le « populicide », notamment en Vendée. Je rappelle également qu’en février/mars 1794 eut lieu la déportation des Basques du Labourd et de Basse-Navarre.

La Liberté guide nos pas, c’est pourquoi nous avons appelé notre congrès annuel « Weekend de la Liberté ». Le premier eut lieu en 2009 pour apporter un éclairage libéral à la crise dite «  des subprimes ». Depuis chaque congrès s’attache à défendre les libertés avec un thème choisi en fonction de l’actualité du moment. C’est, il faut le noter, le seul congrès libéral de France.

La liberté guide nos pas, c’est pourquoi « Rendez-nous la Liberté » nous a paru un thème évident pour notre 11ème congrès qui a lieu dans un contexte de privation de libertés massif, sous un régime qui se prétend démocratique, et où « Liberté » est le premier mot de sa devise. 

CdS : Pouvez-vous nous présenter le week-end de la Liberté qui aura lieu du 23 au 25 septembre prochains ? Je cite “Les sujets abordés seront multiples : la monnaie y compris le Bitcoin, la fiscalité, la libre entreprise, la légitime défense, la liberté, le système politique, la démocratie, le libéralisme, les modélisation, l’internet, le CO2, la transition énergétique, le libre choix, la liberté d’acheter, les soins, la COVID et le système de santé. L’esprit est indépendant et hors pensée unique”.

 PdC: Comme je l’ai dit, le Cercle Frédéric Bastiat est indépendant et il y tient. Il ne reçoit aucune subvention. C’est pourquoi il peut garder et promouvoir une indépendance d’esprit. Sa ligne est différente du politiquement correct, de la pensée unique, de la doxa des COVID, de la doxa de la guerre en Ukraine, de la doxa du dérèglement climatique, de la doxa du woke, de la doxa européenne etc…

Le principe du Weekend de la liberté est de coller à la vie du pays. Il aborde les problèmes auxquels la France est confrontée. Les sujets sont traités sous un éclairage libéral. Les fonctions régaliennes ne sont pas oubliées. L’ambiance est conviviale et le lieu, l’hôtel Sourcéo de saint-Paul-lès-Dax, est agréable et très bien équipé pour le bien-être.

À suivre

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