Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol est-il devenu un parti Chaviste et Pedro Sanchez un Chavez au petit pied ?

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Michel Festivi

L’Espagne est-elle en train de devenir une sorte de Venezuela à la sauce Chaviste ? La question n’est nullement anodine et mérite d’être posée, compte tenu de la politique actuelle du Premier ministre Sanchez qui n’est qu’une suite d’expédients.

Ce dernier multiplie les décisions les plus radicales (de gauche bien sûr) pour donner des gages à ses alliés forcés de l’alliance Unidas-Podemos. Dans l’une de ses dernières décisions, il vient d’accepter que soient taxées plus fortement encore les entreprises de distribution d’énergie et les banques, ce que Podemos réclamait sans succès depuis des semaines, au risque d’une évasion encore plus forte des capitaux. Un publiciste espagnol vient d’employer une métaphore parlante, Pedro Sanchez c’est Pablo Iglesias (le leader de Podemos) mais avec une cravate.

Je rajouterai mais sans catogan pour l’instant, l’attribut fétiche de notre Pablo Iglesias ibérique. Dans cette même ligne, Pedro Sanchez avait refusé de qualifier Cuba de dictature, pour complaire à Podemos. Cuba où sévit un parti unique et qui n’a connu aucune élection libre depuis 1959… Podemos a aussi pour modèle Chavez et le Venezuela aujourd’hui en pleine déconfiture économique et politique.

En Espagne on a véritablement la sensation d’une fuite en avant mais à gauche toute. Le triptyque des gauches espagnoles est devenu le suivant : l’argent public n’appartient à personne, les chefs d’entreprise ne sont que de perfides exploiteurs et la politique économique consiste à faire frire les classes moyennes par l’impôt, toujours l’impôt, selon Alfonso Rojo directeur du journal Periodista Digital.

L’Espagne est sous perfusion des fonds européens, mais jusqu’à quand ? Comme tout président aux abois, Sanchez essaie aussi d’enfiler le costume de « grand de ce monde », à l’occasion du tout dernier sommet de l’Otan qui a eu lieu à Madrid, pour tenter de noyer le poisson et de masquer son impéritie. Mais les Espagnols ne sont plus dupes semble-t-il. De toute façon la pauvreté est grandissante, le chômage et l’inflation sont en train de battre des records, le gouvernement vient d’annoncer qu’il pourrait être amené à couper l’alimentation en électricité des entreprises cet hiver, mais cela ne semble nullement déranger l’alliance hétéroclite des gauches désormais extrêmes qui tient encore les palais gouvernementaux de Madrid. Un des derniers sondages donne Unidas-Podemos à 27 sièges contre 35 actuellement, le PSOE à 93 sièges alors qu’il en détient aujourd’hui 120, et le Parti Populaire passerait de 89 à 120 sièges. Vox conserverait son capital passant de 52 à 59 sièges, les centristes s’effondrant, n’ayant plus qu’un siège. Le Parti Populaire et Vox atteindraient donc largement la majorité absolue des 176 sièges puisqu’ils cumuleraient 180 députés à eux deux.

Mais les élections ne sont pas encore pour demain hélas, c’est ce qu’a parfaitement compris Sanchez qui sait pertinemment qu’il faut durer pour espérer un renversement de tendance d’ici à la fin de l’année 2023. La politique peut-être souvent synonyme de versatilité.

En attendant et pour tenir, sa seule politique c’est de lâcher les vannes au lieu de resserrer les boulons. L’un de ses atouts, le chef du parti populaire, Feijoo n’est pas député mais sénateur. Or tout se passe aux Cortès, où Sanchez n’est attaqué que par des seconds couteaux, son principal concurrent ne pouvant pas lui donner la réplique, comme lors des discours sur l’état du pays. L’histoire se répéterait-elle ? En novembre 1933, le PSOE s’était majoritairement communisé, on disait à l’époque bolchevisé, après sa déroute électorale pour s’allier avec les communistes staliniens et tenter de renverser l’état de droit. En 2022, en prévision de sa future défaite, le PSOE se mue en un parti d’extrême gauche uniquement pour survivre et faire en sorte que son rejet par les électeurs soit le plus tardif possible. Les seules victimes de cette grave incurie, ce sont l’Espagne et les Espagnols qui attendront encore pour retrouver une politique qui parvienne à surmonter les terribles difficultés qu’ils devront affronter. Un écrivain et commentateur politique Graciano Palomo ne vient-il pas de déclarer : « La succession que recevra Feijoo de Sanchez, sera infiniment pire que la mortelle que Rajoy avait reçue de Zapatero. »

Nous en France, on n’a pas Unidas Podemos, mais on a les Nupes, aujourd’hui encore minoritaires. Souhaitons qu’ils le restent et longtemps. Comme l’ont très bien analysé Jean Pierre Sakoun et Aline Girard (figaro Vox du 19 juillet 2022), les Nupes et en cela ils rejoignent totalement Podemos en Espagne, ont comme techniques politiques l’hystérisation et la brutalisation de la vie politique, et ce pour encore mieux terroriser leurs adversaires. N’en revient-on pas au Venezuela ?

Source EuroLibertés cliquez ici

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2022/07/28/le-parti-socialiste-ouvrier-espagnol-est-il-devenu-un-parti-6394047.html

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