Christine Kelly, trop libre pour la gauche ?

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Vu sur BVoltaire

Quand l’ex-chanteuse Diams accordait une interview à TF1 dans l’émission Sept à huit du 26 juin dernier, après s’être épanchée au micro de Brut pour y faire la promotion de son court-métrage autobiographique, toute la bien-pensance médiatique, comprenez la gauche culturelle n’y voit qu’un bel exercice de franchise et d’émotion. Cette grossière mais efficace opération de banalisation de l’Islam, des us, coutumes et costumes islamiques qui l’ont « sauvée du suicide » s’adresse aux Français sans filtre alors qu’ici, comme le dit bien Céline Pina dans Causeur« c’est la conversion à l’islam le plus sectaire qui est montrée comme une solution pour guérir de la souffrance et de la maladie mentale. »

Une semaine plus tard, fort opportunément, un certain Joao Gabriel, « chercheur », ressort une vidéo d’une émission d’avril  où Ivan Carluer, pasteur de l’église évangélique Martin Luther King de Créteil, recevait Samuel Pruvot, journaliste à Famille Chrétienne, et la journaliste de CNews Christine Kelly pour parler de ce que représente Dieu pour les candidats à la présidentielle.

Pour la première fois, la reine Christine – la vraie !- évoquait sa foi chrétienne. Elle-même évangélique, elle explique avec beaucoup d’émotion, de pudeur et de force la présence quotidienne de Dieu dans sa vie et comment sa vie professionnelle, ses choix, sont soutenus par sa foi. Elle raconte quels ont été les moteurs de sa décision d’accepter l’émission Face à l’info avec Éric Zemmour, « l’homme le plus détesté de France » :  « Je priais tous les jours et je disais à Dieu ‘je ne sais pas pourquoi tu m’envoies là, je n’ai besoin de rien, je ne cherche pas la notoriété, je ne cherche pas à être vue [… ] Si toi, tu m’envoies, me voici, envoie moi ! […] J’ai prié.[…] j’ai tellement laissé Dieu tout piloter envers et contre tout, envers et contre tous, contre toutes les insultes, contre toutes les menaces. Si Tu m’envoies là c’est que Tu as une mission ». Elle poursuit :« Dans chaque interview je témoigne ma foi, je dis que mon livre c’est ma bible, dans chaque interview je dis que je prie avant l’émission, je dis que le monde est spirituel, le monde n’est pas matériel. »

Des mots simples, dignes et sincères mais inaudibles dans la France d’aujourd’hui.

Qui est Joao Gabriel, celui qui fait le montage de cet entretien et qui a jeté Christine Kelly en pâture sur les réseaux sociaux ? Doctorant au département d’histoire de la John Hopkins University, ses centres d’intérêt sont, selon son profil Twitter : prison, caraïbe, abolition, esclavage, genre, panafricanisme. Un petit détour par son blog montre l’imprégnation du plus pur racialisme  américain sur cet enfant de France : il est en effet, comme Christine Kelly, venu de cette Guadeloupe, française depuis 1635.

Son commentaire sur Twitter à propos de cette vidéo ne laisse aucun doute. Il stigmatise « Christine Kelly, son émission avec Zemmour comme expression de la volonté de Dieu et opportunité de partager sa foi. Ce grand moment de normalisation de l’extrême  financé par Bolloré est donc présenté ici comme un bienfait au niveau spirituel. […] Là on a le milliardaire catho dit traditionnel, le visage médiatique facho, la présentatrice plutôt évangélique (a priori) en plus afro-descendante, donc différents atouts pour une entreprise de rebranding/normalisation de l’extrême droite encore une fois. »

Dans une belle unanimité, la gauche en mal d’indignation s’est émue de cette profession de foi. Sur Twitter, Yann Chantrel, sénateur PS, assène: « Bien que cela puisse paraître lunaire, ça a le mérite de la clarté. Une évangélique extrémiste qui promeut l’agenda politique réactionnaire du catholique extrémiste Vincent Bolloré ». Tout en finesse ! Dans Le Monde, Raphaëlle Bacqué, quant à elle, préfère adopter un ton qui se veut ironique mais qui n’est que grinçant : « Quand Christine Kelly, partenaire d’Eric Zemmour et journaliste préférée de Vincent Bolloré, parle comme une évangélique et présente son engagement politique (à l’extrême-droite) comme le résultat d’une demande divine… » Et tout à l’avenant.

Pourquoi Christine Kelly est-elle à ce point critiquée par la gauche ? Est-ce seulement parce qu’elle évoque sa vie de foi ou parce qu’elle a refusé de pratiquer le sport favori de la gauche, à savoir la victimisation ? Elle, femme noire et fière de ses racines, n’a jamais voulu être enfermée dans sa couleur de peau, elle refuse la vision racialiste de la  que la gauche woke, qui a le vent en poupe puisqu’elle elle est même représentée par le titulaire du crucial ministère de l’Education nationale, entend imposer en France. N’a-t-elle pas dit, lors d’une interview accordée à Valeurs actuelles : « Certaines communautés de minorités pensent que c’est un bien de s’enfermer dans la victimisation et qu’elles y gagnent (…) sans voir que c’est un puissant anesthésiant et la meilleure façon de bloquer leurs actions et de les empêcher d’avancer dans la société. Je trouve que refuser la victimisation est un combat plus difficile à mener. »

Et c’est bien ce qu’on lui reproche. Alors quand on l’entend dire que « dans ce monde en quête de sens, on a besoin de sens, de spiritualité, d’être ancré, on a besoin d’avoir un objectif, on a besoin de savoir qui on est, on a besoin de son identité, et son  c’est Jésus », on se dit que la vraie rebelle, c’est elle.

Marie d’Armagnac
 

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