Une biographie d’Henry de Monfreid signée Francis Bergeron…

Qui suis-je ? Henry de Monfreid par Francis Bergeron, Pardès, 128 p. – 12 €.

« Le monde des vertueux n’a jamais cessé de m’accabler, on m’a voulu négrier, vendeur de femmes, je fus opiomane, mais moi, contrairement à beaucoup d’autres, devant ma glace, chaque matin, je peux me serrer la main. »

Henry de Monfreid est, avec Jack London, l’un des seuls authentiques aventuriers-écrivains. L’un tenté par le socialisme, l’autre par le fascisme, tout devrait les opposer, mais leur indifférence au danger et au « qu’en-dira-t-on » les fait se rejoindre dans la quête inassouvie d un absolu individualiste.

L’œuvre de Monfreid, très autobiographique, se lit comme un roman. Mais le faux et le vrai se mêlent, surtout quand le héros, lui, a souvent le beau rôle. Ce pourrait être une première raison de ne pas aimer Monfreid. Il y en a mille autres encore : il a vécu du trafic de drogue ; il assure ne pas s’ être livré à la traite des noirs, mais, là où il vivait, la frontière était étroite entre esclave et serviteur ; le trafiquant d’armes qu’il fut peut-il garantir n’avoir jamais traité avec l’ennemi ? Toutes ses femmes, européennes ou indigènes, les a-t-il rendu heureuses ?  Les a-t-il même aimé ? Quelle dureté avec certains de ses enfants ! Où sont passés les tableaux de Gauguin ? Combien de ses employeurs Monfreid a-t-il volé ? N’a-t-il pas du sang sur les mains ? Opiomane, converti à l’islam, initié à la franc-maçonnerie, peut-il être érigé en modèle ? Ce Qui suis-je ? Monfreid montre que l’auteur des Secrets de la Mer Rouge symbolise le génie propre à un Européen qui, fût-il seul, plongé dans un univers totalement étranger et hostile, sait triompher. Monfreid donne cette leçon de courage : prison, fortune, prison, fortune, prison ; les séquences se succèdent, mais, toujours, il relève la tête. C’est bien une sorte de héros, malgré tout. Un homme à admirer. Et à lire.

« Combien aventureux et aventurier fut Monfreid ! Il fallait pour évoquer sa vie et ses fabuleux récits avoir soi-même tâté aussi un peu d’aventure, même fort différente. (…) Un fabuleux destin et quelle allure ! » (Guy Chambarlac, Nouvelle Revue d’Histoire)

« (…) une excellente synthèse de sa vie, de ses exploits, de ses livres. (…) Grâce à Francis Bergeron le flibustier à la face d’aigle est ressuscité » (Jean-Paul Angelelli, Rivarol)

« Toute la vie d’Henry de Monfreid a été une insulte à la morale et au politiquement correct. (…). Le bourlingueur de la mer Rouge a “mauvais fond”. Mais c’est tout le sel de ce brillant petit ouvrage (…) que de rappeler cette évidence aux tartuffes contemporains qui ne cessent de gommer les aspects jugés les plus déplaisants de l’auteur de La croisière du haschich pour mieux châtrer son œuvre. (…) On ne fait pas de bonne littérature d’aventures avec de bons sentiments » (Pascal Esseyric, éléments)

« Monfreid apparaît non seulement comme un voyou — ce dont il était difficile de ne pas se douter — mais aussi comme un assez joli monstre d’égoïsme. (…). N’empêche, on ferme le livre en songeant: quelle vie ! » (Monde et Vie)

« Francis Bergeron nous retrace fort bien sa vie. (…) un bel hommage et une belle évocation, (…) une excellente invitation au voyage et à la redécouverte de l’œuvre de Monfreid » (Réfléchir et Agir)

http://www.archiveseroe.eu/lettres-c18386849/19

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