À l’Assemblée nationale, des communistes plus polis que leurs frères ennemis mélenchonistes…

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Quoi de commun entre le député communiste  et la mélenchoniste Mathilde Panot, patronne du groupe LFI au Parlement ? Certes, ils ont appelé à voter Emmanuel Macron au second tour de la dernière élection présidentielle et ils sont tous deux de gauche ; oui, mais de quelle gauche ?

Il y a la gauche à l’ancienne de  qui, ce mardi 28 juin, serre chaleureusement la louche de tous ses collègues, y compris ceux du Rassemblement national, lors de l’inauguration de la nouvelle Assemblée nationale. Une gauche polie, donc. Moins courtoise est cette extrême gauche incarnée par Mathilde Panot et Danièle Obono qui, ostensiblement, refuse la main tendue du lepéniste Julien Odoul, alors qu’ils occupent des sièges voisins.

Entre ces deux gauches, les rivalités ne sont pas nouvelles. D’un côté, les enfants d’ouvriers ; de l’autre, les gosses de riches. Chez les premiers, on trinque volontiers au comptoir avec l’adversaire politique, quitte à ce que le ton monte dans les aigus. Chez les seconds, on ne pactise pas avec l’ennemi, et surtout pas autour d’un verre. La preuve en est cet entretien accordé le même jour par le député communiste André Chasseigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine au palais Bourbon, à notre confrère Marc Eynaud, à propos de l’arrivée en masse de ses collègues lepénistes : « Ça ne changera en rien la pratique, considérant que le débat démocratique doit l’emporter sur l’anathème. »

Car, paradoxalement, les communistes sont des gens d’ordre ; ça s’est vu en mai 68, quand le PCF a sifflé la fin de la récréation gauchiste. Le parti est alors contre la contraception, l’avortement, les films et la musique américaine, pendant que leurs rivaux gauchistes, quoique manifestant contre les USA honnis, le font en écoutant Jimi Hendrix et en arborant des parkas de l’armée américaine. Ils se droguent et portent les cheveux longs, ils veulent jouir sans entraves, au mépris de la plus élémentaire conscience de classe.

Du temps de Georges Marchais, les communistes sont contre l’immigration, légale comme clandestine, alors que les gauchistes font assaut d’antiracisme et de féminisme. Au début de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon tente la synthèse de ces deux gauches, entre  ouvriériste et indigénisme immigrationniste. De ces deux tendances, on sait laquelle l’a emporté.

Aujourd’hui, la fracture est toujours là. Ce qui explique la promotion de la viande rouge et du bon vin de chez nous par un Fabien Roussel qui, de plus, n’hésite pas à manifester aux côtés des forces de l’ordre, tandis que Jean-Luc Mélenchon se targue de ne plus manger que du quinoa et ses partisans estiment que « la  tue ». Au PCF, on est pour le nucléaire. À LFI, on prône l’éolien. Certes, ces deux formations ont fait cause commune aux dernières élections législatives. Mais il y a loin de l’union électorale à l’unité politique.

Ceux qui ne s’y trompent pas sont évidemment les journalistes de Mediapart, site fondé par Edwy Plenel, ancien de la Ligue communiste révolutionnaire, incarnant à lui seul ce gauchisme, « maladie infantile du communisme », tel que diagnostiquée par le défunt Lénine. Ainsi pouvait-on lire, ce 28 juin : « En interne, comme dans le cadre unitaire de la gauche et des écologistes, force est de constater que Fabien Roussel est devenu l’objet d’un malaise grandissant. Outre qu’il a tenu une ligne de concurrence virulente face à Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle – en déclarant, par exemple, que “ça fait longtemps que le PS ne parle plus qu’aux bobos des villes et Mélenchon à la fraction radicalisée des quartiers périphériques” –, son pari politique n’a pas porté ses fruits. »

Si ce dernier consistait à incarner une sorte de lepénisme de gauche, le constat tient la route. Pour autant, que Fabien Roussel ne désespère pas plus que de raison : il y a toujours eu de la place pour un Peppone dans le camp national, celui des amoureux de la France, assez bonne mère pour chérir ses enfants de droite comme de gauche.

Nicolas Gauthier

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