Pénurie de profs : les raisons d’une évidence, par Clément Martin

professeurs

Le 15 mai dernier, les résultats des admissions au CAPES tombaient. Et le manque de professeurs pour occuper les postes vacants est criant : en mathématiques, sur les 1 035 postes, 816 seulement seront pourvus. Et d’autres disciplines sont touchées. La tendance s’est accentuée au cours des dernières années, à tel point que les recruteurs de l’Éducation nationale commencent à employer des méthodes peu orthodoxes pour accueillir les candidats[1].

Les raisons de cette pénurie sont très faciles à identifier.

Professeur : un métier au rabais

La corporation professorale est définie par son mantra du « manque de moyens ». Cette exhortation permanente à prélever toujours plus d’argent au contribuable pour une qualité d’enseignement de plus en plus déclinante est évidemment pénible : ce ne sont pas des achats d’iPad ou des ordinateurs portables immédiatement revendus sur Leboncoin qui feront remonter le niveau. Cependant, cette revendication est effectivement justifiée dans un domaine précis : la revalorisation salariale pour les personnels enseignants. En moyenne, les salaires des profs français sont largement inférieurs à ceux de leurs homologues allemands. Si une comparaison exacte est difficile, les chiffres suggèrent qu’entre deux profs célibataires, de part et d’autre du Rhin, la différence salariale puisse atteindre les 50 %[2]. Si on considère que le travail de culture et d’instruction des nouvelles générations est bénéfique et crucial pour la nation, il semble légitime d’apporter une reconnaissance économique légitime à cette profession. En revanche, la part du budget de l’Éducation nationale allouée à l’administration est considérablement plus enflée en France qu’en Allemagne. Comme dans d’autres secteurs publics de notre pays, l’inflation administrative et bureaucratique se traduit par une explosion des dépenses, sans qu’une contrepartie de résultats ne soit observable.

La ligne de front du multiculturalisme

Dans une société multiculturelle (et donc multiconflictuelle), les professeurs sont en première ligne pour assister au désastre et pour en faire les frais. Les agressions de professeurs et le climat de violence qui règne dans nombre d’établissements français n’est un secret pour personne. Sans compter les tensions communautaires qui gangrènent l’institution scolaire. Le professorat, en 2022, a bien moins à voir avec la transmission de savoir qu’avec le maintien d’une discipline instable dans une poudrière. Le cas de Samuel Paty est à ce titre particulièrement révélateur : face aux menaces de mort qui planaient sur lui, la famille du professeur assassiné a décidé de porter plainte, pointant du doigt la défaillance de l’État[3]. Les témoignages des professeurs, confrontés à la montée de l’islamisme et de la sécession ethno-religieuse et abandonnés par leur hiérarchie, sont pléthoriques[4]. Selon le dogme républicain, l’école est censée incarner un sanctuaire, épargné par les remous de la société environnante. En réalité, les slogans et les belles idées ne pèsent pas grand-chose face à la réalité de l’invasion migratoire, et de l’ensauvagement du quotidien qui en découle. Rien d’étonnant alors à ce que le métier de professeur constitue un véritable repoussoir.

Et pourtant, alors que la caste professorale ne fait plus confiance à ses dirigeants[5], elle continue de soutenir aveuglément la gauche, qui a pourtant fait le choix idéologique de soutenir coûte que coûte son projet immigrationniste, quelles qu’en soient les conséquences pour ses partisans les plus loyaux. Ce corps de métier est un véritable canari dans la mine pour tous les autres : aucune profession ne sera épargnée par la brutalité de l’immigration et de l’islamisation, et ceux qui partagent les options idéologiques du multiculturalisme n’auront d’autre destin que d’être sacrifiés sur l’autel de celui-ci.

[1] https://www.challenges.fr/education/face-a-la-penurie-de-profs-les-plans-b-des-rectorats-pour-recruter_813909
[2] https://www.leprogres.fr/societe/2021/09/13/oui-les-profs-allemands-gagnent-plus-que-les-francais-mais-ils-travaillent-plus
[3] https://www.elle.fr/Societe/News/Samuel-Paty-aurait-pu-etre-sauve-une-partie-de-la-famille-du-professeur-porte-plainte-contre-l-administration-4013893
[4] https://www.20minutes.fr/sante/2888599-20201020-attentat-conflans-tout-peut-etre-pretexte-polemique-profs-temoignent-contestations-cours-eleves-parents
[5] https://www.unsa-education.com/article-/vous-aimez-les-chiffres-accedez-a-lensemble-des-resultats-du-barometre-unsa-par-metier-age-et-territoire/

Clément Martin

Les Identitaires

Une réflexion sur “Pénurie de profs : les raisons d’une évidence, par Clément Martin

  1. GBoyer

     » Aucune profession ne sera épargnée .. » Ben non, si c’est LE projeeeet !
    De quoi évincer de plus en plus de personnels, de toutes les catégories, au profit de remplaçants. Médecins, enseigants, etc.

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