Le président caméleon

220525

Ce 25 mai la lettre quotidienne de Valeurs actuelles dénonce, à juste titre sans doute : « l’illisible Emmanuel Macron ». Son éditorialiste souligne : « Les derniers choix politiques du président de la République interrogent. La composition de son gouvernement continue de maintenir un flou idéologique autour de sa politique et de sa personne. »

Hélas, le personnage qui s’est emparé du pouvoir en 2017, développe un système plus déchiffrable qu’il n’y paraît. Son enfumage, pour méthodique, ne nous aveugle que partiellement. Dans le règne animal ce tropisme caractérise le caméléon. Dans le champ politique français cette stratégie du « en même temps » servit d’abord en 2012 l’ascension de Monsieur Patate alias François Hollande, après que, maladroite manipulatrice, sa compagne Ségolène Royal eut échoué, trop visible, en 2007 face à une autre redoutable truqueur appelé Sarkozy. Le mécanisme n’était pas encore au point du côté gauche. Il paraissait voué à ne séduire que l’électorat classé « à droite », considéré comme le côté du portefeuille, le cœur étant porté invariablement « à gauche ».

S’agissant de Macron, on doit se souvenir qu’il aura été le seul président depuis De Gaulle, lui-même hors norme et hors concours, à gagner deux élections successives, Mitterrand puis Chirac ayant été contraints à la cohabitation avec leurs adversaires du fait des élections intermédiaires. Sauf déception surprenante en juin, nous nous trouvons donc en présence d’un perfectionnement du système.

Bravo l’artiste diront les cyniques.

L’écœurement vient vite à l’observation des virevoltes

D’abord le président Macron sut enfermer ses concurrents, avec la complaisance des médias dans une non-campagne. Celle-ci se montrera exceptionnellement courte ; une durée jamais vue sans doute depuis l’invention de la république en 1792 et l’élection dramatique et truquée de la Convention.

Il se lancera donc, dans cette bataille manipulée, seulement par son discours programme d’Aubervilliers en date du 17 mars. Très clairement il se propose de diviser par 4 l’électorat de la droite. Et ça marche : le 10 avril, les 20 % de François Fillon deviendront moins de 5 % en faveur de Valérie Pécresse. Rappelons que depuis des mois tout le monde préemptait la droitisation de l’opinion. Mais tout semblant se résoudre en question d’images, la présidente d’Ile-de-France souffrait d’être perçue, au jugementtnemeguj unals, comme « trop blonde, trop modérée, trop catholique ». Son programme pouvait-il  cependant apparaître comme le seul [à peu près] raisonnable ? Qu’à cela ne tienne ! la photocopieuse macronienne s’empara des points les plus marquants en direction de l’électorat conservateur : retraite à 65 ans, conditionnement du RSA, raidissement sur le droit d’asile sans d’ailleurs fournir aucune indication sur l’application réelle de ces « mesures »

Or, depuis le débat du second tour, grande réunion publique devant un public clairsemé à Marseille le 16 avril. Demi-tour complet : on se préoccupe de rallier l’électorat assigné comme votant LFI écolo-socialiste, ou divers gauche, par des propositions symboliques, tout en désignant Mélenchon comme le nouvel homme à abattre.

Ce retournement à lui seul mériterait d’être sanctionné.

Le camp, trop divisé sans doute, des droites plurielles compte 2 ou 3 nuances de bleu. Déchirement mortel, assure-t-on

Le caméléon macronien, quant à lui, s’efforcera dans les 577 circonscriptions, de présenter 577 nuances de rose et de vert. On suppose que la supercherie va tenir : pour combien de temps ?

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/2022/05/le-president-cameleon.html

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