Après le premier tour : l’avis de Philippe Randa

Entretien avec Philippe Randa, directeur du site de la réinformation européenne EuroLibertés.

(Propos recueillis par Guirec Sèvres)

Vous vous attendiez aux résultats du 1er Tour de l’élection présidentielle ?

Depuis des mois, c’est l’ordre d’arrivée que donnaient les instituts de sondage avec unanimité, du moins pour le trio de tête ; on ne peut pas véritablement parler de surprise, même pour ceux, dont je faisais parti, qui n’en était pas convaincu. Ce qui m’a surpris, toutefois, c’est le score important d’Emmanuel Macron : j’imaginais que la détestation du personnage et de son gouvernement était telle que son score se situerait beaucoup plus bas… de même pour ceux de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, même si le tiercé de tête devait être celui-là.

Comment l’expliquez-vous ?

On pouvait le deviner, finalement, en voyant les files d’électeurs, à l’intérieur et à l’extérieur des bureaux de vote : 1 sur 3 portait un masque, cette « muselière » comme si bien dénoncé par le philosophe Michel Maffesoli qui, toutefois, pensait l’année dernière que ce n’était qu’une ruse (« Le port obligatoire de la muselière dans les rues suffit-il à nous faire obéir ? ») : pour un tiers des Français, à l’évidence, c’est au contraire la manifestation de leur peur ; pas celle de leur avenir, mais de leur présent : en terrorrisant pendant deux années consécutives les populations face à un virus fantasmé, le gouvernement français (ce n’est pas le seul, certes, la recette maléfique a été appliquée dans beaucoup d’autres pays) a réussi à tétaniser une parmi importante de la population qui ne voit plus, n’entend plus, ne réfléchit plus : elle vote pour les gouvernants en place et donc pour le président sortant, exactement comme nombre de « croyants » qui n’attendent de salut que dans une intervention divine… et tant pis si elle se fait attendre ou ne vient jamais !

Pour vous, c’est donc la peur qui motiverait près d’un tiers des électeurs ?

À l’évidence, la « France qui a peur » n’est pas celle de cette droite dite extrême, c’est celle des électeurs d’Emmanuel Macron : peur du covid, peur des extrêmes, peur de Wladimir Poutine, de la bombe atomique, du manque de papier toilette, peur de tout et de rien et surtout de leur ombre…

Mais un « petit, tout petit tiers » tout de même, soit 28 % de ceux qui ont voté dimanche, à peine plus que le taux d’abstention (plus de 26 % du corps électoral) : une majorité de nos compatriotes rejette donc, et massivement, la Macronie : par vote ou par désintérêt… Mais une fois de plus, le 24 avril prochain, on assistera à un vote de « rejet » : celui de Marine Le Pen ou celui d’Emmanuel Macron… Et le ou la prochain(e) locataire de l’Élysée dirigera un pays encore plus divisé, plus fracturé qu’auparavant… et surendetté comme jamais. Se rappelle-t-on de François Fillon, alors Premier Ministre de Nicolas Sarkozy qui déclarait en 2008 : « Je suis à la tête d’un État en faillite (…) Les caisses sont vides » ? Qui peut penser que la situation s’est améliorée depuis 14 ans, surtout après le « quoi qu’il en coûte ? » dont le président sortant est tellement fier ?

Et le score d’Éric Zemmour, est-il décevant ?

Pour les militants sincères qui ont crû dans sa qualification pour le second tour et sa victoire, sans doute… Pour un observateur de la vie politique, il était tout de même improbable qu’un candidat qui ne s’est déclaré qu’il y a cinq mois puisse ainsi « renverser la table » du premier coup. Je sais bien qu’il faut motiver ses troupes, mais son erreur aura peut-être été de faire croire en la victoire en 2022 ! Improbable aujourd’hui, mais demain ? À l’évidence, si Éric Zemmour et son mouvement Reconquête ont un avenir, c’est dans le moyen ou long terme. Et pour cela, sa première campagne électorale et son résultat sont prometteurs : plus de cent mille adhérents en font peut-être le premier parti en France avec des cadres rompus aux joutes électorales, deux millions d’électeurs et, quoiqu’en disent ses détracteurs, des thèmes porteurs, même s’ils ont été occultés dans cette campagne présidentielle ; la dénonciation du Grand Remplacement, certes, mais pas que ! Le seul risque de cette nouvelle aventure politique serait la démobilisation… des électeurs comme des cadres de Reconquête !

Quoiqu’il en soit, le paysage politique français va être totalement bouleversé le 24 avril au soir…

Soit Marine Le Pen l’emporte et là, personne n’y ayant beaucoup réfléchi, ce sera évidemment un séisme où toutes les surprises sont possibles. Reconnaissons qu’elle a fait une excellente campagne, surtout depuis l’entrée en lice d’Éric Zemmour d’ailleurs. Elle confirme que les Le Pen, père et fille, ne sont jamais aussi redoutables que lorsqu’on les menace. Elle a lissé – jusqu’à l’usure disent certains de ses contempteurs – les thèmes les plus clivants de son discours et accentué son côté rassurant, mettant ainsi excellemment en scène son amour des chats, tandis que son « rival » prenait tous les coups sur le champs de bataille… On notera d’ailleurs qu’à l’instar d’Emmanuel Macron, Marine Le Pen ne s’est pas « abaissée » au moindre débat avec ses adversaires. Tactique payante pour l’un et l’autre. Dont acte.

Et si Emmanuel Macron est réélu ?

Bis repetita, pourquoi gouvernerait-il autrement que précédemment ? Avec, qui plus est, cette arme retoutable qui l’a si bien servi, jusque dans les urnes le 11 avril : la peur ! À la moindre grogne sociale, à la moindre manifestation d’opposition syndicale ou type « gilets jaunes », l’arrivée d’un variant BetaMegaMachinChose l’amènera « en responsabilité » à museler les populations avec masque obligatoire, pass-sanitaire et retour des couvre-feux et du confinement si nécessaire : de telles mesures ont fait leur preuve ! 

Le 24 avril, voterez- vous ? Et pour qui ?

Je voterai, bien sûr : plus qu’une erreur, s’abstenir serait aujourd’hui plus que jamais, un crime… Pour qui ? J’habite chez trois chats dont je suis le portier attitré ! Alors, à l’évidence…

Le site EuroLibertés cliquez là

http://synthesenationale.hautetfort.com/

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