Sarkozy sifflé au meeting de Pécresse : fin de partie ou fin de parti pour les LR ?

800px-nicolas_sarkozy_-_world_economic_forum_annual_meeting_2011-1-800x475-1

Le nom de Nicolas Sarkozy sifflé par des supporters de Valérie Pécresse : c’est peut-être ce qu’on retiendra du meeting de la dernière chance de la candidate des LR, donnée à moins de 10 % dans certains sondages, ce dimanche 3 avril, au parc des Expositions, porte de Versailles, à Paris. Et sifflé à quel moment ? Au moment où Yann Wehrling, huitième vice-président du conseil régional d’Île-de-France, conseiller à l’écologie de la candidate mais aussi ancien secrétaire national des Verts, a prononcé le nom de l’idole de la « droite républicaine » des années Kärcher™. Tout un symbole !

Le symbole d’un parti LR en plein désarroi et qui ne sait plus vraiment où il habite. En effet, entre un fondateur des LR qui se refuse à soutenir la candidate issue de sa « famille politique » contre un Emmanuel Macron, ancien du Parti socialiste, et un Yann Wehrling, issu des Verts, passé par le MoDem de Bayrou, appelé à la tribune pour soutenir celle qui se réclame de la « vraie droite », il y a de quoi être un peu déboussolé. Surtout pour tous ceux qui croient encore que les LR sont détenteurs des morceaux de la vraie croix du gaullisme parce qu’héritiers par filiation directe de l’UMP, du RPR, de l’UDR et de l’UNR. Au plan notarial, cela se défend ; au plan politique, c’est incontestablement discutable ou indiscutablement contestable !

Tout un symbole mais aussi une ironie du sort, finalement : après tout, le silence de Sarkozy, considéré comme une trahison, vaut bien la déclaration, en 2012, de Chirac qui affirma qu’il voterait Hollande. Pécresse paye cash, en quelque sorte, son chiraquisme qui était tout sauf du gaullisme car mijoté dans les marmites du radical-socialisme. Au fond, Valérie Pécresse, par sa filiation chiraquienne, serait plutôt la lointaine héritière du père Queuille, quintessence du radical-socialisme de la IVe, pas de De Gaulle, même si, lors de son fameux meeting du Zénith, elle osa déclarer : « Il est temps d’avoir une gaulliste à l’Élysée. » Pour la petite histoire, rappelons que Chirac, mentor de Pécresse, lorsqu’il se lança à la conquête de la Corrèze, en 1966, prit comme suppléant le maire d’Ussel, Henri Belcour, dont le père avait été directeur de cabinet de Queuille à Londres, en 1943. Il n’y a pas de hasard en politique, il n’y a que des nécessités.

Ironie du sort, encore, car ce silence de Sarkozy, considéré comme un refus d’adouber la candidate et de lui apposer cette supposée « onction gaulliste », repose sur un prérequis : Sarkozy serait lui-même gaulliste et s’inscrirait dans cette longue filiation passant par Pompidou et Chirac et traversant toutes les vicissitudes de la Ve République. Or, Sarkozy a-t-il jamais été gaulliste ? Certains en doutent, ne serait-ce qu’au regard de sa décision de passer outre la volonté des Français, exprimée en 2005 à travers un référendum, en signant le traité de Lisbonne de 2007, ou encore celle de réintégrer le commandement de l’OTAN en 2009, après 43 ans d’absence.

Alors, une question : Sarkozy sifflé dans un meeting LR, est-ce le signal de la fin de ce parti ? On le saura bientôt…

Georges Michel

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s