En Charente, un agriculteur mis en examen pour meurtre. Et la légitime défense ?

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Ce vendredi 25 mars, quatre individus se sont introduits par effraction, en pleine nuit, dans la propriété d’un agriculteur charentais. Celui-ci, s’étant « senti menacé », a fait usage de son arme et a fait feu sur l’un des agresseurs, qui a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Une information judiciaire pour meurtre a été ouverte après la mise en examen de l’agriculteur ce week-end. Il risque d’être considéré comme coupable de « violences aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». L’homme est un père de famille de 35 ans, seul à son domicile avec sa fille de 3 ans lorsque quatre individus ont pénétré chez lui. A-t-il été échaudé par les diverses intrusions subies par ses congénères ? Il a choisi la manière forte. L’affaire n’est pas un cas isolé. En janvier 2022, des cambrioleurs s’emparaient du contenu de la caisse et d’une soixantaine de volailles prêtes à la consommation, chez un exploitant agricole du Roannais (Loire). L’homme aurait-il mieux fait de se défendre ? Rien n’est moins sûr, lorsqu’on pense à cette affaire survenue en janvier 2021 : cambriolé pour la quarantième fois en cinq ans, Jean-Louis Leroux a blessé grièvement un énième voleur entré chez lui, ce qui lui a valu d’être lui-même incarcéré. Des dizaines d’exemples pourraient être cités. Ils se soldent presque tous de la même manière : l’agressé devient agresseur, et non content d’avoir vécu une situation traumatisante, il se trouve embarqué dans les méandres de la  et inquiété pour avoir défendu son bien. Ainsi, par une inversion tout à fait invraisemblable, l’honnête homme qui gère son exploitation prend-il plus de risque à conserver son bien légitime que le truand qui tente de le lui spolier.

Comment s’en étonner, dès lors que la notion de légitime  semble appartenir à l’histoire ancienne. Elle est pourtant bien inscrite dans le Code pénal (art 122-6) : « Est présumé avoir agi en état de légitime défense celui qui accomplit l’acte [de] repousser, de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité. » Dans les faits, c’est autre chose. Récemment, des policiers publiaient une tribune sur  dans laquelle ils se plaignaient justement de la quasi-impossibilité d’avoir recours à leurs armes, cette impuissance menant parfois à des situations dramatiques. « Il est donc plus que jamais nécessaire et urgent d’adapter les dispositions légales sur la légitime défense à la réalité que vivent les Français, et ce, afin de donner aux juges la possibilité de prendre en compte l’état émotionnel et psychologique de la victime au moment des faits. » Puissent-ils être entendus par ce gouvernement.

Marie-Camille Le Conte

https://www.bvoltaire.fr/en-charente-un-agriculteur-mis-en-examen-pour-meurtre-et-la-legitime-defense/

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