Ces violences urbaines qui devraient être au cœur de la campagne présidentielle

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Marie-Camille Le Conte sur BVoltaire

La commune de Sevran (Seine-Saint-Denis) s’est embrasée pour la deuxième nuit consécutive, ce dimanche soir, après la mort d’un délinquant abattu par la police, samedi 26 mars. Un homme de 32 ans a en effet été retrouvé au volant d’une camionnette volée et, alors que la brigade anticriminalité (BAC) tentait de l’interpeller, il a pris la fuite. Pour des raisons qui restent à déterminer, l’un des fonctionnaires a fait usage de son arme et a tiré sur le fugitif, qui est décédé peu après de ses blessures.

À la suite de cette affaire, on découvre sur les réseaux sociaux des images d’une  extrême au goût amer de déjà-vu, de trop-vu. Aulnay-sous-Bois et Sevran, communes mitoyennes, sont le théâtre d’impressionnantes émeutes depuis samedi soir. Sur les vidéos, des jeunes surexcités mettent le feu aux poubelles, attaquent les policiers au moyen de cocktails Molotov, caillassent les voitures…

Dans la journée du 26 mars, le maire de Sevran, Stéphane Blanchet, a publié un communiqué pour réagir à l’annonce du décès de l’homme abattu par la police. « Un Sevranais de 32 ans et père de famille est décédé suite à une blessure par balle par un fonctionnaire de police », écrit-il, avant d’ajouter : « Mes premières pensées vont vers sa famille. La douleur est grande, les habitants de son quartier sont sous le choc. »

L’affaire est tragique, et il est normal de s’en émouvoir. Toutefois, quelques légers détails manquent au communiqué du maire de Sevran. L’homme était bien connu des services de police et roulait à bord d’une camionnette volée pour tenter d’échapper à un contrôle de police. Bref, un père de famille, sans doute, mais également un délinquant et un chauffard. Parallèlement, qu’en est-il de ce policier « hospitalisé en état de choc » ? Il est à peine mentionné dans ce communiqué.

Dans la nuit du 26 au 27 mars, Aulnay-sous-Bois, Sevran (Seine-Saint-Denis) et Provins (Seine-et-Marne) ont été le théâtre de violentes émeutes, les forces de l’ordre étant victimes de guet-apens, les pompiers se trouvant pris à partie par des dizaines de jeunes… Deux jours avant, c’est la commune de Bron, près de Lyon, qui s’enflammait. LyonMag rapporte ainsi que « comme régulièrement là-bas, les agents ont été ciblés par des projectiles, dont de nombreuses pierres, projetées par un groupe de jeunes individus ». Pas une once d’étonnement dans cet article qui évoque ensuite le « caillassage en règle » perpétré par les délinquants. La  est devenue la norme. D’ailleurs, « le week-end dernier, des  urbaines avaient déjà éclaté dans le secteur de la commune, tout comme celles de Vénissieux, Vaulx-en-Velin ou encore Rillieux-la-Pape », conclut LyonMag.

Il ne s’agit pas ici de minimiser le drame que représente la mort de ce Sevranais de 32 ans. Simplement de la mettre en perspective avec ce que subissent les forces de l’ordre au quotidien. Exposées chaque jour à une nouvelle flambée de violences, mises quotidiennement au contact de délinquants qui ne comprennent que le rapport de force, elles n’ont pas le choix de traiter ce type d’affaires dans le calme en escomptant que le coupable obtempère docilement.

On ne peut que s’étonner que ce thème pourtant central qu’est l’ engendrée par la  ne se trouve pas au cœur des discours de tous nos politiciens.

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