Emmanuel Macron et la lutte contre les trafics de drogue : cinq ans de frime !

« Je ne suis pas favorable à la légalisation du cannabis. » Quelles belles paroles ! En une seule phrase, prononcée le 17 mars à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à l’occasion de la présentation de son programme, le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron a déminé un terrain sur lequel ses adversaires, à gauche essentiellement, entendaient l’attirer. Accessoirement, il a également réduit au silence les voix issues de sa propre majorité parlementaire, dont celle de la députée du Loiret, Caroline Janvier, rapporteuse thématique d’une mission d’information de l’Assemblée nationale et favorable à la légalisation encadrée de la vente de cannabis. Depuis le début de son quinquennat, et surtout avec l’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de l’intérieur, le président de la République s’est évertué à faire oublier les déclarations du candidat Macron de 2017 : « Je crois, s’était-il avancé sur France Inter le 4 septembre 2016, que la légalisation a une forme d’efficacité. »

Le « En même temps » bien connu qui ne mène nulle part…

Désormais, plus question de légalisation, ni même de dépénalisation. Ainsi qu’il l’avait déclaré au Figaro en avril 2021, la lutte contre les trafics de stupéfiants doit être regardée comme « la mère de toutes les batailles » et le commerce illicite de drogue comme la principale source des incivilités, des règlements de comptes, des vols ou des agressions constatés dans le pays.

Vous rendez-vous compte de ce que cela signifie ?

Qu’implicitement Emmanuel Macron reconnaît que la plus grande tragédie de notre histoire est bien l’immigration puisqu’elle est à l’origine de tout ce qu’il énonce ainsi, de façon presque anodine !

Hélas, toutes ces bonnes paroles sont, comme trop souvent avec Emmanuel Macron, autant d’impostures. Auteur en 2020 d’un rapport intitulé « Cannabis : pour une autre stratégie policière et pénale » pour la fondation Terra Nova, Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, perçoit dans cet accent mis sur la lutte contre la « délinquance du quotidien » générée par le trafic de drogue, « une approche beaucoup plus rémunératrice pour le pouvoir politique, qui rend son action visible au plus grand nombre quand le démantèlement de réseaux structurés ou de circuits financiers est largement imperceptible dans l’opinion ».

Pour Marie Jauffret-Roustide, sociologue, chercheuse à l’Inserm, la France a cependant engagé, depuis 2016, « un mouvement de rattrapage sur le volet de la réduction des risques, où le pays accusait un retard de trente ans ». En 2022, le dispositif des salles de consommation à moindre risque, qui concerne potentiellement 110 000 usagers « injecteurs » souvent en situation de précarité, a été prolongé dans la loi après cinq ans d’expérimentation et compte désormais deux salles en France. Cette avancée a d’abord été rendue possible grâce aux résultats d’une évaluation scientifique et par son acceptabilité au sein de la population. Notamment, souligne la chercheuse, grâce « à une conception encore largement partagée dans l’opinion, qui fait de l’Etat social le protecteur des plus vulnérables ».

Les chiffres des saisies, publiés à échéances régulières et volontiers accompagnés de déclarations d’autosatisfaction des autorités, démontrent certes une activité soutenue des forces de l’ordre, pour lesquelles la lutte antidrogue est devenue pourvoyeuse d’utiles indicateurs statistiques – de ceux qui conditionnent l’octroi de primes ou favorisent un avancement. De ce point de vue, l’année 2021 a été marquée par une hausse sensible des saisies : 96 tonnes de cannabis (+ 12 % par rapport à 2020), 23 tonnes de cocaïne (+ 101 %) et 1,2 tonne d’héroïne (+ 24 %). A elles seules, les douanes ont mis la main sur un million de doses d’ecstasy, soit une hausse de 30 % des volumes constatés en 2020. Saluant des résultats « historiques », Beauvau avait également avancé le chiffre de 625 démantèlements de points de deal sur près de 4 000 identifiés sur le territoire. Mais de tels éléments témoignent d’abord, et surtout, d’un trafic exponentiel qu’aucune stratégie déployée depuis bientôt un demi-siècle ne paraît en mesure d’assécher tant que des mesures particulièrement drastiques n’auront pas été mises en oeuvre. De celles que réclame le CER :

Nous ne sortirons de cette tragédie que… »par la force des baïonnettes« . C’est à dire en appliquant les principes que nous avons énoncés de longue date :

1/ la peine de mort…incompressible (!) pour tous les trafiquants,

2/ vider intégralement les banlieues de nos villes, hauts lieux de ces trafics, de tous les trafiquants et selon la méthode que nous avons déjà souvent indiquée. Il faut les nettoyer comme nos soldats savent nettoyer une kasbah :

  1. a/ bloquer toutes les voies d’accès et de sortie par des barrage, comme en temps de guerre,
  2. b/ y pénétrer par la force car il n’y a pas d’autre moyen,
  3. c/ les vider de tous leurs trafics, rue par rue, immeuble par immeuble, cave par cave,
  4. d/ mettre à terre toutes les « barres » et autres « tours » non seulement insupportablement laides mais qui en sont aussi les sanctuaires impénétrables,
  5. e/ mettre aux fers tous les délinquants qu’on ne manquera pas d’y trouver; le bagne et des camps de travail feront parfaitement l’affaire,
  6. f/ renvoyer chez eux manu militari tous les illégaux et
  7. organiser (vraiment) la remigration du reste« 

S’appuyant sur des travaux universitaires complices, certains candidats à l’élection présidentielle ont fait de la légalisation totale ou partielle du cannabis une promesse de campagne, à l’image de Yannick Jadot (EELV) ou de Jean-Luc Mélenchon (LFI). Le président sortant marche en revanche sur les brisées de la droite, qui y est unanimement opposée : la tolérance zéro doit être appliquée du plus bas de l’échelle – le consommateur – aux sommets des réseaux criminels.

Certes, des figures criminelles ont été mises hors circuit par l’action des forces de l’ordre, comme le franco-marocain Hakim Berrebouh, considéré comme l’un des principaux caïds français de la drogue, extradé de Dubaï au mois de décembre 2021 et placé sous les verrous. Mais les coups portés aux trafiquants ont pour effet principal d’éviter la constitution de véritables cartels, crainte avouée des pouvoirs publics, non d’agir sur le fond du problème faute de volonté politique.

Au « bas du spectre », la méthode s’appuie sur un emploi massif des amendes forfaitaires délictuelles (AFD), une sanction pénale immédiatement applicable par un policier, un gendarme ou un agent habilité, sans procès. Leur montant de 200 euros est censé produire sur les consommateurs un effet dissuasif.

Au cours de la campagne de 2017, M. Macron s’était déjà intéressé à cet outil, demandant force notes sur le sujet. Six ans plus tard, il se montre convaincu de son utilité. « L’amende forfaitaire délictuelle permet la sanction immédiate, avec le prélèvement. C’est un instrument efficace et on tape au porte-monnaie », a-t-il affirmé le 17 mars, à Aubervilliers. Sauf que, entre septembre 2020 et septembre 2021, sur pratiquement 100 000 AFD traitées par l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions, principalement pour usage de cannabis, 27 360 seulement avaient été « totalement payées », soit un taux de non-recouvrement de 66 %.

Une honte d’Etat et une imposture supplémentaire de qui vous savez

Dans la doctrine actuelle de lutte contre les trafics de stupéfiants, les amendes forfaitaires délictuelles sont censées étoffer l’arsenal des moyens juridiques en permettant d’attaquer la demande, en sus d’une offensive en règle contre l’offre, soutenue par une stratégie de « harcèlement des points de deal ». Ce dispositif est présenté comme novateur mais, dans sa pratique, il se heurte à un trafic généralisé qui fait dire aux policiers antistups que leur action revient à « vider l’océan à la petite cuillère », une formule qui fait l’unanimité chez les effectifs de terrain. « Aujourd’hui, reprend M. Zagrodkzki, lorsque des policiers contrôlent un individu en possession d’une quantité infime de cannabis destinée à sa consommation personnelle, ils détruisent le produit mais n’interpellent pas car ils savent que la justice ne suivra pas. Quel est l’intérêt de ces opérations, pour le service public de la sécurité intérieure ? »

Aucun !

Sur le temps long, une appréciation objective portée sur cette politique permet d’interroger son efficacité. En mai 1986, déjà, le ministre chargé de la sécurité, Robert Pandraud, avait vanté les mérites d’opérations antidrogue menées tous azimuts contre le trafic de rue : « Par les contrôles que nous opérons et opérerons de plus en plus, (…) nous sèmerons systématiquement l’insécurité chez les délinquants », promettait-il. Depuis, la France, où un million de personnes fument quotidiennement du cannabis, selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, n’a pas quitté la première place du podium européen des pays consommateurs de drogue.

Et vous voteriez une fois de plus pour cet imposteur ?

Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice (G. Orwell)

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2022/03/25/emmanuel-macron-et-la-lutte-contre-les-trafics-de-drogue-cinq-ans-de-frime/

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