Les vraies raisons de la crise et ses conséquences (texte de 2015)

Les économistes comparent souvent la crise actuelle avec celle de 1929. Il y a certes des points communs et on en a tiré des enseignements monétaires pour un peu mieux gérer celle-ci.

Mais il reste une différence fondamentale entre les deux crises. En 1929 et les années qui suivent, les usines et les entreprises ne sortaient pas des États-Unis et de l’Europe ce qui peut bien sûr avoir une importance sur les politiques menées.

Les Occidentaux ne font que payer la politique de désindustrialisation forcenée qu’ils pratiquent depuis plus de vingt ans. Les classes dirigeantes économiques avec un cynisme absolu ont complètement marché sur les intérêts des classes populaires et moyennes de leur pays. Cette baisse de revenu et de consommation pour beaucoup vient de là. La crise des subprimes vient d’Américains qui se sont retrouvés au chômage.

En France, tous les dirigeants depuis Mitterrand jusqu’à Sarkozy (et ses gesticulations), n’ont fait qu’organiser la destruction économique de leur pays en acceptant les diktats du Capitalisme financier mis en place par les multinationales via l’OMC, le FMI et la banque mondiale. La défiscalisation des stock-options a été faite par Dominique Strauss-Kahn.

Il est très politiquement correct d’être béat d’admiration devant « l’euro qui nous protège » et vénérer sa stabilité. Or de façon objective, l’euro n’a fait que participer activement à la désindustrialisation de l’Europe en empêchant des dévaluations qui nous auraient « protégés » face à la mondialisation.

On a vendu l’euro en disant que Madame Duchemol pourrait aller en vacances en Italie sans changer sa monnaie !

Le prix Nobel d’économie Maurice Allais estime à 40 % la perte de PIB due aux politiques économiques des dirigeants successifs depuis vingt ans. La politique mise en place a toujours été au nom d’une idéologie européiste, libre-échangiste et mondialiste. En acceptant le libre-échange mondialisé, les classes dirigeantes ont créé un chômage massif dans leur pays au profit de quelques-uns.

Il est de même stupéfiant que les électeurs continuent à voter depuis des années pour des partis qui ne défendent en rien leurs intérêts. Les dirigeants cyniquement mettent cela sur le compte de la puissance du « sentiment » démocratique en France. Il faut surtout y voir la main mise des médias par les financiers.

La seule réponse est le protectionnisme, certes non hystérique. Il faut faire comme les Chinois qui prennent dans le commerce international ce qui les arrangent et rejettent ce qui n’est pas dans leur intérêt. Le protectionnisme n’est pas une fin en soi. Aux États-Unis, temple jusqu’à maintenant du libéralisme, il existe aussi puisque tout secteur considéré comme stratégique doit rester américain. Un pays doit assurer sa cohésion sociale et donc chercher le plein emploi.

La mondialisation est la cause principale du chômage auquel on a ajouté une immigration extra-européenne d’autant plus inutile que les usines s’en vont ou s’automatisent. Il ne suffit pas de dire « maintenant tous keynésiens » pour résoudre la crise économique.

Toute la mondialisation est fondée sur un résultat poussiéreux du à Ricardo sur les avantages comparatifs.

Ce théorème fonde la justification du libre-échange. Toutes les hypothèses de ce théorème sont obsolètes : immobilité des facteurs de production, travail et capital. La version de ce théorème due à Heckscher et Ohlin est tout aussi obsolète. « Le pays qui dispose relativement de plus de capital (respectivement de travail) aura intérêt à produire et exporter le bien qui utilise davantage de capital (respectivement de travail) » Les Chinois ont tout en plus.

On arrive soi-disant à « l’OPTIMUM », mais qu’est-ce qu’un optimum ? Pour quels pays, quels groupes sociaux ? Doit-on raisonner dans le court terme ou long terme ? La seule chose qui soit mathématiquement certaine est que la mondialisation rapporte aux actionnaires et aux distributeurs actuellement ainsi qu’aux multinationales.

Il faut redéfinir une politique industrielle. Quand le cadre institutionnel nous est par trop défavorable, il ne suffit pas de dire il faut s’adapter, il faut changer le cadre institutionnel. Tant que les dirigeants ne s’attaqueront pas à la règle du jeu qui est mauvaise pour nous, toutes leurs mesures seront inopérantes ou de peu d’effet.

Patrice GROS-SUAUDEAU Statisticien-Economiste

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