Du syndicat des destructeurs

Jusqu’où irons-nous dans le « progressisme » ? Peut-on faire machine arrière ? Peut-on enrayer la décadence de notre société et le déclin de notre pays, car les deux sont liés ? Voilà le genre de questions que se posent quelques vieux « réacs », au nombre desquels l’auteur de cette chronique ne craint pas de figurer.

Les instituts de sondage nous suggèrent que désormais plus des deux tiers des Français penchent « à droite ». Et cependant le syndicat des destructeurs plastronne dans les médias. Il va jusqu’à imposer son pouvoir de censure, via, par exemple, les 35 000 abonnés du compte Twitter des « Sleeping Giant ». Ceux-ci développant leurs pressions à l’encontre des méchants investisseurs publicitaires – rassurez-vous, ils sont hélas bien peu nombreux – publiant des annonces dans les journaux jugés mal-pensants. Ils osent exclure des enseignants qui leur déplaisent, etc. Et pour cela la force de frappe des « antifas » sert d’instrument de chantage.

Certes donc nous pourrions ricaner quand nous voyons Mme Taubira s’agiter pour diviser encore plus, par une troisième candidature potentielle, le camp des électeurs d’Hidalgo et Montebourg, crédités ensemble de quelque 6 % des voix. Certes elle prend son temps. Après avoir annoncé, le 17 de ce mois, qu’elle « envisageait » d’être candidate, la voilà publiant ce 29 décembre, une tribune dans Le Monde où elle bat son record, déjà élevé de formules creuses. Mais c’est seulement vers le 15 janvier que nous connaîtrons le scénario que prévoie l’ancienne Garde des Sceaux. Tout cela au nom de l’unité… Bien sûr…

Pourtant nous devons nous garder de sous-estimer cette nuisance.

Même si la gauche politique semble stagner, le syndicat des destructeurs reste à l’œuvre.

Si la droite bourgeoise ne fait gère rêver, ses adversaires symétriques de gauche ne génèrent pas seulement de tristes cauchemars. Ils s’emploient toujours, imperturbablement, quoiqu’il arrive à réaliser des catastrophes bien réelles.

Nous savons, ou nous croyons savoir que les vendanges de 2022 devraient, logiquement, rester quelque peu stériles pour cette frange politique. Ni l’Élysée ni la majorité au Palais Bourbon ne semblent à sa portée, au spectacle de ses divisions actuelles. Le parti écologiste s’étant trouvé un candidat d’apparence souriante et modérée, une fois écartée la folle dingue Rousseau, il s’accroche et refuse tout processus unitaire plausible et ce blocage prémunit le pays, dans l’immédiat, contre ce danger-là. Tant mieux, dira-t-on.

Or ce soulagement ne doit ni nous tromper, ni nous endormir. Les utopies de gauche circulaient comme autant de métastases, aussi destructrices sous les gouvernements du système, étiquetés au centre. Quand effectivement ceux-ci renoncent aux vieux programmes socialo-marxistes c’est pour donner plus de gages encore aux projets et délires que l’on appelle « culturels » ou « sociétaux ».

Bien avant Macron, la présidence Hollande nous en a donné la démonstration : faute de pouvoir s’en prendre vraiment à la « finance » qu’il avait désignée pour son ennemie, lors de son fameux discours du Bourget de janvier 2012, c’est la famille française qu’il s’employa à déstructurer.

Pour donner satisfaction sur ce point au syndicat des destructeurs, Hollande fit notamment voter la loi Taubira de 2013. Cette « avancée » s’est révélée et semble toujours plus difficilement rattrapable, qu’aucune mesure de nationalisation des entreprises. Observons en effet les 40 dernières années, depuis les étatisations de 1981, conçues comme réversibles par Attali pour l’ère Mitterrand. On ne peut que remarquer que toutes les destructions sociétales, elles, sont demeurées au contraire inamovibles. Aucune des poussées politiques « de droite », ni Chirac 1986-1988, ni Balladur 1993-1995, ni Chirac-Juppé 1995-1997, ni re-Chirac avec Raffarin puis Villepin 2002-2007, ni non plus Sarkozy 2007-2012 n’ont touché ni à la loi Badinter abolissant en 1981 la peine de mort, ni à aucune des lois mémorielles, ni à l’institution du CSA en 1989 comme « contrôle socialiste sur l’audiovisuel », ni même au principe des 35 heures destructeur depuis son adoption en 1998 de la « valeur travail » que Sarkozy, par exemple prétendit rétablir. S’agissant de la loi vomitive de Hollande-Taubira sur le « mariage pour tous », l’actuelle candidate de la droite classique, qui avait en son temps défilé pour s’y opposer, semble bien avoir renoncé, dès maintenant, à l’abolir si elle était élue, en raison des difficultés « humaines » qu’une telle démarche occasionnerait effectivement.

Le « progressisme » tient toujours pour irréversibles toutes ses inventions, y compris les plus saugrenues, les plus clairement destructrices et les bons esprits appellent cela le modèle social français. Ce pays ne s’en sortira donc qu’en se débarrassant du progressisme et de son syndicat des destructeurs.

JG Malliarakis

https://www.insolent.fr/

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