Le traitre et le pognon

Le bradage de la branche Energie d’Alstom à General Electrique fin 2014, relève de la haute trahison. Il a eu pour  conséquence de placer entre les mains des Américains, non seulement notre indépendance énergétique, mais aussi notre force de dissuasion nucléaire, puisque Alstom produit à la fois les turbines de nos centrales nucléaires et des pièces importantes du porte-avion Charles-de-Gaulle et de nos sous-marins nucléaires. Or, Emmanuel Macron a joué dans cette affaire un rôle suffisamment trouble pour qu’une enquête ait été ouverte par le Parquet national financier, à la demande du député Olivier Marleix, président de la commission d’enquête parlementaire sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle. L’actuel Président de la République, qui avait donné son feu vert à cette vente lorsqu’il était ministre de l’Économie, en 2014, est suspecté d’avoir bénéficié d’un « pacte de corruption » qui lui aurait permis de financer sa campagne électorale.

En s’appuyant sur l’extraterritorialité de leur loi, les Américains ont contraint à cette cession le PDG d’Alstom, Patrick Kron, sous la menace de le poursuivre pour corruption, en raison de pots-de-vin versés par Alstom pour remporter des contrats dans divers pays. Pour servir d’exemple, plusieurs cadres du groupe furent alors arrêtés aux États-Unis et l’un d’entre eux, Frédéric Pierucci, fut emprisonné plus de deux ans.

« Macron est intervenu en amont dans cette vente, en sous-main, sans en informer le ministre de l’Économie, et ma conviction, c’est qu’il l’a fait tout seul, il n’en a même pas informé Hollande », déclare Marleix aux essayistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs de Le traitre et le néant. Il aurait servi les intérêts de General Electric des 2012, dans le cadre de ses fonctions de secrétaire général adjoint de l’Élysée.

Si les intérêts de la France ont été gravement lésés dans cette affaire, tout le monde n’y a pas perdu. Les banques (Lazare, conseil de GE, Bank of América, conseil d’Alstom, ou Rothschild, dont Macron fut naguère associé-gérant) y ont largement trouvé leur compte, de même que de nombreux intermédiaires que l’on a retrouvé ensuite parmi les principaux financeurs de la campagne électorale du candidat Macron. Parmi ses proches collaborateurs, son conseiller en affaires industrielles, Hugh Bailey, est devenu directeur général de General Electric France, et David Azéma, directeur de l’Agence des participations de l’Etat, a rejoint la Bank of America. On retrouve aussi, dans ce dossier épineux, un certain nombre de personnalités, comme Clara Gaymard, épouse de l’ancien ministre de l’Économie Hervé Gaymard et présidente de General Electric France jusqu’en 2016, ou Jérome Pécresse, mari de Valérie et coordinateur de la fusion d’Alstom avec GE. Le groupe américain avait également embauché, comme service juridique, le cabinet d’avocats Claude et Sarkozy, fondé par l’ancien président de la République. Quant à Patrick Kron, il a perçu en récompense de ses mauvais et déloyaux services un bonus de 4 millions d’euros et une retraite chapeau de 10 millions. Bien mal acquis ne profite jamais, comme disait Topaze avant d’entrer en politique…

monde&Vie 4 décembre 2021 n°1005

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