Un pays abîmé 2/3

Chassés des quartiers de HLM, les Français moyens sont victimes d’une autre évolution négative : l’augmentation des prix de l’immobilier dans les centre-villes. La pression à la hausse est exercée à la fois par la classe supérieure française enrichie par la mondialisation et par les riches acheteurs étrangers (on pourrait d’ailleurs se demander s’il est bien légitime de laisser les étrangers prendre librement possession de l’immobilier de prestige à Paris, dans le cas des pays du Golfe, ou de propriétés agricoles ou vinicoles, dans le cas de la Chine). Pris en tenaille par cette double évolution, HLM réservés de fait aux immigrés et hausse majeure des prix de l’immobilier, les Français moyens ont souvent été relégués dans la France périphérique, loin des agglomérations où se produit et se concentre la richesse. En outre la hausse immobilière a conduit les Français moyens à s’endetter pour la durée de leur vie active et à consacrer une part considérable de leurs revenus à l’acquisition de leur logement.

  • Une situation de l’emploi profondément malsaine

Le chômage en France est à un niveau élevé depuis cinquante ans : entre 8 et 10 % de la population active. Non seulement le niveau du chômage est élevé, mais il est de plus artificiellement minoré par différents procédés, tels que les préretraites ou les formations pôle emploi. Et pourtant le chômage ne reflète qu’en partie la situation réelle de l’emploi. La multiplication des emplois publics bidon à laquelle les gouvernements ont procédé depuis cinquante ans, dans la fonction publique territoriale en particulier, améliore artificiellement la situation de l’emploi. Il en est de même de la multiplication du nombre des étudiants bidon organisée depuis quarante ans : l’explosion de la population « étudiante » permet de diminuer d’autant la population active et le nombre de chômeurs. Le sous-emploi véritable est donc massif.

Cette situation de sous-emploi s’accompagne de trois autres phénomènes malsains. Le travail non déclaré représente une réalité sans doute importante. Deuxième phénomène pernicieux, déjà évoqué plus avant : on se trouve en présence d’un comportement massif de fuite devant les emplois jugés pénibles ou mal rémunérés. C’est ainsi que les emplois vacants, dans le bâtiment, les commerces alimentaires ou les maisons de retraite, se comptent par centaines de milliers (entre 300.000 et 1 million selon les sources). Dans ces secteurs, une grande partie des emplois sont occupés par des immigrés, souvent clandestins, ou par des travailleurs détachés (les travailleurs européens détachés, en particulier dans le BTP, sont actuellement 500.000). Troisième phénomène délétère, une partie de la population s’est installée depuis des décennies dans l’assistanat et vit d’allocations. La situation du travail en France est donc catastrophique et profondément malsaine (voir cette chronique). 

  • Une désindustrialisation catastrophique pour la classe populaire

Depuis les années 80, les gouvernements français et les dirigeants d’entreprise se sont associées aux décisions prises au plan international et européen, sous l’impulsion des Etats-Unis : forte diminution des droits de douane, multiplication des accords de libre-échange, libéralisation des mouvements de capitaux, adhésion de la Chine à l’OMC. Il s’en est suivi un mouvement massif de délocalisations et de désindustrialisation de la France. Mises en concurrence avec les pays à bas coûts, les entreprises françaises ne pouvaient être compétitives : elles ont donc soit licencié pour améliorer cette compétitivité soit délocalisé. Le poids écrasant des charges sociales pesant en France sur les entreprises à l’embauche a encouragé et accentué le phénomène (rappelons que, pour l’employeur, le coût d’un emploi est environ le double du salaire net qu’il verse).

Les conséquences négatives de ces délocalisations sont nombreuses et lourdes : Dépendance vis-à-vis de l’étranger. Désertification des régions françaises jusque-là industrielles. Disparition d’un type d’emploi qui offrait aux Français de la classe populaire une possibilité de promotion sociale. Au contraire les emplois de service sur lesquels doivent se rabattre les Français de milieu populaire présentent ces deux caractéristiques : les salaires sont faibles et il n’y a pas de possibilité de progression sociale.

  • Une sphère publique aussi impuissante qu’obèse

Impuissante et inefficace dans la plupart des domaines de l’action publique, la sphère publique est pourtant obèse et pléthorique. La décentralisation à la française en particulier est une source de turpitudes multiples : empilement des niveaux de décentralisation, enchevêtrement des compétences, opacité, gâchis, recrutement clientéliste d’une fonction publique territoriale démesurée, inexistence du contrôle exercé en principe par l’Etat, corruption…

L’Etat lui-même est parasité par une myriade de « machins », hautes autorités, hauts conseils et commissions diverses, qui vivent sur la bête et permettent de placer copains et obligés. Quant au parlement il n’a dans le régime de la Ve république qu’un rôle décoratif : l’assemblée sous la coupe de l’exécutif est une chambre d’enregistrement ; le sénat ne décide rien. Leurs effectifs respectifs sont pourtant supérieurs à ceux des leurs homologues américains.

Le secteur parapublic et associatif subventionné est un autre nid majeur de gâchis, qui permet de s’affranchir des règles du recrutement public et de la dépense publique. Les associations, en particulier, profitent de la multiplicité des guichets (les différentes administrations de l’Etat, collectivités locales, l’Europe…) pour empiler les subventions. On soulignera qu’un certain nombre de ces associations sont des officines militantes et des organes privilégiés de la propagande du Système : le secteur de la propagande dans les écoles et celui de l’encouragement de l’immigration sont particulièrement fournis.

Dans un tel contexte, la sphère publique est probablement le lieu d’une importante corruption. Selon l’ONG Transparency international, la France n’est que 23e dans la liste des pays les moins corrompus, moins bien classée que la quasi-totalité des autres pays occidentaux.

  • Une armée qui s’occupe de la défense des autres

Il apparaît que l’usage que font les autorités de l’armée française n’a pas grand rapport avec la défense nationale. L’armée est envoyée dans des opérations extérieures pour soi-disant lutter contre le terrorisme, alors que le terrorisme est bien présent sur notre propre sol. Elle est envoyée à l’étranger pour des opérations de maintien de la paix, alors qu’une situation de guerre civile s’est installée chez nous, que nos frontières sont des passoires et que de nombreuses enclaves étrangères de fait sont aujourd’hui solidement enracinés.

  • Des finances publiques depuis cinquante ans en mauvais état

Les comptes des administrations publiques (Etat, collectivités locales, sécurité sociale) enregistrent un déficit chaque année depuis 1975. De ce fait, la dette publique, qui constitue l’addition des déficits, est en augmentation continue. Alors qu’elle était de seulement 20 % du PIB en 1975, elle n’a cessé d’augmenter depuis, atteignant 100 % du PIB en 2018. La distribution de crédits publics, opérée par le gouvernement Macron pour absorber les décisions de confinement et de fermeture qu’il a cru devoir prendre contre le Covid, l’a même fait passer à près de 120 % du PIB. 

Les causes des déficits publics français devenus permanents sont doubles. La première est la politique de “traitement social” qui a été mise en place depuis des décennies pour limiter les effets sociaux du chômage et des délocalisations : création d’emplois publics surnuméraires, voies de garage du sous-emploi, assistanat. La deuxième cause de la dégradation des finances publiques est l’immigration, qui représente un coût de toute évidence majeur. Les immigrés étant pour la plupart dans une situation socialement moins favorable que les Français de souche, ce sont eux qui bénéficient de la plus grande part des dépenses publiques : logement social, accueil dans les services publics, prestations sociales de toutes natures.  

À suivre

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