Taubira, Taubira pas ? L’éternel fétiche de la gauche (Présent)

« J’assume pleinement la responsabilité de cet échec en me retirant de la vie politique. » Les mots de Lionel Jospin, éliminé au premier tour de l’élection présidentielle par Jean-Marie Le Pen résonnent encore aux oreilles d’une gauche qui a mis dix ans à évacuer le traumatisme. Les causes de cet échec, nombreuses, sont toutefois explicables par une réalité arithmétique : les candidatures dissidentes de Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira. Déjà à l’époque, le PS était pris en tenaille entre sa frange souverainiste et républicaine et les prémices de sa frange indigéniste et décoloniale. Ainsi était Christiane Taubira au PS, sa mauvaise conscience et l’un de ses nombreux points de repère. La diversité au service de la désunion, le charisme décuplé par les pulsions déconstructivistes.

En 2012, soucieux de ménager cette gauche et désireux de contrebalancer « la gauche dure » incarnée par Manuel Valls, Hollande la nomme ministre de la Justice. Le prix à payer fut lourd : afin de faire cohabiter ces deux gauches déjà irréconciliables, il fallait un président effacé et un Premier ministre au charisme inexistant. Le duo Hollande-Ayrault, disparu derrière le duel Valls-Taubira, n’avait qu’à attendre qu’un gagnant émerge. Et ce fut Valls qui remplaça Ayrault à Matignon. Bizarrement, à la fin, c’est Taubira qui gagna. De son côté, elle avait gagné bien plus qu’un poste éphémère à la fois culminant pour l’ancien maire d’Evry mais qui se mua vite en roche Tarpéienne. La Guyanaise quant à elle partit avec les honneurs d’être une cible et une icône du progressisme. Sacrée madone de l’antiracisme et du droit des minorités, elle se retira dans une retraite active, attentive aux ressacs et remous de la vie politique française. Sa force ? Ne pas s’être compromise avec le macronisme, faisant le pari que cette bulle éclatera d’elle-même. Fine, elle n’a pas participé au massacre du PS condamné à disparaître avec Faure et s’humilier avec Anne Hidalgo. Au fond, elle a compris que le seul costume qui lui seyait était celui d’autorité morale, finalement la carence principale d’une gauche tellement déconstruite qu’elle ne sait plus à quelle autorité se vouer.

Dans une passionnante enquête de L’Express, on apprend en détail comment Taubira s’active et bouge ses réseaux pour envisager un retour. Maligne, elle sait qu’elle peut attendre qu’on vienne la chercher. « Le bruit de son retour se fait toujours plus fort depuis un mois. Il faut dire que Christiane Taubira n’avance pas masquée. Elle a commencé par appeler les quatre mousquetaires de la gauche, il y a un peu moins d’un mois. De longues conversations sur l’état de la gauche avec Mélenchon et Roussel, le spectre d’un Eric Zemmour au second tour avec Hidalgo ou l’éventualité d’une défaite d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen à la faveur d’une abstention record avec Jadot. “Et toi, tu es toujours tentée ?”, osera l’un. Et l’intéressée de retourner la question dans un grand éclat de rire : “Parce que tu te retirerais si je me lançais ?” »

On sait qu’elle doit s’exprimer avant Noël. On sait aussi qu’il ne manque qu’elle et Ségolène Royal pour que la fête soit complète. Quitte à couler avec le Titanic, autant que ce soit tous ensemble et en musique !

Présent

https://www.tvlibertes.com/actus/taubira-taubira-pas-leternel-fetiche-de-la-gauche-present

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