Démission d’Alain Griset : quand Macron traitait le FN de « parti des affaires »

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« Le parti des affaires, ce n’est pas le mien, c’est le vôtre ». Le candidat Macron, avec le culot qu’on lui connait, assénait ces mots en regardant Marine Le Pen droit dans les yeux. C’était sur le plateau du débat de deuxième tour de l’élection présidentielle, en mai 2017.

Quatre ans plus tard, le bilan appelle le président-candidat à davantage de modestie. Ce 8 décembre, le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises Alain Griset, âgé de 68 ans, a donné sa démission du gouvernement où il était entré en bombant le torse en juillet 2020. Il vient d’être condamné à six mois de prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité de trois ans avec sursis. Motif : « déclaration incomplète ou mensongère » de sa situation patrimoniale. Le ministre n’avait pas jugé utile de signaler dans sa déclaration 171.000 euros dormant sur un PEA, 130.000 euros sur un autre PEA et des « participations directes » dans des sociétés. Le tribunal a relevé « une réelle volonté de dissimulation ». Hommage du Premier ministre, hommage du président de la République qui n’ont  de rien, Alain Griset n’a pas tout perdu. Les grands donneurs de leçon de la Macronie se soutiennent dans l’épreuve. Ils ont pris l’habitude des écarts de comportements.

Car Griset n’est que le dernier en date d’une longue liste de départs dans ce gouvernement criblé par les affaires. Ministre de la cohésion des territoires, Richard Ferrand démissionne dès juin 2017 du gouvernement. L’homme qui avait discrètement installé les Mutuelles de Bretagne (qu’il dirigeait) dans des locaux commerciaux propriété de sa compagne aura passé 33 jours et pas un de plus dans son ministère. Quelques jours plus tard, Sylvie Goulard, François Bayrou et Marielle de Sarnez quittent le navire à leur tour, après une enquête pour « abus de confiance » dans le dossier des emplois fictifs présumés du Modem au parlement européen. Le ministre de l’écologie Nicolas Hulot démissionne moins d’un an plus tard, de son propre chef. Accusé de viol, il a été défendu bec et ongles par Macron et le gouvernement, curieusement beaucoup plus discrets sur ce thème depuis quelques jours. En septembre 2018, c’est au tour de Laura Flessel, la ministre des sports, de partir elle aussi volontairement, sur fond de délicatesses avec le fisc. En juillet 2019, François de Rugy, nouveau ministre de l’écologie, s’enfuit, poursuivi par les homards qu’il s’offrait aux frais du contribuable. En décembre 2019, Jean Paul Delevoye, le Monsieur retraites du gouvernement, présente sa démission : il n’a pas déclaré toutes ses activités. En février 2020, Agnès Buzyn, ministre de la santé et des solidarités, est la 13ème ministre à démissionner et le 17ème membre du gouvernement à passer par-dessus le bord de ce radeau de la Méduse. Nous aurions pu allonger cette liste aux glorieux élus  dans toute la France.

Lors du débat d’entre deux tours, Macron pourrait bien s’entendre dire par son contradicteur : « Le parti des affaires, ce n’est pas le mien, c’est le vôtre ! ». A Boulevard Voltaire, on lui conseillerait charitablement d’éviter le sujet…

Marc Baudriller

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