Une vie pour l’Irlande : Padraig Mac Piarais

Ci-dessus : timbre irlandais célébrant le centenaire de la naissance de Pearse, 1979]

Poète, éducateur et soldat, tel fut Patrick Pearse (1879-1916), l’un des pères de l’Irlande libre. Jean Mabire, défenseur opiniâtre des patries charnelles et l’un des vrais inspirateur du renouveau révolutionnaire-conservateur en Europe, nous offre un élégant petit livre vert que tous les activistes des profondeurs serreront dans leur besace. 

Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande est édité par l’association identitaire “Terre & Peuple” ; c’est d’ailleurs son président, Pierre Vial, professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Lyon, qui préface ce précieux bréviaire dédié à Michel Déon, autre amoureux de la Verte Erin et bel éveilleur lui aussi. Je tiens en effet La Carotte et le bâton (Table ronde) et Les Poneys sauvages (Gallimard) pour des livres essentiels à la formation d’une sensibilité antimoderne, que tous nos amis doivent avoir lu, au même titre qu’Henri Vincenot ou Jean Raspail (Le Camp des Saints, qui serait aujourd’hui interdit !). P. Vial souligne la principale qualité de Pearse : il fut un intellectuel organique dans le meilleur sens du terme, un homme dévoué à sa patrie jusqu’à la mort, et qui mit en accord ses pensées les plus profondes et ses actes les plus risqués. Comme Grundtvig ou Petöfi, Pearse voua sa vie à la cause des peuples, la plus noble qui soit. Aujourd’hui comme hier, Pearse demeure un modèle pour nous autres, patriotes continentaux, puisqu’il avait compris que le combat culturel précède toujours l’action politique et que celle-ci peut, quand l’état d’urgence (Ernstfall) l’exige, se transformer en révolution armée. Jean Mabire dresse un portrait complet et attachant du poète, initiateur de la Renaissance gaélique (des vers aux fusils, la route est parfois moins longue que prévu), car il avait compris que la langue, comme la géographie, cela sert aussi à faire la guerre ! Pearse fut aussi éducateur de son peuple en créant le Collège où seront formés spirituellement (« Si l’Irlande spirituelle disparaît, alors l’Irlande réelle mourra aussi » aime à répéter Padraig Mac Piarais, forme gaélique de Patrick Pearse) et intellectuellement les Volunteers dont l’Irlande a tant besoin. Enfin, il assumera au moment voulu l’écrasante responsabilité de déclencher une révolte armée, la sixième en trois siècles, l’Uprising de Pâques 1916, écrasé dans le sang… par des bataillons de volontaires irlandais portant l’uniforme britannique. Pendant cette semaine folle et magnifique malgré le sang versé (une majorité de civils tués par les bombardements anglais : la tactique sera appliquée ailleurs, de Dresde à Bagdad), Pearse proclamera Poblacht na h Eireann, la République d’Irlande… même s’il fut un moment question de monarchie, avec un prince allemand comme Roi d’Irlande, ce qui aurait sans doute évité bien des drames. Au détour des pages, le lecteur croisera d’autres géants de l’histoire irlandaise : Michael Collins et James Connolly le socialiste, qui fut l’ami du nationaliste Pearse. Tous deux furent fusillés par les Britanniques. L’émotion suscitée par ce meurtre, un crime, mais surtout une faute politique, devait faire passer la population dublinoise au départ hostile aux insurgés dans le camp de la résistance nationale. Du sacrifice de Pearse naquit l’État d’Irlande, encore mutilé à ce jour de ses comtés du nord.

Jean MABIRE, Patrick Pearse : une vie pour l’Irlande, Éditions Terre & Peuple, 1998, 141 p. [commandable ici]

Sur l’Irlande, lire aussi, de Pierre Joannon, Michaël Collins (Table ronde) et Le Rêve irlandais (Artus), deux évocations passionnantes.

Padraig CanavanNouvelles de Synergies Européennes n°35/36, 1998.

***

Bibliographie :

  • Patrick Pearse et l’insurrection irlandaise de Pâques 1916 : textes politiques et littéraires inédits, Jean-Pierre Le Mat, Coop Breizh, 2000, 185 p.
  • Patrick Pearse, écrivain irlandais, Yann Quefféléant, thèse de doctorat en littérature anglaise, Université de Bretagne occidentale, 1999, 732 p.
  • L’Irlande militante : La vie de Patrice PearseLouis Napoléon Le Roux, Rennes, Imprimerie commerciale de Bretagne, Rennes, 1932, 336 p.
  • Irlande : la guerre de la liberté, Thierry Mudry, éd. Résistance et Intervention, Bruxelles, 1991

http://www.archiveseroe.eu/histoire-c18369981/59

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s