Les prolégomènes de l’attaque allemande contre l’URSS (22 juin 1941) 2/6

Sur base du droit des gens, les Soviétiques ont incorporé immédiatement dans leurs structures étatiques les territoires attribués à leur sphère d’influence. À l’aide de leurs techniques manipulatoires bien éprouvées, ils ont fait élire dès octobre 1939 des représentants pour les assemblées nationales ouest-ukrainienne et biélorusse. Ces 2 assemblées ont tenu diète séparément : l’une à Lvov (Lemberg ; Lviv) en Ukraine ; l’autre à Bialystok en Biélorussie. Les orateurs se sont succédé à la tribune pour dire que leur rêve le plus cher était d’être annexés à l’URSS (5). À la suite de quoi, les 2 assemblées nationales ont voté à l’unanimité pour l’annexion aux RSS de Biélorussie et d’Ukraine (6).

Dans les terrioires nouvellement acquis, les Soviétiques ont immédiatement dépossédé la “classe des exploiteurs et des propriétaires terriens”, ce qui englobait non seulement les gros propriétaires terriens polonais mais aussi tous les paysans, tous les entrepreneurs, petits industriels et commerçants. Tous perdirent définitivement leurs avoirs. On ferma également les écoles supérieures, les universités, les instituts de recherches et les bibliothèques ; de même, toutes les églises et toutes les synagogues (7).

Une bonne partie de la population de cette ex-Pologne orientale a été déportée par les Soviétiques : environ 1,2 million de personnes en 1939 et 1940. Beaucoup de Polonais tentèrent d’échapper au filet des organes de sécurité soviétiques. Ils gagnèrent la Lithuanie ou la Roumanie en grand nombre, mais la plupart d’entre eux se réfugia dans les zones occupées par les Allemands. Des milliers d’entre eux demandèrent aux autorités allemandes de rejoindre leurs familles, et, au grand étonnement d’un Khroutchev, parmi ces demandeurs d’asile, il y avait beaucoup de Juifs, qui souhaitaient s’installer dans les territoires sous contrôle allemand, sans craindre, apparemment, la terreur nazie (8).

Le Traité qui règle les problèmes de frontières, le Traité d’amitié et les accords commerciaux

Comment s’est agencée la collaboration germano-soviétique en Pologne occupée ? Le 28 septembre 1939, Allemands et Soviétiques signent un traité d’amitié qui règle en même temps les problèmes de frontières entre les 2 puissances ; ce traité confirme en gros les conventions en matières territoriales prises le 23 août 1939, mais avec les modifications suivantes : le Reich englobe désormais dans sa sphère d’influence la plus grande partie de la Pologne jusqu’au cours de la rivière Bug ; en contrepartie, l’URSS prend la Lithuanie dans sa propre sphère d’influence.

Tout aussi importants ont été les accords commerciaux d’une durée d’un an, signés le 11 février 1940 entre l’Union Soviétique et le Reich. Le volume des transactions s’élevait à 800 millions de RM. Selon ces accords, le Reich allait prendre livraison de matières premières indispensables à la guerre, du pétrole et divers minerais, des céréales, etc. dans des quantités telles qu’elles réduisaient presque à néant les effets du blocus britannique. L’Allemagne payait ces livraisons de matériels d’équipement de marine et de machines-outils (9).

Ces accords ne constituaient pas un traité commercial ordinaire mais bien plutôt un traité d’aide réciproque. La preuve ? L’URSS devait importer des matières premières pour pouvoir les vendre à l’Allemagne (par ex. le caoutchouc) (10). Autre clause importante pour l’Allemagne dans cet accord : l’URSS mettait ses chemins de fer à la disposition du commerce allemand pour le transit du pétrole roumain vers l’Allemagne ; de même, pour les marchandises en transit à travers la Pologne soviétisée et venant du Proche-Orient et de l’Extrême-Orient.

Qui plus est, l’Union Soviétique n’a même pas tenté de cacher à l’opinion publique internationale son option en faveur du Reich. Au contraire : quand Hitler occupe au printemps 1940 le Danemark et la Norvège, puis la France, Molotov lui envoie très officiellement des félicitations. Sur le plan idéologique également, les Soviétiques tentèrent de justifier les actions de leurs nouveaux amis face aux critiques et aux questions des partis communistes occidentaux.

Les premières tensions entre Berlin et Moscou

Les Soviétiques se sont efforcés, dans un premier temps, d’occuper réellement les territoires que Hitler leur avait permis d’inclure dans leur sphère d’intérêts. Des pressions d’ordre politique et militaire ont rapidement vaincu la résistance des gouvernements estonien, letton et lithuanien : ceux-ci accordèrent à l’Armée Rouge des points d’appui sur leur territoire.

Les Finlandais ne se plièrent pas aux exigences soviétiques. Le 30 novembre 1939, l’URSS attaque la Finlande. Malgré la supériorité des Soviétiques, les forces finlandaises parvinrent à tenir jusqu’en mars 1940. Le 12 mars 1940, Finlandais et Soviétiques négocient un traité de paix à Moscou. La Finlande cède plusieurs territoires caréliens à l’URSS.

Même si l’inclusion des Pays Baltes dans l’URSS s’était faite avec l’assentiment de Hitler, en pratique, les conflits n’ont pas tardé à survenir.

À suivre

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