Virus chinois

Le 30 octobre Xi Jinping ne s’est pas déplacé à Rome, pour la réunion au sommet des dirigeants du G20. Deux jours plus tôt c’est un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères, en date du 28, qui avisait en effet que sa participation se réduirait à une vidéoconférence. Il en irait de même pour la rencontre de Glasgow sur le Climat. S’agissant de celle-ci, son désaccord l’oppose aux grands pays engagés dans les idées à la mode, destinées à la sauvegarde de la Planète. Et la contribution concrète considérable du pays à la pollution mondiale reflète à cet égard le désintérêt de son régime.

Reste, indice plus préoccupant encore, qu’on ne prévoit plus sa venue au Sénégal pour le troisième sommet Chine-Afrique. C’est à distance, et sans s’exposer à la contagion par une présence physique qu’il entend exercer le rayonnement de l’Empire du milieu. Celle-ci se manifeste par plus de 12 000 projets, mis en route dans 165 pays, et par plus de 800 milliards de dettes, assorties de clauses léonines qui commencent à se concrétiser, telles que la cession de terres ou la concession de 99 ans accordée fin 2017 à la société d’État chinoise China Merchants Port Holdings sur le port de Hambantota, au Sri Lanka – face à l’Inde. La dette d’un pays chaotique comme le Soudan, évaluée aujourd’hui à 209 % de sa richesse nationale, sans véritables garanties, l’expose à toutes les contraintes. De nombreux pays surendettés, en Amérique latine et surtout en Afrique, l’ont été avec la complicité de dirigeants corrompus. Un procès retentissant se déroule ainsi au Mozambique qui les met en accusation, mais combien d’autres restent impunis.

Quant au créancier de Pékin, c’est par l’intermédiaire opaque de 300 institutions étatiques, toutes contrôlées par le parti communiste qu’il développe sa mainmise.

Xi Jinping n’apparaît lui-même qu’à bon escient, pour être applaudi et parfois pour menacer.

Peu perméable aux tentatives de dégel, le chef communiste se déplace donc de moins en moins personnellement à l’étranger, attitude commune aux dictateurs paranoïaques du XXe siècle, tel Staline.

Âgé de 68 ans, Chef de l’État, président de la Commission militaire centrale et secrétaire général du parti communiste, sans doute est-il absorbé par des tâches plus urgentes à ses yeux que de rencontrer d’oiseux dirigeants suspects de démocratie, voire de sympathie pour la réadmission officielle de Taïwan dans le concert des nations, et notamment dans les instances destinées à la lutte mondiale contre la pandémie.

L’absence du chef communiste chinois Xi Jinping est finalement parvenue à jeter un froid. « Il n’est, disait Witold Gombrowicz, de si bonne ambiance qu’on ne puisse gâcher ».

Xi avait pourtant mis à profit son intervention pour faire un monologue en forme de tribune supposée refléter ses bonnes intentions, vantées par l’agence Xinhua.

Selon son ministère des Affaires étrangères, son pays aurait donc procuré à ce jour plus de 1,6 milliard de doses de vaccin contre le coronavirus à plus d’une centaine de pays et organisations internationales. Et, sur l’ensemble de l’année 2021, c’est plus de 2 milliards de doses qui devraient ainsi être généreusement fournies au reste du monde. Merci qui ?

Le camarade Xi propose aussi un soutien financier à la campagne mondiale de vaccination. Sans surprise sa bonté se propose d’aider ainsi les pays pauvres, dont des dizaines d’entre eux sont déjà criblés de dettes détenues par Pékin. Il souligne avec emphase la nécessité de soutenir l’Organisation mondiale du commerce, dont le directeur général éthiopien, élu pour 5 ans en mai 2017, est son obligé le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Tous deux militent, si l’on ose dire, pour un abandon rapide des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre le Covid-19. Une telle proposition, d’apparence humanitaire, dirigée contre les affreux laboratoires privés capitalistes, ne peut pourtant conduire qu’au gel de la recherche médicale, comme l’ont montré les 70 années de l’expérience soviétique.

Significativement, le 30 octobre Xi Jinping a refusé l’idée de rechercher sur l’origine du coronavirus. Il accrédite ainsi l’odieux soupçon propagé des officines atlantiques et l’infâme habitude de Donald Trump de qualifier de chinois le virus paru fin 2019 à Wuhan.

Le mot d’ordre consiste à dire que le virus chinois n’existe pas, on doit surtout se méfier du variant indien. Il existe sur les cinq continents, un certain nombre de gens qui se proposent de résister aux injonctions de la dictature communiste de Pékin. Bienvenue au club.

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/

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