Joe Biden : la baudruche économique se dégonfle.

En être réduit à ça à son âge…

Souvenez-vous des exclamations de nos médias après l’élection (dans les conditions que l’on sait) de Joe Biden, à la présidence des Etats-Unis et contre leur ennemi de toujours, Donald Trump : ON ALLAIT VOIR CE QU’ON ALLAIT VOIR !

On a déjà vu… l’échec des projets d’accueil des migrants sud-américains par le nouveau président, rapidement confronté à des hordes de miséreux, appâtés par ses promesses électorales et contraint d’en revenir aussitôt… aux dispositions prudentes de son prédécesseur (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/03/27/joe-biden-le-desastre-national-commence/ mais aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/05/07/les-mineurs-non-accompagnes-de-joe-biden/ ).

Mais ce n’était pas tout. Elu président, Joe Biden voulait promouvoir « la concorde nationale« . Aujourd’hui, il peine à relever ce défi… au sein de son propre parti. Jeudi 28 octobre, la Maison Blanche a voulu interrompre les empoignades entre démocrates au sujet du projet législatif majeur qu’est le plan Build Back Better (BBB, « reconstruire mieux »), qui prévoit de revitaliser l’Etat-providence et d’investir massivement dans l’économie verte. Une sorte de nouveau plan-Obama dont on sait ce qu’il a donné. Pour cela, elle a publié un long texte-cadre dessinant les grandes lignes du projet, après deux mois de négociations acharnées entre l’aile gauche du parti, devenue son centre de gravité, et deux sénateurs modérés, Joe Manchin (Viriginie-Occidentale) et Kyrsten Sinema (Arizona). La version finale prévoit une enveloppe de 1 750 milliards de dollars (1 500 milliards d’euros) au lieu des 6 000 initialement prévus, pour des mesures allant de la garde d’enfants à l’extension de la couverture médicale, en passant par un effort de 555 milliards de dollars dans la lutte contre le changement climatique.

Le président des Etats-Unis espérait ne pas arriver les mains vides au sommet du G20 en Italie, qui a débuté hier 30 octobre, et surtout à la conférence sur le climat (COP26), à Glasgow (Ecosse). La capacité de l’Amérique à montrer l’exemple dans ce domaine est en jeu. Il sait aussi à quel point les atermoiements démocrates pourraient peser dans l’élection décisive pour le poste de gouverneur de Virginie, le 2 novembre.

Repoussant de quelques heures son déplacement à Rome, Joe Biden s’est rendu une nouvelle fois au Capitole, jeudi matin, afin de s’entretenir avec les élus démocrates et les convaincre d’accepter les douloureux compromis qui jalonnent le texte-cadre. Bernie Sanders (Vermont), par exemple, voulait une extension de la couverture médicale aux soins dentaires et ophtalmologiques. Ils ne sont plus mentionnés. Seuls les appareils auditifs pour personnes âgées sont pris en compte. Autre mesure phare que promouvait l’aile gauche du parti, la possibilité, pour le système de santé, Medicare, de négocier le prix des médicaments avec les industriels du secteur. Abandon. Même sort pour le congé parental, ramené de douze à quatre semaines au fil des négociations, et finalement rayé du projet…

« Personne n’a obtenu tout ce qu’il voulait, y compris moi, mais c’est ça, un compromis. Un consensus. Et j’ai fait campagne là-dessus », a expliqué Joe Biden à la Maison Blanche, lors d’une allocution à la mi-journée. « Il ne s’agit pas de la gauche contre la droite ou des modérés contre les progressistes ou d’autre chose montant les Américains les uns contre les autres, a-t-il ajouté. Il s’agit de la compétitivité contre la complaisance. » Mais comment focaliser l’attention sur les progrès envisagés et non sur les renoncements ? Telle est toute la difficulté pour la Maison Blanche. Les superlatifs tombent en pluie fine dans le communiqué, pour se féliciter d’un texte « historique »Mais rien n’étant acquis, cette communication ressemble à un tour d’honneur avant la fin de la course. Ou à un bluff politique risqué, faute d’alternative. Du Biden pur jus.

Depuis des semaines se profilait le paradoxe suivant pour la Maison Blanche : promettre la lune crée les conditions d’une déception, alors même que la proposition finale demeure importante. Disposant de la plus courte majorité possible au Sénat (50-50, avec en plus la voix déterminante de la vice-présidente, Kamala Harris), l’administration Biden s’est pourtant engagée dans des projets législatifs très ambitieux, avec le plan de modernisation des infrastructures (1 200 milliards de dollars) et le BBB.

Depuis le début de l’été, l’enveloppe n’a cessé de se réduire pour ce dernier, de 6 000 milliards de dollars à 1 750 milliards. Plutôt que de se concentrer sur un ou plusieurs objectifs clairement identifiés, et faciles à saisir pour l’opinion publique, le camp démocrate a fini par s’enfermer dans une négociation interne, dont chaque volet semblait aux enchères. Quand tout est prioritaire, rien ne l’est plus.

Le communiqué de jeudi a pour objectif de fixer le périmètre final du BBB. Pourtant, chaque camp espère encore pousser ses pions. Un échec aurait sans doute des conséquences dramatiques pour le camp démocrate, dans la perspective des élections de mi-mandat, à l’automne 2022. Mais, au-delà du contenu du projet et des problèmes de séquençage politique, les ego sont exacerbés, et le ressentiment sourd. Pendant ce temps, les républicains observent, en spectateurs, cette longue séquence confuse. Sur la chaîne Fox News, les sarcasmes s’enchaînent et Donald Trump reprend du poil de la bête.

Joe Biden espère encore une sortie par le haut, mais la voie semble étroite. « Il n’est pas exagéré de dire que les majorités à la Chambre et au Sénat, et ma présidence, seront déterminées par ce qui se passera au cours de la semaine à venir », a dit le président aux élus de son parti, selon plusieurs médias américains. Mais Pramila Jayapal, la chef de file du groupe progressiste démocrate à la Chambre, ne cède pas : elle veut promouvoir simultanément les deux paquets législatifs, le texte sur les infrastructures et le BBB, en n’acceptant pas de voter de façon préalable sur le premier. Soit une répétition exacte du blocage survenu le 1er octobre, lors de la visite précédente de Joe Biden au Congrès. Seule satisfaction pour le président : les progressistes ont formellement apporté leur soutien, jeudi après-midi, au texte de la Maison Blanche. Mais ils redoutent de se faire abuser sur le BBB tant qu’il n’est pas gravé dans le marbre.

Détail qui en dit long sur l’ambiance dans les rangs démocrates : Pramila Jayapal réclame des « garanties » de la part des sénateurs Manchin et Sinema, en soutien du BBB. Mais la défiance s’est creusée dans le Parti démocrate entre les deux modérés et le groupe progressiste. En saluant des« progrès significatifs » dans le document de la Maison Blanche, sans dire clairement qu’elle voterait pour le texte, Mme Sinema n’a fait qu’entretenir cette incertitude. M. Manchin est demeuré dans une ambiguïté semblable, estimant que la parole du président devrait suffire.

M. Biden évoque l’ampleur du vote populaire en sa faveur, soit 81 millions d’Américains, en demandant qu’ils soient respectés (même si les soupçons de fraude électorale entacheront longtemps encore son mandat). « Payez votre juste part ! », a répété trois fois le président à l’intention des grandes corporations et des milliardaires, penché sur son pupitre sans relever la tête. En revanche, il n’a pas adressé d’ultimatum public aux élus démocrates. Les plaçant devant leurs responsabilités tout en les ménageant, Joe Biden se trouve à la merci de nouvelles manœuvres dilatoires.

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/10/31/joe-biden-la-baudruche-economique-se-degonfle/

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