Crise des institutions européennes

La réunion du conseil européen, ouverte ce 21 octobre, offrait d’emblée une occasion à ce qu’on appelle, dans le vocabulaire communiste, une franche explication entre camarades.

Le 7 octobre en effet quelque 12 ministres de l’Intérieur sur les 27 gouvernements que compte l’Union européenne, ont adopté ouvertement la position de Varsovie dans la question de l’immigration. Citons ici dans l’ordre alphabétique la liste des pays signataires d’une lettre manifestant à la Commission européenne leur mécontentement à propos de la politique d’immigration et d’asile. Il s’agit de l’Autriche, la Bulgarie, Chypre, du Danemark, de l’Estonie, de la Grèce, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Pologne, de la Slovaquie et de la Tchéquie.

Quant à la Slovénie qui préside le Conseil pour encore trois mois on sait qu’elle se situe dans le même groupe sans pouvoir protocolairement l’exprimer.

La ligne immigrationniste qu’ils dénoncent et combattent tous a été imposée par Angela Merkel depuis 2015, non seulement aux Länder allemands, mais dans la pratique à toute la bien-pensance continentale.

Rappelons que cette orientation a joué un rôle décisif dans le basculement de 52 % des Britanniques en faveur du Brexit en juin 2016.

Or, toujours là, quand il s’agit de faire passer les mots d’ordre du mondialisme, le président de la république française, en campagne pour sa réélection s’est chargé de faire la leçon au premier ministre polonais.

L’offensive porte sur une jurisprudence du Tribunal constitutionnel de Varsovie. On pourrait pourtant trouver  sa doctrine assez analogue à celle de la cour allemande de Karlsruhe, rappelée plusieurs fois avec éclat dans d’autres dossiers.

Remarquons aussi qu’à Paris ceux qu’on appelle les « Sages » (?), par leur, Décision n° 2021-940 QPC du 15 octobre 2021 viennet de se prononcer sur une affaire de droit d’asile. La question préalable de constitutionnalité était posée par la Société Air France à propos de l’Obligation pour les transporteurs aériens de réacheminer les étrangers dont l’entrée en France est refusée. Le Conseil constitutionnel français a tranché : « La transposition d’une directive (européenne) ou l’adaptation du droit interne à un règlement ne sauraient aller à l’encontre d’une règle ou d’un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France« .

On prétend aussi que la Pologne, comme d’ailleurs la Hongrie et les autres pays du groupe protestataire, prenant des orientations conservatrices, remettent par là même en cause « le droit européen ». On invoque ici faussement « l’état de droit »et tous les acquis du syndicat des destructeurs. Interdire dans les lycées de Budapest la propagande LGBT auprès des adolescents serait ainsi contraire aux « valeurs ».

Le spectre d’un Polexit semble, certes, s’éloigner depuis les déclarations du premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. « Nous n’agirons pas sous la pression du chantage [mais] nous sommes prêts au dialogue »a-t-il rappelé à l’issue de son entretien avec Emmanuel Macron.  

Or, le journal L’Opinion, qui se veut « européen, libéral et pro business » vient, le 15 octobre, de donner complaisamment la parole à un eurodéputé Sandro Gozi. Il s’agit d’un représentant du parti démocrate italien fondé sur les décombres du parti communiste et de la démocratie chrétienne de gauche. Il appartient au groupe Renew auquel adhèrent les élus macroniens, et qui s’apprête à élire à sa tête une gloire française : Stéphane Séjourné, « connu pour son rôle de conseiller à l’Élysée »précise-t-on. Ce personnage décrit ouvertement le véritable instrument de pouvoir du système : « Il faut suspendre, disait tranquillement Sandro Gozi, les fonds européens pour les pays qui violent les libertés fondamentales »

Il se trouve qu’en théorie « on » se prépare ces temps-ci à « réfléchir sur l’avenir de l’Europe ». Et la perspective de la présidence européenne de la France pour six mois, qui sera occupée par Macron, candidat à sa réélection, offre un terrain de propagande et de manipulation de l’opinion rêvé.

Dans ce but, sans qu’à peu près personne n’y fasse concrètement attention en France, ni dans les médias qui fabriquent l’opinion, ni encore moins dans le grand public, on a tiré au sort 800 citoyens supposés. Le processus a été lancé, dans l’indifférence générale ce 9 mai. Il suit le modèle de la Convention citoyenne pour le climat de 2019, basée sur la manipulation par les experts gouvernementaux au nom de la prétendue démocratie participative.

Il paraît donc urgent d’alerter les citoyens sur les dangers de cette manœuvre. Non pour s’opposer à l’Europe, mais au contraire pour la sauver, et réfléchir en effet à son avenir, mais dans le bon sens.

JG Malliarakis  

https://www.insolent.fr/2021/10/crise-des-institutions-europeennes.html

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