Arme migratoire et défense de l’Europe

Après des décennies d’aveuglement de nos dirigeants, et parfois de complicités, un certain nombre d’États européens semblent en train de prendre la mesure du péril migratoire. Certains se trouvent même en pointe sur le terrain de la nécessaire mise en place d’une riposte. Il est vrai qu’en réalité, le phénomène qui nous menace ne peut guère être comparé dans la grande histoire qu’à celui des grandes invasions contemporaines de la décomposition et de la chute de l’empire romain d’Occident au cours du Ve siècle. [1]

On pourrait, à cet égard, [presque] dire merci aux deux présidents biélorusses et turcs, Loukachenko et Erdogan, tant leurs implications grossières dans le dispositif des nouvelles invasions devraient nous éclairer définitivement. L’un comme l’autre en effet menacent de plus en plus ouvertement d’utiliser les candidats à la migration, et les réseaux de passeurs, comme autant d’armes de désintégration massive de nos sociétés. Le premier, au nord-est, cible les pays baltes et la Pologne, le second, au sud-est, se sert de la route des Balkans. Les pays du Maghreb agissent, au sud-ouest, dans la pratique exactement de la même manière en direction de l’Espagne. Mais, plus habiles ou plus sournois, ils savent ne pas l’affirmer aussi clairement.

Cette conjonction du nord et du sud entraîne désormais et suggère de plus en plus un front commun, que d’ailleurs les organisations d’utiles idiots, – cette expression de Lénine désigne les fameuses « associations », les prétendues « ONG » – ne manquent pas de dénoncer.

À cet égard, une importante interrogation faite par un commentateur régulier de cette chronique trouve bel et bien sa réponse. Du fait de la « pluralité des dangers », on a pu craindre, et même déplorer, longtemps « un grand écart géopolitique ».

Pour ne citer qu’un exemple, on se souviendra de l’époque des années 1960-1970 où les « Occidentaux », et pour être précis : aussi bien l’OTAN que la Grande Bretagne ou le « génial Kissinger », soutenaient les Turcs dans le conflit chypriote. Celui-ci pouvait être impunément qualifié en 1974, de « guerre tribale » par le colonel Dabezies considéré à Paris comme un grand stratège… [2]

Aujourd’hui, fort heureusement une majorité parmi les États européens est en train de dessiner et de prendre conscience de ce qui est exactement le contraire d’une guerre tribale. Certes, aux yeux de certains ce ne semble s’exprimer hélas qu’en termes de retombées sécuritaires dans certaines de nos grandes villes. Mais en réalité ce choc des civilisations est instrumentalisé. Et la manœuvre est conduite non seulement par le gouvernement d’Ankara et par ses services spéciaux au nom d’un islamisme mondial mais aussi, conjointement, par les métastases mafieuses et dictatoriales issues du communisme international. L’alliance scellée à Bakou en 1920 fonctionne mieux que jamais.[3]

Au cours de l’année écoulée, en réponse à ces agresseurs, un rapprochement entre les pays du front « nord » et ceux du front « sud » s’est concrétisé entre le forum stratégique de Bled organisé du 31 août au 2 septembre par la Slovénie. Ce pays exerce actuellement la présidence de l’Union européenne et ce sont les dirigeants de pays allant de la Lituanie à la Grèce, ce dont évidemment les médias hexagonaux ne parlent pratiquement jamais, se sont accordés pour « ne plus répéter l’erreur » de 2015, commise sous l’influence d’Angela Merkel. Cela s’est concrétisé par l’accord de Budapest entre la Serbie et la Hongrie du 8 septembre, (seul Présent en parle ce 22 septembre cf. numéro 9957 en kiosque, en ligne https://present.fr/2021/09/21/le-tour-du-monde-de-phileas-fogg-106/). Le but résumé par Viktor Orban tend explicitement à reconstruire l’Europe centrale, broyée depuis 1945 par les accords de Yalta. Le moyen : se mobiliser pour faire face au chantage migratoire.

Comment ne pas applaudir à cet excellent programme ?

JG Malliarakis  

Apostilles

  1. La différence à noter tient à ce que les principales vagues, alors qualifiées de « barbare » par les Gallo-romains, se recrutaient dans des populations de même souche et de religions apparentées, l’arianisme ne se présentant que comme une variante du christianisme sur un fond de paganisme germanique de même origine que le dodécathéisme gréco-romain… Le baptême de Clovis doit être considérée comme sa conversion à la religion du peuple qu’il allait gouverner. Le mot « barbare » est emprunté abusivement à la langue grecque qui désignait ainsi les Perses.
  2. Couvert de diplômes, ce « gaulliste de gauche », ancien aide de camp de Pierre Messmer au ministère des armées, se ralliera à Mitterrand deviendra ambassadeur au Gabon et présidera la Fondation pour les études de défense nationale avant de soutenir la candidature de Chevènement en 2002.
  3. À lire et faire lire en relation avec cette chronique
    « La Faucille et le Croissant » par JG Malliarakis 
    Islamisme et Bolchevisme au Congrès de Bakou.
    En 1920, sur les bords de la Caspienne, s’est forgée une alliance entre révolutionnaires marxistes et nationalistes musulmans. Vaincus à l’ouest, Lénine et les bolcheviks entreprirent d’enrôler sous leur bannière, à l’est, les peuples de l’Orient. L’alliance fut solennisée par Zinoviev. Alors président de l’Internationale communiste, orateur enflammé, il en appelle au djihad… L’orateur ne peut pas continuer son discours. Les assistants applaudissent et brandissent leurs armes (…)
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https://www.insolent.fr/2021/09/arme-migratoire-et-defense-de-leurope.html

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