Lybie 2011-2021, merci qui ?

Dix ans en enfer

Dix ans de guerres, dix ans de crises. Depuis l’intervention de l’OTAN en Libye, intervention provoquée entre autres par un certain Bernard-Henri Lévy, le pays ne parvient pas à se relever, même si l’organisation prochaine d’élections fait naître quelques espoirs…

Le 20 octobre 2011, le général Mouammar Kadhafi était lynché à mort par une foule chauffée à blanc par l’intervention militaire de la France, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne quelques mois auparavant. Cela mettait fin à près de neuf mois de troubles et marquait le début d’une nouvelle ère, une ère non pas synonyme de liberté, comme le promettaient les protagonistes des « printemps arabes », mais une ère faite de souffrances, de guerres civiles et de privations.

L’un des responsables du chaos était l’éternel fauteur de guerre, Bernard-Henri Lévy, qui, dès février 2011, avait pris fait et cause pour les rebelles libyens contre le général Kadhafi. Plus tard, il se vantera même d’avoir lancé la reconnaissance du CNT (Conseil national de transition), tête de proue de la révolte, à tendance islamiste, en promettant à ses responsables une rencontre à l’Elysée avec Nicolas Sarkozy sans même que ce dernier en ait été averti !

Une histoire qui amuse toujours Bernard-Henri Lévy. Ce dernier ne s’émeut jamais des conséquences de ses actes. Très vite, des scènes abominables en provenance de Libye furent diffusées sur Internet, notamment des marchés aux esclaves. Le philosophe à la chemise déboutonnée, lui, était déjà loin.

Gouvernement impossible

En août 2012, le CNT transmettait le pouvoir au CGN (Congrès général national), mais ce gouvernement était en vérité impuissant face aux conflits qui opposaient les différentes tribus dans chaque région et continuaient d’augmenter le nombre de victimes. Le CGN ne parvint pas non plus à enrayer la progression des groupes djihadistes.

Des élections étaient organisées en 2014 mais débouchaient sur un désaccord entre les différents protagonistes, et deux gouvernements voyaient le jour simultanément. Nouvel échec en décembre 2015, avec cette fois une véritable partition du pays et, dans les grandes lignes, un camp mené par Fayez el-Sarraj à l’est dans la région de Tripoli et un camp mené par Khalifa Haftar à l’ouest dans la région de Benghazi. S’ensuivirent plusieurs années de guerre civile marquées par des alliances avec des puissances étrangères, notamment la Turquie d’un côté et la Russie de l’autre.

En parallèle, les luttes avec les groupes islamistes – y compris l’Etat islamique – se poursuivaient, tout comme les pénuries en tous genres. Productrice d’électricité, la Libye n’est plus aujourd’hui en mesure de fournir tous ses habitants. Le pain, lui aussi, commence à manquer.

Un timide espoir est toutefois apparu en mars dernier avec la création d’un gouvernement unique chargé d’organiser des élections en décembre prochain, mais l’atmosphère toujours très conflictuelle et le calvaire économique du pays font douter de l’efficacité d’une telle démarche. La Libye ne peut plus compter sur ses infrastructures, détruites lors des guerres civiles, tandis que les installations pétrolières, après avoir été pillées, sont désormais sources de pressions entre rivaux.

Face à cette situation dramatique, certains envisagent un retour aux commandes du clan Kadhafi et plus précisément de l’un de ses fils, Seïf al-Islam. En juillet dernier, il donnait une interview au New York Times et indiquait qu’il reviendrait vite dans le combat politique de son pays. A moins que BHL ne l’en empêche…

Présent

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