Fiscalisme et prix de l’énergie

La question du prix des diverses formes d’énergie, indispensables à notre vie de tous les jours, est en train d’engendrer un problème social. Elle devient ainsi un marqueur politique.

On ne s’attardera pas dans le cadre de la présente chronique à vouloir aborder, encore moine à prétendre résoudre ses dimensions techniques.

D’autres l’ont fait, par exemple le président de la Commission de régulation de l’énergie, Jean-François Carenco qui souligne courageusement, un aspect à ne jamais perdre de vue : « Depuis dix ans, l’énergie, c’est la vache à lait de l’État »(1)⇓

Les taxes franco-françaises en effet impactent le tiers du prix de l’électricité et plus encore de ceux du pétrole ;

Ce point crucial est directement lié à la faiblesse des pouvoirs politiques successifs. Ils ont abusé d’une recette, d’origine sainement conservatrice, et non socialiste, certes. Elle remonte à l’idée chère à Adolphe Thiers d’un impôt objectif et proportionnel (2)⇓ . Elle fut modernisée en 1952 par Eugène Schueller, qui n’était guère de gauche, sous la forme de l’impôt sur l’énergie.

Constatons ici une fois de plus combine les meilleurs médicaments se transforment en poison lorsqu’on dépasse la dose prescrite raisonnable. Or, nos dernières et lamentables présidences l’ont toutes fait depuis plus de 30 ans.

Une autre remarque devrait aussi s’imposer. Le gouvernement a cru nécessaire de rétablir, au moins nominalement et fictivement, un commissariat au Plan. Celui-ci a été confié à un allié souvent maltraité de la « majorité » présidentielle et parlementaire de 2017, l’honorable maire de Pau, chère capitale du Béarn. Peut-être s’agissait-il, jetant le citron après l’avoir pressé, de s’en débarrasser, comme la cinquième république aime à le faire de ses hommes politiques quand elle les envoie dans les institutions européennes… Toujours est-il que cet organisme, dont l’utilité immédiatement opérationnelle ne saute pas aux yeux, existe. Il produit des travaux prospectifs, sous forme de rapports que lisent, malheureusement, trop peu de citoyens et moins encore d’observateurs agréés, et dont le chaînes d’info en continu ne tiennent aucun compte. Ils pourraient cependant servir à éclairer objectivement les citoyens et contribuables sérieux. [Ça existe.] Ainsi a-t-il osé sonner l’alarme à propos du problème démographique français, une des composantes, pas la seule, de l’appel à l’immigration.

Sur la question énergétique, on trouvera aussi un rapport du Plan, qui démontre, sans surprise pour nous, mais au grand dam des écolos, la nécessité, l’urgence de réhabiliter le nucléaire.(3)⇓

Ce document de 37 pages s’intitule à juste titre « Électricité le devoir de lucidité ». Il s’inscrit évidemment en faux contre la voie catastrophique choisie par Mme Merkel, sous prétexte de l’émotion disproportionnée face à l’accident de Fukushima en 2011.

Quoi qu’il en soit, l’hiver à venir risque fort de coûter cher à l’économie, aux ménages plus encore qu’aux entreprises, en termes de factures de gaz, d’électricité et de carburant.

Le pouvoir actuel se trouve en partie tétanisé par la perspective d’un nouveau mouvement des Gilets jaunes. Celui-ci risque d’ailleurs de se montrer d’autant plus combatif que la Macronie a roulé dans la farine, et l’imposture du « grand débat », sa première édition de 2018.

Pour en éviter la réapparition, il va se trouver amené à faire des choix. Et l’on peut redouter que dans l’urgence il adopte les orientations les plus destructrices, celles que les politiciens adorent : inventer et distribuer des allocations compensatoires, en faveur de telles ou telles catégories sociales désignées comme les plus démunies.

L’opposition semble déterminer à ne pas tomber dans le piège d’une telle démagogie sectorielle.

Ainsi le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée, Damien Abad, député de l’Ain, souligne justement que le « chèque carburant » ne répondra pas aux attentes des classes moyennes. On ne le contredira pas sur ce point. Mais il conviendrait d’aller plus loin, ce qu’il ne semble pas prêt à oser. Remarquons qu’il a choisi de soutenir Xavier Bertrand dans la course aux soutiens de la droite classique en vue de la présidentielle. Ce faisant, il rend un certain service, ayant décidé de ne pas citer ses concurrents dans l’ordre officiel, alphabétique, des postulants. Il dévoile celui de leur détestation grandissante par le grand-orient de France et par la Macronie. Citons donc son énumération : « la victoire se jouera de manière collective, avec Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti, autour d’un capitaine, le mieux placé ».(4)⇓

Un Bruno Le Maire, de son côté, croit s’en tirer avec la seule mise en cause du « marché européen de l’énergie », ce qui ne mène à rien, dans la mesure où la France est exportatrice de son électricité nucléaire.

La concurrence par elle-même rend les gens plus intelligents. Même si elle n’agrée pas à L’Opinion « quotidien pro-business » la voie préconisée par le compétiteur Barnier, dans le champ des possibles, nous semble ici quand même plus nette. Elle est celle de la baisse des taxes(5)⇓.

Une telle solution serait évidemment la moins fiscaliste et la plus saine. Elle se révélera, aussi, la plus difficilement compatible avec le catastrophique « quoiqu’il en coûte » proféré par le président actuel en mars 2020.

JG Malliarakis  

Apostilles

1) cf. entretien publié par Adrien Pécout dans Le Monde

2) Lire au besoin son ouvrage « De la propriété, du communisme du socialisme et de l’impôt »

3) cf. Rapport n° 4 du 23 mars « Électricité : le devoir de lucidité » mis en ligne par le Haut-Commissariat au Plan et téléchargeable

4) cf. l’entretien publié par « l’Opinion vidéos ».

5) cf. « Hausse des prix des carburants: Michel Barnier favorable à la baisse des taxes »

https://www.insolent.fr/

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