In memoriam Laurent Wetzel

La disparition de ce vieil ami, âgé de 71 ans vient en un temps de pleine polémique entre ce qu’on appelle aujourd’hui la pseudo « mémoire », phénomène social peu fiable, et l’histoire, quête ardente et méthodique de l’exactitude des faits.

De la «mémoire» en effet il convient de toujours se garder, sans même l’honorer du qualificatif de mythe.

Laurent Wetzel était pour moi un de ces amis proches, avec lesquels on partage les mêmes convictions et les mêmes répulsions. « Je sais, disait Péguy, quels êtres me sont respirables et quels autres me font horreur« . Depuis deux ans, hélas, tant d’entre eux disparaissent les uns après les autres, sans lien la plupart du temps, faut-il le remarquer, avec la pandémie venue de Chine.

Normalien, il avait notamment écrit un livre important : « Ils ont tué l’histoire géo » publié en 2012 chez François Bourin. La mort accidentellle de cet homme de grande culture, et d’une grande bonté, me prive d’un ami. Au moins lui aura-t-elle épargné à ce grand patriote la vue de ce que la France semble en train de devenir, entre invasion et repentance.

La messe catholique de ses funérailles en l’église Sainte-Jeanne-d’Arc de Versailles, ce 18 octobre, fut, sinon une consolation, du moins un beau moment d’hommage et d’adieu.

Voici exactement ce que sa fiche wikipedia écrit, de manière précise et chirurgicale, à ce jour, à propos de l’affaire qui va bouleverser son existence, affaire que ni les communistes ni les chiraquiens ne lui pardonneront jamais : d’avoir lutté pour la vérité et la liberté. S’étant fait élire comme anticommuniste en effet, il avait osé tenir ses promesses en procédant dans sa ville, une fois élu, à la « débolchévisation du paysage urbain ».

À la suite des élections municipales de 1983, Laurent Wetzel était devenu conseiller municipal d’opposition UDF-CDS de Sartrouville, deuxième commune du département des Yvelines.

En octobre 1983, il refuse d’assister à l’inauguration d’une rue Marcel Paul en rappelant, entre autres, les agissements partisans de ce militant communiste dans le camp de Buchenwald. Il a révélé qu’en 1952 et 1953 la qualité de « déporté-résistant » avait été refusée à Marcel Paul parce qu’il avait été « arrêté pour des faits à caractère politique et non résistant » et parce qu’il « s’était rendu coupable, au cours de sa déportation, d’activités contraires à l’esprit de la Résistance ». Cela lui a valu un déluge d’injures et un procès intenté par des associations de déportés et de résistants proches du Parti communiste.

Le 17 janvier 1985, le Tribunal de grande instance de Versailles le relaxe du grief de diffamation de la mémoire de Marcel Paul, après qu’il eut obtenu de la 17e Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris en décembre 1984 la condamnation de ses adversaires pour injure publique. En 1985, aux élections cantonales, Laurent Wetzel bat avec 56 % des voix le conseiller général sortant de Sartrouville, François Hilsum, membre du comité central du PCF, directeur-adjoint de L’Humanité et rédacteur en chef de L’Humanité-Dimanche. Il devient le suppléant du député de la 5e circonscription des Yvelines de 1988 à 1993.

Élu maire de Sartrouville en 1989 en battant Auguste Chrétienne, maire communiste depuis 30 ans, Laurent Wetzel procède, alors que tombe le Mur de Berlin, à une opération de « débolchévisation du paysage urbain ». Le Conseil municipal renomme la rue Hô Chi Minh, Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny; la rue Karl-Marx, Alexis-de-Tocqueville; la rue Lénine, Général-de-Gaulle; la rue Marcel-Cachin, Charles-Péguy; la rue Maurice-Thorez, Robert-Schuman; la rue Benoît-Frachon, Léon-Jouhaux; la rue Paul-Vaillant-Couturier, Pierre-Brossolette; la rue Jacques-Duclos, Saint-Exupéry, la rue Marcel-Paul D’Estienne-d’Orves, la rue Ambroise-Croizat Claudius Petit et la rue 19-Mars-1962, Bachaga Boualam. La salle municipale Nelson Mandela est également rebaptisée Félix Éboué.

Il a raconté la suite en 1997 dans un livre intitulé « Un internement politique sous la Ve République. Barbouzes et blouses blanches » publié chez Odilon Media.

La vengeance des communistes et de leurs alliés de toujours s’est abattue sur lui. Je suis heureux de l’avoir connu et fier d’avoir partagé avec lui le pain de l’amitié.

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/

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