Crise politique du modèle social

En cet automne si particulier, aux allures de printemps parfois, et où toutes les activités d’hier, celles d’avant la crise sanitaire, semblent décidées à renaître, la gauche politique s’ingénie à réinventer l’agitation sociale.

Les sondages actuellement très défavorables et la division profonde de ses porte-drapeaux du moment, entre Mélenchon, Jadot et la lanterne rouge Hidalgo, redonnent des espoirs à défaut d’un véritable rôle à d’autres revenants. Ils reprennent impunis du poil de la bête. L’indécrottable CGT, en recul pourtant constant même dans ses bastions traditionnels, relance ses mots d’ordre de grèves et de manifestations. Le vieil appareil PCF se présente comme rajeuni autour de son candidat Fabien Roussel. Mediapart fulmine des excommunications. Les antifas et autres black-blocks fourbissent leurs manches de pioche.

En réalité, les élections législatives anticipées de 1997 ont pourtant marqué un tournant, qui ne s’est guère trouvé contredit depuis bientôt 25 ans. Elles ont certes été perdues par ce qui tenait lieu de droite. Or, la raison principale de cet échec résultait du mécontentement bien légitime de certains secteurs nullement voués au marxisme.

En premier lieu, pendant tout l’hiver 96-97, quelque 500 000 professionnels de santé s’étaient opposés alors à juste titre au plan Juppé-Barrot. De ce plan annoncé en novembre 1995, de l’étatisation de l’assurance maladie qu’il organisa, et de la réforme institutionnelle de 1996 qu’il fit voter, nous ne sommes toujours pas sortis. Et aujourd’hui nous en payons de plus en plus les conséquences durables. De graves déserts médicaux en milieu rural, résultent du numerus clausus imposé à l’époque, par notre technocratie financière, dans les facultés de médecine. Même à Paris, la pénurie de l’offre médicale se fait sentir.

Les fautes accumulées par le gouvernement Juppé, les funestes avis péremptoires du conseiller Villepin, et la coupure définitive entre la droite nationale et la technocratie chiraquienne ont fait le reste.

Mais dès cette époque, qui mit en selle pour 5 ans l’équipe Jospin, qui installa aux finances le glorieux Strauss-Kahn et qui permit à l’ambitieuse mégère Aubry ministre du Travail d’instituer la folie des 35 heures, la sociologie électorale du pays réel s’était pourtant presque définitivement déplacée vers la droite.

Les sondages sérieux montraient en effet que l’électorat de gauche ne se recrutait plus désormais dans la classe ouvrière mais chez les fonctionnaires et assimilés.

Soulignons à ce sujet que le statut de la fonction publique d’État remonte à son institution par Maurice Thorez en octobre 1946. Il est significatif à cet égard que le site officiel s’ingénie à présenter cette loi comme « initiée par le général De Gaulle »… qui avait démissionné en janvier. Au vrai c’est un autre communiste, Anicet Le Pors, ministre de Mitterrand, qui entreprit en 1983, d’en élargir le principe aux personnels des collectivités locales.

Une loi de janvier 1986 signée de la brillante équipe de Fabius et Bérégovoy décida d’y incorporer nominalement à leur tour les salariés des hôpitaux, sans jamais d’ailleurs les intégrer dans le privilège correspondant, en matière de retraite notamment.

Car, il faut aussi souligner que les pensions des fonctionnaires d’État restent, seules, bénéficiaires du privilèges d’être versées par le Trésor public, et garanties par lui ; toutes les autres demeurent, dans le principe, sous la responsabilité de caisses elles-mêmes susceptibles, en cas de crise monétaire de se révéler insolvables. Ceci représente une différence fondamentale avec la Prévoyance sociale telle que mise en place, par exemple, dans l’Italie de 1934 ou par la Charte du Travail de 1941.

Si l’on ajoute les personnels à statut, tout cela contribue à faire de la France, socialement mais aussi politiquement, le dernier pays de l’est, quant au poids du secteur étatisé. Rappelons qu’à la même époque naissait le statut du fermage pensé par Waldeck Rochet, la nationalisation des assurances par Jacques Duclos, la généralisation de la sécurité sociale par Croizat, la main mise sur l’énergie par le stalinien Marcel Paul, cependant que la CGT installait sa captation frauduleuse des Œuvres sociales d’EDF-GDF aux budgets colossaux.

Ainsi, par exemple, les cotisants actuels du parti communiste se recrutent parmi les enseignants du secondaire, majoritairement affiliés à la FSU. Il en va de même des soutiens du journal L’Humanité, dernier quotidien reflétant officiellement la ligne d’un appareil militant.

La vie politique ne peut pas être comprise en effet, coupée de sa dimension sociale ; l’introduction langagière du vilain néologisme sociétal, ne fait que correspondre maladroitement aux insuffisances de la sociologie dominante, sous influence marxiste.

Ce pays ne s’en sortira, politiquement, économiquement et socialement que par une rupture avec le modèle social hérité de 70 ans de dirigisme technocratique, d’assistanat bureaucratisé, d’économie mixte subventionnaire, d’agriculture sous tutelle, d’entraves à la création d’entreprises, de centralisme administratif, de monopole de l’assurance maladie, de retraite par répartition.

Comprenons bien que la longue liste de ces nuisances abaisse le pays, chasse ses élites, fait fuir les investissements productifs et importe des assistés, et, par conséquent que la nation ne se redressera qu’en abrogeant l’ensemble de ses handicaps.

Tout ce qui, dans la campagne présidentielle qui vient, apportera son lot de critiques pertinentes aux maux accablant ce pays, qui fut autrefois grand et beau, noble et prospère, doit donc être soutenu sans sectarisme comme salutaire et bienvenu.

JG Malliarakis 

https://www.insolent.fr/

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