Hervé Moreau : Le parler vrai d’un capitaine de gendarmerie 1/2

Porte-voix des tribunes des généraux qui ont récemment secoué l’actualité, Hervé Moreau est aussi l’auteur de Vérités d’un capitaine de gendarmerie (https://librairieducapitaine.com) témoignage d’un officier au contact de la France qui souffre et qui espère.

Le plus grand succès de librairie pour un livre auto-édité. S’il reconnait que la situation est grave, animé par une foi de charbonnier – en Dieu et en la France il ne l’estime pas désespérée. Celui qui veut maintenant servir en politique se livre sans langue de bois.

Propos recueillis par Richard Dalleau

Vous avez été l’un des visages des tribunes de militaires dénonçant le risque de guerre civile. Les procédures disciplinaires contre vos camarades ont débuté. Qu’en pensez-vous ?

Tout cela est écrit d’avance, ce sont des procédés minables. J’ai moi-même eu deux blâmes, mes 40 jours d’arrêt de rigueur sont tombés trois jours avant la fin de mon service actif, pour dissuader mes camarades de s’écarter du devoir de réserve.

Mais je note que le chef d’État-Major des armées (CEMA) vient de démissionner. Peut-être était-il officieusement d’accord avec nous ? Peut-être que le général Lecointre était contre la fin de l’opération Barkhane au Mali ? Le 2e CEMA qui démissionne sous le même Président, c’est en tout cas un signal extrêmement fort !

Entre l’augmentation exponentielle de la violence et les vagues d’attentats, n’est-on pas déjà dans une forme de guerre civile larvée ?

La société est toujours plus violente : 250 000 coups et blessures par an, 100 000 vols avec violence, 20 000 viols, etc. sont rapportés aux forces de l’ordre. Des chiffres à multiplier par 4 ou 5 pour obtenir la réalité du terrain. Est-ce qu’on est proche de la Saint-Barthélemy avec 30 000 personnes massacrées à Paris en 1572 ? Est-ce que des Français vont se retourner contre d’autres Français pour des considérations d’ethnie, de religion ? Je n’y crois pas. Qu’il y ait des émeutes quand les gens décideront de ne plus tolérer les désordres, les trafics, la mise en coupe réglée de pans entiers de la République, c’est possible, je ne sais pas ce qu’il adviendra.

Le séparatisme est pourtant une réalité…

Il y a du séparatisme, oui ! À Trappes et ailleurs, il y a des choses qui ne sont plus tolérables. On ne peut plus laisser les islamistes faire le mal qu’ils font et imposer leurs vues aux populations qu’ils côtoient. Comment réagiront-ils quand la République cessera d’être faible ? je ne sais pas, mais je ne pense pas que l’on bascule dans la guerre civile. Nous avons un devoir de reconquête de l’espace républicain, notamment vis-a-vis du prosélytisme.

Il a proliféré à cause du clientélisme des maires et de la pression des islamistes sur les populations musulmanes. Ils forcent les femmes à porter le voile – un vecteur de propagande islamiste -, ils déscolarisent leurs gosses pour les mettre dans les écoles coraniques, organisent des prières de rue, etc. C’est à la République de s’opposer aux islamistes qui gagnent du terrain, sans opter pour autant pour les méthodes chinoises, avec des mosquées fermées, les gens envoyés en camp de redressement. Nous sommes un état de droit ! Mais charge à nous de défendre les populations qui tombent sous leur joug.

Vous avez constaté sur le terrain le fossé culturel et parfois religieux entre migrants et Français.

Croyez-vous qu’il puisse être résorbé, notamment au vu de l’importance des flux migratoires ?

On peut y arriver, mais il faudrait pouvoir expulser les délinquants et on ne le fait pas, à cause de la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme) ou du Conseil constitutionnel, qui leur donnent toujours raison. Résultat, les décisions du juge administratif font qu’on n’expulse pas : une OQTF (obligation de quitter le territoire français) sur 10 ou 15 est exécutée.

Pour l’essentiel. nous avons affaire à une immigration économique, de masse et subie. Ce qui me heurte, c’est qu’ils ne connaissent pas l’histoire de France, sa langue, ils conservent leurs coutumes, estiment souvent que leur religion prime sur les lois de la République, mais ils veulent quand même la nationalité française.

Cela cause le délitement de notre identité. On accueille toute la misère du monde alors que cela fait 40 ans qu’on n’en a plus les moyens, avec une dette abyssale, un chômage de masse extrêmement important.

Pouvons-nous y remédier ?

Il faut que cela cesse et le seul moyen, c’est le référendum sur l’immigration, sur le séjour des délinquants étrangers. Que le peuple se prononce serait la seule manière de passer outre les avis du Conseil constitutionnel et de la CFDH, qu’il faudrait quitter purement et simplement, sortir de cette situation demanderait de prendre des décisions dures, ce que les hommes politiques ne font pas : ils se soumettent et affaiblissent notre démocratie. Ça insupporte les Français de manière toujours plus importante, ce qui les pousse à se positionner aux extrêmes. On n’y arrivera qu’à force de courage et de travail.

Avez-vous constaté une augmentation des violences ou une dégradation du climat de violence sur votre secteur en quatre ans ?

Le plus marquant, c’est-ce que l’on subit personnellement. Quand un gendarme se fait cracher dessus, prend une pierre ou un coup, on rédige un message d’ « événement grave ». Année après année, j’en ai signé de plus en plus. J’ai moi-même eu à me battre pour interpeller un suspect à Corgoloin, une crevure qui torturait sa femme et ses gosses. On était trois pour l’interpeller, il était fort comme un boeuf et moi, capitaine de gendarmerie, j’en ai pris plein la tronche et l’un de mes gendarmes a eu le genou cassé.

Justement, les violences contre la police ont plus que doublé entre 2010 et 2020.

N’est-ce pas un signe fort d’un éclatement de la société ?

Oui, mais les émeutes, la guérilla urbaine sont le fait de mineurs, car ils savent que pénalement, ils ne risquent rien ou presque et ils arrêtent après 18 ans. L’excuse de minorité dans ces cas-la est scandaleuse. L’ordonnance de 1945 sur les mineurs a été réformée par des législateurs gauchistes qui ne comprennent rien a rien. Les affaires récentes le montrent : certains jeunes tuent pour un our ou pour un non. Il est urgent de renforcer le Code de justice pour les mineurs. La majorité sexuelle est à 15 ans, elle devrait l’être aussi pour le pénal, sinon, ils continueront de faire les pires conneries. Du point de vue du maintien de l’ordre, pour faire face à cette situation, notre organisation, avec la gendarmerie et la police est core adaptée. La question qui se pose est celle d’une protection pénale plus importante en cas d’ouverture du feu par les forces de l’ordre. C’est au peuple d’y répondre.

Parlant d’ouvrir le feu, vous évoquez l’affaire tragique des policiers de Viry-Chatillon, qui ont failli bruler vifs et n’ont pas utilisé leur arme. À quand le prochain drame ?

Je ne comprends pas comment mes amis policiers ont pu ne pas faire usage de leurs armes pour se protéger ou protéger leurs collègues. Ça me sidère ! À leur place, je l’aurais fait. Le signal fort qui est interprété en face, c’est celui de l’impunité : les policiers ou les gendarmes n’ouvrent jamais le feu, ils ont peur d’être mis en examen et de se retrouver en prison si les conditions de légitime défense ne sont pas parfaitement réunies. Leurs armes ne leur servent à rien. Pourtant, s’il y avait eu une demi-douzaine de voyous touchés ce jour-la, ça aurait fait réfléchir les autres.

À suivre

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