Les nouveaux visages de l’anti-France 4/4

L’œuvre des philosophes de la déconstruction a entraîné un bouleversement sociétal : la révolution libertaire de 1968, aux Etats-Unis, en France et dans le reste de l’Europe. Fruit de la déconstruction, la révolution de 1968 a entraîné en quelques années un bouleversement des mœurs. Toutes les institutions et normes traditionnelles ont dans un premier temps été brocardées, ridiculisées, délégitimées. C’est en mai 68 notamment que s’installe dans le monde intellectuel, de la culture et des médias, la culture de la dérision, dont des journaux comme Charlie Hebdo ou le Canard sont des emblèmes. Moquées et ridiculisées, toutes les institutions et toutes les normes sociales vont rapidement être déconstruites et détruites. L’autorité dans la famille, l’autorité des adultes à l’école, la fidélité dans le couple, la valeur du travail, l’attachement à la patrie, la légitimité de l’armée et de la police, toutes ces normes et institutions ont en quelques années volé en éclat.

On pourra noter que cette révolution libertaire de 1968 se rattache étroitement au courant libéral de la révolution française : le principe individualiste posé en 1789 trouve ici son aboutissement et sa traduction complète dans les faits et l’organisation sociale.

Il faut d’ailleurs souligner que la révolution libertaire de 1968 a bouleversé la société beaucoup plus en profondeur que ne l’avait fait la révolution française elle-même. La révolution de 1789 avait en effet chamboulé le sommet de l’organisation sociale, en remplaçant l’idéologie dominante par une autre et la classe sociale dominante par une autre. Mais les profondeurs de la société, essentiellement paysanne et rurale, étaient restées inchangées pour l’essentiel et ce jusqu’aux années 1960. La religion catholique restait présente et souvent dominante. Les mœurs et les coutumes restaient traditionnelles. La famille demeurait le maillon essentiel de l’organisation sociale. Tout a basculé dans les années soixante, où se sont produits plusieurs phénomènes ou événements décisifs, dont les principaux sont les suivants : l’exode rural massif ; l’installation de la société de consommation ; Vatican II. L’addition de tous ces phénomènes et événements va décupler l’effet de déflagration de la révolution libertaire de mai 68 sur la société française.

S’agissant de mai 68, on apportera cette dernière précision. S’il a pris la dimension d’une révolution, le mouvement est resté peu violent, l’Etat ayant rapidement cédé devant ses exigences. On notera de même que le mouvement progressiste n’a eu recours au terrorisme que de façon passagère (de la bande à Bonnot à Action directe). La violence progressiste reste toutefois présente depuis 68, sous la forme aujourd’hui des groupes antifas et black blocks.

Cependant, la révolution de 1968, toute radicale qu’elle fût, n’a pas pour autant mis un terme au mouvement de déconstruction de la société française et de la civilisation européenne dans son ensemble.

Dans la suite de la déconstruction et de la révolution libertaire de 68 s’est en effet installé un nouveau courant de l’anti France, celui de la dénonciation de l’ordre dominant au nom des droits des minorités. Les droits des femmes contre les hommes. Les droits des minorités sexuelles. Les droits des handicapés contre les bien-portants. Et bien sûr les droits des étrangers, nous y revenons plus loin. Ces différents lobbys ont obtenu ces vingt dernières années de multiples lois et mesures destinés à leur donner satisfaction. On citera à titre d’exemple le pacs suivi du mariage homo et aujourd’hui de la PMA. On citera également les mécanismes de discrimination positive en faveur des femmes.

Enfin l’anti-France a enfourché un nouveau cheval de bataille, qui est aujourd’hui devenu le principal : l’immigration. L’anti-France veut depuis cinquante ans obtenir l’arrivée du plus grand nombre possible d’étrangers. Le but est d’aboutir à la société multiculturelle et au métissage général, ce que JL. Mélenchon appelle la créolisation. La volonté immigrationniste s’accompagne d’une volonté de réviser l’histoire de France, au profit des dominés, envers lesquels la France est sommée de faire repentance. Aujourd’hui l’anti France progressiste se divise entre laïcs républicains et islamo-gauchistes, mais tous sont immigrationnistes.

L’objectif de tout cela est clair. Il s’agit d’atteindre, sans doute de façon définitive, les objectifs de la révolution de 89. Eliminer les derniers restes de la société traditionnelle qui brident l’individu, à commencer par la famille. Eliminer l’homme blanc, parce qu’il était le pilier de la société traditionnelle que les progressistes abhorrent. Surtout si cet homme blanc est hétérosexuel. Surtout s’il est aisé. Surtout s’il est en bonne santé. Surtout s’il pratique la religion catholique. Eliminer l’homme blanc hétérosexuel pour parvenir à un Homme nouveau : l’homme universel, sans sexe arrêté et sans race. Construire la société universelle, sans frontières, où règneront la liberté et l’égalité.

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On voit que les mouvements anti-France d’aujourd’hui sont intimement liés à la révolution d’origine, dont ils ne sont que le prolongement : la révolution française, ses avatars et ses répliques, sont la matrice de l’anti France et de la guerre civile française que celle-ci conduit depuis lors.

Comme il y a deux cents ans, il s’agit de détruire ce qui reste de la société traditionnelle. Détruire l’homme blanc et la civilisation européenne, pour faire advenir un Homme nouveau.

Comme depuis deux cents ans, la révolution va toujours plus loin. C’est la logique révolutionnaire du progressisme. Décapiter. Faire table rase. Toujours plus à gauche, parce que là est le Progrès, le Bien, le Juste.

Comme depuis deux cents ans, la dialectique liberté-égalité aboutit à scinder l’anti France en deux courants, l’un libéral l’autre communiste.

Comme depuis deux cents ans, ce clivage se double d’une autre opposition au sein du mouvement révolutionnaire, qui recoupe le plus souvent la précédente : la lutte entre radicaux et modérés. Girondins contre Montagnards lors de la révolution, républicains contre communistes au XXe siècle, laïcs contre islamo-gauchistes aujourd’hui.

Comme depuis deux cents ans, ce sont des bourgeois qui sont à l’œuvre, les bourgeois radicaux combattant les embourgeoisés, qu’ils ont rejetés vers leur droite.

Comme depuis deux cents ans, le camp progressiste s’autorise à l’emploi de tous les moyens envers ses adversaires, ayant annoncé ses intentions dès l’origine : « Pas de liberté pour les ennemis des libertés ». Aujourd’hui, le camp du Bien use toujours de la violence et des méthodes totalitaires, qu’il s’agisse de la violence antifa, des lois limitant la liberté d’expression des opposants ou du harcèlement judiciaire qu’ils subissent.

Comme depuis deux cents ans, enfin, c’est le même fil rouge, le même ressort : la haine et le ressentiment.

Ces ultimes remarques pour conclure. La source de ces bouleversements provoqués par l’anti-France est évidemment l’Evangile lui-même. Pris au pied de la lettre, l’Evangile est en effet profondément révolutionnaire : il vient mettre en danger toute organisation sociale et il peut générer la préférence maladive pour l’Autre et la négation de soi. Il s’ensuit un paradoxe, ou plutôt un triple paradoxe, sur lesquels il faudra revenir. Premier paradoxe. La révolution progressiste qui est à l’origine de l’anti France faisait de la religion chrétienne son ennemi privilégié : pourtant la source des conceptions progressistes est évidemment l’Evangile, qu’il s’agisse du concept de liberté individuelle, de celui d’égalité ou de celui d’universalité. Second paradoxe : cible des progressistes depuis plus de deux siècles, les catholiques, ou ce qu’il en reste, confusément attirés sans doute par la perspective du martyre, se retrouvent aujourd’hui à leurs côtés dans le même camp de l’anti-France. Troisième paradoxe, encore plus formidable : alors que l’Eglise et la chrétienté ont été l’armature de la civilisation européenne, ce sont aujourd’hui les conceptions issues de la lecture littérale – et absurde – de l’Evangile qui vont la détruire.

Dernier mot. Saisie depuis plus de deux-cents ans par les passions politiques destructrices, la France est en guerre civile et profondément divisée. Trois blocs aujourd’hui sont en présence et se font face. Le bloc de l’anti France immigrationniste, qui détient tous les pouvoirs. Celui des immigrés, originaires pour la plupart d’Afrique et d’Orient, qui savent qu’ils sont en train de conquérir l’Europe. Et celui des Français moyens de souche, effrayés de ce qui leur arrive, désemparés, atterrés, pétrifiés. A ce point divisées, la France, et l’Europe avec elle, ne peuvent que disparaître.

Cette parole de l’Evangile selon Saint-Matthieu vient bien sûr à l’esprit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister ». 

https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/2021/09/03/les-nouveaux-visages-de-lanti-france/

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