Le souper de Béziers

François Floc’h

Une fois de plus, Robert Ménard a lancé une nouvelle idée qu’il pense être utile pour la future élection présidentielle. Mais, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir du mal à slalomer entre les « bonnes » idées de Robert Ménard.

Robert Ménard a donc lancé une invitation à Marine Le Pen et à Eric Zemmour : venir tous deux à Béziers pour « discuter ensemble, autour d’une table ». En public ? Cela n’était pas précisé dans le tweet de Monsieur le Maire.

Eric Zemmour, en bon débatteur, a tout de suite donné son accord pour cette invitation à débattre. Ce n’est pas étonnant. Eric Zemmour a montré maintes fois sur Cnews que les confrontations d’idées ne lui faisaient pas peur. Nous pouvons même dire qu’il aime ça !

On peut donc aisément supposer qu’il donnait sa préférence à un débat public. Car il sait que l’Audimat grimperait fortement pour cet événement politique ! Et ça, c’est bon pour l’avenir…

Marine Le Pen, elle, a fait savoir qu’elle était « d’accord pour un dîner avec Éric Zemmour à Béziers »… Et elle a chargé son entourage de propager quelques banalités…

L’affaire en est là pour l’instant. Mais, il nous revient en mémoire l’histoire d’un autre souper.

Celui élégamment mis en scène par Edouard Molinaro dans le film Le Souper, sorti en salle en décembre 1992. Un beau et terrible film !

Nous sommes le 6 juillet 1815. L’armée française vient d’être vaincue à Waterloo, Napoléon a abdiqué. Alors que le peuple français se pose de sombres questions sur son avenir, deux hommes soupent à huis clos, Talleyrand et Fouché. Cette nuit-là, ils vont se livrer a un duel verbal dont l’enjeu est l’avenir de leur pays. Ce n’est pas rien !

Le rôle de Fouché, ancien ministre de la Police, et actuel chef du Gouvernement provisoire, est tenu par Claude Brasseur. Celui de Talleyrand, ancien diplomate sous différents régimes, est tenu par Claude Rich. Tous deux, en ce huis clos haletant, sont brillantissimes de vérités.

Un excellent film, qui nous invite dans les arcanes de la politique pour un souper succulent de rhétorique, où l’on se retrouve au cœur du cynisme entre ces deux personnages ingrats et machiavéliques. Des acteurs très justes au service d’un scénario qui spécule sur une histoire passionnante au sein de la grande Histoire. A voir, entre autres, comme un festival de belles répliques dans une langue française alors impeccable et qui se perd aujourd’hui.

D’entrée, disons-le bien fort : entre les deux convives du souper de 1815 et ceux du souper incertain de Béziers, aucune similitude, aucune situation comparable ! Mais, on se prête à rêver d’un débat qui mérite d’être public, lui. Car, il est quand même une constatation que l’on peut faire et qui est qu’en 2022 comme en 1815, l’avenir de la France est bien sombre. Que les périls sont grands. Que l’élection présidentielle qui arrive est lourde d’enjeux. Qu’il serait bien coupable de se tromper de candidat !

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